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FRAIS CE

PAYS-BAS

Dès lors la confusion devint générale chez les coalisés, et l'empereur d'Autriche, qui était venu dans les Pays- Bas à l'ouverture de la campagne , put voir, des hauteurs de Templeure, la déroute de son armée entière. Pendant la bataille, l'archiduc Charles, mal nosté, mal averti, était demeuré inactit audessous de Lille; et Clerfayt, arrêté ▼ers la Lys, avait été réduit à se retirer. Tandis qu'il allait reprendre sa position de Thielt , les autres corps ennemis se groupèrent près de Tournay, leur droite appuyée a l'Escaut. Pichegru, arrivé au quartier général le lendemain de la victoire, n'en sut pas retirer les fruits. Après trois jours d'inaction, il ordonna 1 assaut des lignes de Tournay. Une action meurtrière s'engagea à Pont-à-Chin, le long du fleuve; elle dura douze heures, mais n'eut d'autres résultats qu'une perte de 7 à 8,000 hommes pour les deux partis. Sur la Sambre, Saint-Just avait voulu opérer un troisième passage, et investir Charleroi; mais Kaunitz, renforcé, avait fait lever le siège. Heureusement, Jourdan arrivait alors avec toute l'armée de la Moselle, et, tandis que la fortune semblait s'obstiner à rester en suspens, il allait jeter dans la balance le poids de son épée.

Pichegru , profitant de l'attitude offensive que Cobourg gardait depuis les batailles de Turcoing et de Pont-à-Chin, entreprit de battre Clerfayt isolément ; mais, n'osant s'avancer jusqu'à Thielt, il résolut de commencer le siège d'Yprès pour l'attirer à lui. Clerfayt ne bougea point d'abord ; mais , au bout de quelque temps, Pichegru pressait Ypres avec tant de vigueur, que Cobourg et Clerfayt quittèrent leurs positions respectives pour voler au secours de la place. Pichegru, pour contenir Cobourg, fit sortir des troupes de Lille et exécuter une démonstration si vive sur Orchies, que Cobourg ne dépassa point Tournay. En même temps, il courut à Clerfayt , qui s'avançait avec rapidité.

Par malheur, une division française se trompa de route , et Clerfayt put regagner son camp de Thielt sans avoir beaucoup souffert. Puis , trois jours après, le 13 juin, enhardi par un renfort que lui avait envoyé Cobourg, il

déploya tout à coup 30,000 hommes en face de deux de nos divisions, qui, postées à Rousselaer et à Hooglède , formaient l'extrême droite du corps d'investissement. Celle de Rousselaer, attaquée avec une grande impétuosité, plia ; mais Macdonald , à la téte de la seconde, prit une bonne position à Hooglède.et la défendit assez longtemps pour que les troupes battues se ralliassent et revinssent à la charge. L'ennemi fut à son tour chassé du champ de bataille et contraint de regagner son camp. Ypres, perdant tout espoir d'être secouru, se rendit à discrétion le 17.

Cobourg allait se rapprocher d' Ypres et de Clerfayt, quand il apprit qu'il était trop tard. La nouvelle des événements, qui se passaient sur la Meuse l'obligea alors à se diriger vers cet autre théâtre de la guerre. Il laissa York sur l'Escaut, Clerfayt dans ses retranchements de Thielt , et marcha avec toutes les troupes autrichiennes vers Charleroi, que Jourdan avait investi de nouveau.

Nous avons vu Jourdan arriver de la Moselle à l'instant où les troupes françaises repassaient pour la troisième fois la Sambre en désordre. On était alors au 3 juin. Un grand conseil de guerre fut aussitôt assemblé ; représentants et généraux s'accordèrent à considérer la prise de Charleroi comme une opération préliminaire indispensable. On résolut donc le siège de cette place; on réunit aux divisions de la Moselle, les divisions des Ardennes et deux divisions de l'armée du Nord, on forma ainsi une masse imposante d'environ 66,000 hommes, qui s'appela armée de Sambre-et- Meuse, et, tandis qu'on laissait une division de 15,000 hommes à Schérer, pour garder le camp de Maubeuge, on lança, le 13, toutes les autres sur la rive opposée. La division Hatry fut chargée de réduire la place ; le gros de l'armée prit position alentour, couvrant toutes les routes qui y conduisent. La gauche occupa Trazegnieset Forchies; la droite Fleurus et Lambusart; le centre Gosselies et Heppignies. Cobourg était encore loin, Jourdan se voyait à la tête d'une armée nombreuse, et avait pour lieutenants, outre Kléber et Moreau, Lefebvre, Hatry etChampionnet. Malgré tant d'éléments de succès, on essuya encore

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un échec. Le 16, le prince d'Orange, Kaunitz et Beaulleu fondirent sur les républicains encore mal affermis dans leurs positions. Un combat opiniâtre s'engagea au milieu d'un épais brouillard qui cachait à nos généraux la force et les mouvements de leurs adversaires; toutefois , sur le ruisseau du Piéton et vers Gosselies , les Impériaux furent culbutés ou contenus. Jourdan se croyait vainqueur, quand il apprit que sa droite avait repassé la Sambre. Voyant deux fortes colonnes menacer Lambusart, et ne sachant pas ce qui se passait sur les autres points, elle avait craint pour ses communications avec la rive droite, et s'y reportait en bon ordre. Le reste de l'armée dut suivre ce mouvement. Mais les coalisés étaient désorganisés par ce rude choc, et avaient perdu 3 ou 4,000 hommes : ils abandonnèrent aussi le champ de bataille, et se retirèrent à Nivelles, d'où ils pressèrent l'arrivée du généralissime.

Jourdan put donc , dès le 18, rentrer dans ses lignes d'investissement et pousser avec vigueur le siège de Charleroi. Cobourg accourut avec 30,000 hommes au secours de ses lieutenants, et tous s'ébranlèrent le 26 pour dégager la place; mais au moment où leurs masses se déployaient devant le» postes républicains, elle venait de capituler.

Le lendemain 27, se livra la mémorable bataille de Fleurus, qui, perdue par les Autrichiens, décida leur retraite. Pour courir les chances d'une seconde action générale , il leur aurait fallu rallier York ou Clerfayt, qui, l'un et l'autre, étaient suffisamment occupés au nord par Pichegru. D'ailleurs, menacés sur la Meuse, il leur importait de rétrograder pour ne pas compromettre leurs communications. La retraite des coalisés s'opéra de tous les points, et ils résolurent de se concentrer vers Bruxelles pour couvrir cette ville.

Quant à Pichegru , il laissa Moreau , avec une partie de l'armée, faire le siège de Nieuport et de l'Écluse, et s'empara avec l'autre de Bruges, Ostende et Gand; puis il s'avança vers Bruxelles. Jourdan y marchait de son côté. Nous n'eûmes

{>lus à livrer que d'insignifiants corn- >ats , et enfin , le 10 juillet, nos avantgardes entrèrent dans la capitale des

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