PEINTURE L'UNIVERS. PEINTURE
jour dans cette ville, et ces peintures pourraient peut-être donner une idée de ce qu'étaient, à un degré inférieur sans doute, celles de l'hôtel St-Paul, notamment les sujets historiques, tels que les histoires de Theseus et de l'héroïne Mathebrune, qui y étaient représentées.
Lorsque maître Roux , le Primatice et Léonard de Vinci vinrent en France, appelés par François I" , ils firent travailler sous leur direction un assez grand nombre de peintres français , et formèrent ainsi des élèves qui devaient à leur tour guider d'autres artistes; tandis que les ouvrages des premiers maîtres montraient le but qu'il fallait atteindre et même dépasser. Germain Musnier, Claude Baldouin, Charles Carmoy, Charles et Thomas Dorigny, Eustache Dubois , et surtout Louis Dubreuil, travaillèrent ainsi, sous la direction des peintres italiens, à la décoration de plusieurs palais royaux. Presque à la même époque naissait Jean Cousin, dans les tableaux duquel se trouvent réunies la science de la composition, la correction du dessin et l'harmonie des couleurs.
Parmi les élèves que forma ce grand maître, il faut citer Freminet, qui, après la mort de Toussaint Dubreuil, fut nommé premier peintre de Henri IV.
Freminet avait été employé par Marie de Médicis, ainsi que Bunel et Ambroise Dubois. Ce dernier avait même le titre de premier peintre de la reine ; il avait étudié à l'école de Michel-Ange, et pouvait rivaliser avec les bons peintres des écoles d'Italie. Un grand nombre des ouvrages de ces premiers peintres de l'école française ornaient autrefois les salles de Fontainebleau, et ils allaient de pair avec ceux du Primatice et de maître Roux. Il en existe encore une partie, entre autres les simours de Théaoène et de C/tariclée; mais le temps leur a ravi le mérite du coloris, et on ne peut guère établir un jugement certain sur ces productions, quelque précieuses qu'elles soient d'ailleurs pour l'histoire de l'art en France. On y retrouve cependant encore, au milieu d'inconvenances dans les costumes, dont on s'occupait peu alors, un dessin correct et une touene ferme.
Plusieurs peintres français concou-
rurent ensuite à la décoration des palais , sous la direction de Freminet , de Pierre Bunel , d'Amboise Dubois; mais leurs noms seuls peuvent être cites : ce furent Claude et Abraham Hallé , Lerambert, Pasquier, Roger de Rogery , Guillaume Durnée , Louis Testehn, Hardouyn, Honnet, Jean de Brie, Francisque et Bouvier. A ces noms vient se joindre celui de Dupérac, tout à la fois peintre, architecte et graveur. Des productions des peintres de ce siècle, le Musée ne possède rien , si ce n'est quelques portraits de Ciouet.
Avec le dix-septième siècle, naissent Simon Vouet et Nicolas Poussin, qui devaient être, l'un le chef de l'école française de peinture, l'autre sa plus grande gloire. Vers le milieu du dix-septièaie siècle, l'Académie de peinture est fondée, et bientôt l'école française concourt pour une grande part à l'éclat dont brille le siècle de Louis XIV. La peinture telle que l'a comprise le Poussin, c'est la poésie de l'art. Tous les tableaux de ce maître sont empreints d'un sentiment noble et élevé, rendu avec une naïveté et une vérité pleines de charme. Que Ton prenne ces compositions historiques ou ces paysages grandioses, dont lui seul a le secret, ou retrouvera partout une pensée intime qui pénètre le spectateur et l'émeut comme pourrait le faire la description 'la mieux sentie. Aussi philosophe que poète, le Poussin ne touche pas moins le cœur qu'il neplaît à l'imagination , et ses tableaux ofïrent toujours à l'esprit un sujet de réflexion profond , en même temps qu'ils charment les yeux par la magie de la composition.
Le Poussin, abreuvé de dégoûts, passa la plus grande partie de sa vie sous le beau ciel de l'Italie, qui l'inspirait si bien; mais il n'en fut pas moins utile aux artistes de sa patrie. Lebrun et Lesueur, qui tous deux avaient puisé dans l'atelier de Simon Vouet cet enseignement solide, base nécessaire de tout talent réel, reçurent tous deux les conseils du Poussin. I^brun les entendit de sa bouche; Lesueur, plus pauvre et moins protégé, dut se contenter de recevoir de loin ceux que lui adressait ce grand peintre ; mais tous deux en profitèrent, et les nom-
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