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tenu un peu en dehors des mauvaises doctrines, Vien et Doyen. Vers la fin du dix-huitieme siècle, tous les esprits se portèrent vers l'étude de l'antiquité, et ce fut là qu'alla se retremper notre école. Bientôt, enfin, on vit s'opérer dans les arts cette révolution immense, dont David fut la première et la plus belle expression.
Dire ce que fit David, l'influence énorme qu'il eut, non-seulement sur la peinture, mais sur tous les arts en général, ce serait répéter ce qui a été dit dans la biographie de ce grand peintre. Rappelons seulement que ce fut lui qui le premier comprit que la peinture n'était pas seulement une vaine représentation de la nature; qu'elle devait avoir un but grand et nohle; que la pureté du dessin , la richesse du coloris, ne suffisaient pas pour faire des chefs-d'œuvre, mais qu'il fallait mettre ces qualités , d'ailleurs nécessaires, au service d'une grande pensée; qu'aussi bien que la littérature, la peinture devait s'adresser au cœur, et non pas seulement aux sens; qu'elle devait enfin remuer l'âme du spectateur en s'adressant â tous les grands sentiments, à toutes les nobles passions. Dans cette longue carrière qu'il fournit, et que marquèrent de si nombreux chefs-d'œuvre, David n'eut pas d'égal ; mais il forma des élèves qui, hommes supérieurs aussi, devaient prouver par leur supériorité même l'excellence de ses vues. Ce fut à cette époque que l'école françaisedevint la premièrede l'Europe, et depuisce tempselle n'est pas descendue du rang où David l'a placée.
David avait traversé la Révolution, et son pinceau put encore retracer dignement les grands faits de l'empire.
En même temps, ses élèves, devenus maîtres à leur tour, Gros, Girodet, donnaient à la peinture française, l'un son cachet d'énergique vérité, l'autre son parfum de poésie. Guérin, formé par les soins de Regnauld, mais plus encore par l'école de David, composait ses ravissants tableaux, où se retrouve toute la poésie, un peu froide peul-être, mais si brillante et si douce de Virgile, et cette dramatique page, son plus beau titre à nos éloges, Egisthe et Clytemnestre. Gérard donnait sa première production, où l'on reconnaissait rem-
freinte de cette haute philosophie de 'école de son maître. Drouais peignait son Marins à Minturnes. Prud'hon, à un degré moins élevé sans doute, mais plein de grâce et d'élégance, prenait aussi parmi les peintres un rang distingué. Enfin, on se souvenait du Poussin, on songeait que depuis lui aucun peintre français n'avait ressuscité cette nature majestueuse et digne, dont il avait reproduit l'image; et Doyen formait sous ses yeux Valenciennes* qui devait tenter avec succès de rentrer dans cette route, qu'il ouvrit plus tard à Bertin son élève.
L'empire n'entraîna pas dans sa chute les grands peintres qu'avaient fait naître la Révolution, David et Napoléon : la Restauration put jouir de leurs travaux et briller de leurs talents. Gros, Girodet et Gérard marchaient encore à la tête de l'école française; Valenciennes, artiste doué d'une sensibilité exquise , d'une instruction très-étendue, nourri de la lecture de tous les poètes de l'antiquité, était un admirateur passionné du Poussin; il avait compris quelle mine riche et féconde sèrait la peinture du paysage, pour celui qui prendrait ce maître pour guide; de quelle poésie ce genre était susceptible, puisque la nature tout entière lui appartenait, et que l'âme de l'homme, s'élevant en présence des riches et beaux spectacles de la nature, devait nécessairement être dominée à l'aspect d'une composition comme le Polyphéme, le Diogêne, et les grandes pages du Poussin. Toutes ces grandes pensées, toutes ces réflexions, fruits de l'étude et de l'expérience , toute cette sensibilité native dont il était doué, il chercha à les faire passer dans l'âme d'un de ses élèves, qu'il affectionnait et dont il avait deviné le talent, de J. V. Bertin. Les premiers essais de Bertin parurent peu de temps avant l'empire; accueilli par le public avec une faveur marquée, le jeune artiste se vit aussitôt encouragé par les suffrages des maîtres, et bientôt par Napoléon lui-même. Ses convictions bien arrêtées ne pouvaient devenir que plus fermes en présence du succès, et il commença, dans les dernières années de l'empire, une école qui, sous le nom d'école de paysage historiquey a ajouté un nouvel éclat à la peinture fran-
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çaise. Jusqu'à cette époque , l'Académie n'avait accordé qu'aux peintres d'histoire de concourir pour aller étudier à Rome aux frais de l'État ; on crut alors devoir fonder un prix spécial pour le paysage , et le premier élevé couronné fut un élève de Bertin, Michallon,qui fut enlevé si jeune aux arts, auxquels il promettait un peintre de premier ordre. De 1820 à 1825, l'école de Bertin fut dans tout son éclat, et l'on vit toujours sortir de ses mains celui qui au concours triomphait de ses rivaux.
Alors s'opéra, dans les idées des peintres, un étrange bouleversement; alors naquit ce genre qui, par imitation de ce qui s'était fait dans la littérature, prit le nom de romantisme, par opposition à celui de classique, que les adeptes de la nouvelle école donnèrent à leurs adversaires. Se traînant à la suite des hommes de lettres , ils professèrent à peu près les mêmes principes ; et bientôt l'on entendit dire et répéter que jusqu'alors nous n'avions pas eu d'école ; nous n'avions pas eu de peintres ; que David ■i'etaitqu un sculpteur ; que G i rode t était insignifiant; que Bertin n'avait pas de couleur : à peine lui accordait-on du dessin. Il est difficile, aujourd'hui que ces querelles sont amorties et que la nouvelle école elle-même s'est divisée, de bien comprendre ce que demandaient alors les détracteurs de notre peinture; peut-être n'avaient- ils pas bien défini eux-mêmes ce qu'ils voulaient ; peut-être, si l'on pouvait remonter aux premiers auteurs de ces cris si faux, si absurdes, ne trouverait-on au fond de leur cœur que la rage de l'impuissance.Toujours est-il qu'a cette époque les partisans des nouvelles opinions ne parlaient plus qu'au nom de l'art et de la nature outragés; et, si on les forçait d'achever leur pensée, de préciser leurs demandes, ils se bornaient à ces mots sonores, mais un peu sauvages : « Nous « voulons la nature, nous voulons l'art « pour l'art. » Voici, du reste, quels paraissaient être leurs reproches : ils refusaient d'abord, à toute l'ancienne école la couleur, puis la vérité d'expression, la vérité d'imitation ; « Vous « nous donnez, disaient-ils, une nature « arrangée ; ce n'est pas là la véritable
« nature; elle n'est jamais parfaite, et « votre nature est idéale. I»a nature est « belle de ses imperfections même; vou- • loir la corriger, c'est vouloir la flétrir. « Contentez-vous de la copier telle « qu'elle se présente à vous ; «n'allez pas « au delà. » Ainsi, tout d'un coup on retranchait à la peinture le beau idéal, cette qualité qui respire dans tous les ouvrages de 1 antiquité, et qui seule les a fait passer jusqu'à nous, au milieu d'une admiration constante, unanime, on lui refusait l'arrangement des scènes, la composition des lignes; ces magnifiques créations du Poussin, on les déclarait absurdes; les sublimes pages de David n'étaient que fausseté.
A ces clameurs échappées de la bouche de jeunes gens qui n'avaient encore ni étudié, ni vu, le meilleur était de ne pas répondre et de laisser passer; mais quelques hommes d'un talent réel vinrent se mettre à la tête du mouvement, et lui donner une espèce de sanction. Ainsi , dès l'abord , M. Delarocbe se posa en coloriste ; M. Ingres en dessinateur; M. Delacroix, qui n'avait ni dessin ni couleur, se donna, avec M. Decamp, comme le type du compositeur dramatique, du compositeur vrai.
Dans le paysage, M. Cabat, M. Jules Dupré , essayèrent de jouer le rôle de chefs d'école. On ne peut croire aujourd'hui avec quel acharnement les luttes avaient lieu alors sur le terrain de la peinture. Il y eut des collisions réelles entre les partisans des deux écoles; mais le plus triste résultat de tout ce tumulte, ce fut la mort de Gros, qu'avaient désespéré des critiques exagérées et insultantes, et qui crut devoir mettre lui-même un terme aux souffrances que lui apportait chaque jour cette odieuse injustice.
Maintenant qu'il ne reste plus guère que le souvenir de ces combats artistiques , on peut demander compte aux chefs du nouveau parti, de leurs titres à remplacer, à la tête de l'école, les grands maîtres qu'ils voulaient détrôner. M. Delaroche est-il un plus grand peintre que David? Jusqu'à l'exécution de son hémicycle, au palais des Beaux- Arts, ouvrage qui a montré qu'il pouvait revenirdeses erreurs, et devenir un peintre sérieux, on a pu dire justement de lui
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que c était un peintre de genre grand comme conscrit en 1800 , fut nommé comme nature. M. Ingres, s'il a prouvé sous-lieutenant dès son armée à Parqu'il dessinait purement, n'a pas prouvé mée d'Italie , et admis en cette qualité qu'il fût peintre. M. Delacroix est jugé, dans le corps des ingénieurs géographes. Dans le paysage, qu'a-tan fait qui puis- Après avoir suivi jourdan dans ses rese, non pas surpasser, mais égaler ce connaissances du Tyrot , il devint, en qu'a fait'Bertin? On s'est réduit au 1805, aide de camp de Masséna, avec rôle de copistes, de faiseurs de vues, lequel il fit toutes les campagnes de genre de peinture qui a sans doute son 1806 à 181 1 . Il se fit remarquer au pasmérite, mais oui n'est pas de la grande sage de l'Adige, au siège de Gaête, aux peinture; tanais que, au contraire, nous batailles de Caldiero et d'Ebersberg, vovons tous les élèves de Rome sortis notamment dans les reconnaissances de de" l'atelier de Bertin , les Rémond, les l'Ile Lobau (1809). Il suivit Masséna en Cognet, encore en possession de l'es- Espagne et en Portugal, et fut chargé, tiine du public et des véritables amis en 1811, de la mission délicate d'aller des arts. C'est cet heureux retour de rendre compte à l'empereur des résull'opinion publique à de saines et sa^es tatsde l'expédition de Portugal; il eut doctrines, qui nous donne lieu de croire le courage de lui faire connaître, dans
2ue, prenant pour modèles, d'un coté deux audiences orageuses, le véritable
tavidet son école, de l'autre le Poussin, état des choses. A la (in de la seconde,
Bertin et son école, la peinture française, Napoléon le congédia , en lui disant:
après ce moment de crise, reprendra J dieu, colonel; et en effet, peu de jours
pour n'en plus descendre, le rang au- après, il reçut le brevet de ce grade,
quel les grands maîtres l'ont placée. et fut mis a la téte du 48" régiment.
Selon nous, d'ailleurs, appréciateurs II fit avec ce corps la guerre de Rusimpartiaux autant qu'il est possible de sie, se signala d'une manière partictil'étre, cette crise aura eu d'heureux ef- lière à Smolensk et à Krasnoe , fut fets. Nous ne prétendons pas mettre des nommé général de brigade en avril 1813, bornes au talent, et, présentant un mo- et bientôt après, entra dans la garde imdèle, défendre aux artistes de chercher périalc. Il se signala aux batailles de au delà. Au contraire, nous comprenons Dresde, de Leipzig, de Montmirail, de que, comme les idées , les arts doivent Craonne, et dans tous les engagements toujours aller en avant; et, en conve- que la garde eut à soutenir pendant les nant volontiers que,dan6 ces dernières mémorables campagnes de 1818 et 1814. années, on a fait plus large, dans la A Waterloo, il défendit jusqu'à la nuit le peinture, la part du coloris , nous ne village de Planchenoit, et dirigea, avee doutons pas que des études faites dans ce autant d'habileté que de bravoure, l'arsens ne soient profitables, quand on sera rière-garde dont le commandement lui revenu à la philosophie de l'art, et qu'on avait été confié. Porté, en 1818, sur ne voudra plus faire exclusivement de le cadre des maréchaux de camp qui fart pour fart. devaient foire partie du corps royal Pbibrsg (Nicolas-Claude Fabbi de), d'état-major, le général Pelet fut en né au château de Beaugensier en 1680, même temps nommé membre et secréfut conseiller au parlement de Provence taire de la commission de défense du et l'un des érudits les plus distingués de royaume; et c'est à lui que l'on doit les son siècle. Il mourut en 1637. On n'a vingt-trois mémoires qui composaient, imprimé de lui qu'une Dissertation sur en 1821, la collection des travaux de le trépied ancien, dans le dixième vol. cette commission. Élevé, en 1830, aa des Mémoires de littérature àu P. Des- grade de lieutenant général, puis non> molets, et un grand nombre de Lettres nié directeur du dépôt de la guerre dans le Magasin encyclopédique. La et grand officier de la Légion d'honliste de ses nombreux ouvrages inédits neur, il siégea à la chambre des députés se trouve dans le t. II de la Miliothè- de 1830 à 1837, et fut appelé à la chambre que des MSS., par Montfaueon. des pairs le 3 octobre de cette derniè- Pblbt (Jean-Jacques-Germain , ba- re année ; il s'y est fait remarquer dans ron),néà Toulouse en 1779, partit toutes les discussions relatives à l'orga-
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