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FRANCE. PELLISSON-FONTANIER

nisatton de l'armée. Du reste, le général Peiet, à qui le dépôt de la guerre doit de notables améliorations , a su employer , dans l'intérêt de la science et de l'histoire militaire, les loisirs de sa longue inactivité; on lui doit: Mémoire* sur la guerre de 1809, en Allemagne, etc., 4 vol. in-8°; Des principales opérations de la campagne de 1813, in-8° (extrait du Spectateur militaire'); Division militaire (extrait de Y Encyclopédie moderne); Lettres historiques et politiques sur le Portugal , par le comte Joseph de Pecchio , etc. , augmentées d'un coup d'œil militaire sur le Portugal, in-8°; les deux derniers vol. du Mémorial publié par le déprtt de la guerre en 1832 et 1840, in-4°; enfin, Mémoires relatifs à la guerre de la Succession d'Espagne , sous Lords XI E, etc., 4 volumes in-4°, Paris. 1835 à 1840.

Pellegrin (Simon-Joseph), né à Marseille en 1663, fut forcé par sa famille d'entrer dans Tordre des religieux servîtes; puis, ennuyé de la vie du cloître, il entra dans la marine, comme aumônier de vaisseau; revint à Marseille, après plusieurs voyages de long cours, et remporta en 1704 le prix de poésie à l'Académie française. Ce succès l'enhardit, et pour se livrer tout entier à la littérature, il vint à Paris où il ouvrit un bureau d'épigrammes, madrigaux , etc. , et travailla pour plusieurs théâtres, surtout pour l'Opéra- Comique. Il mourut en 1745. On a de lui un assez grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous ne citerons que le Nftuveau monde , comédie en 3 actes et en vers, 1723; Jephté, tragédie-opéra, 1732, et Pélopée, tragédie , 1733.

Pellerin (Joseph) , né en 1684 , à Marly-le-Roi , successivement commissaire général, puis premier commis de la marine, forma la plus précieuse collection de médailles qu'ait jamais possédée un particulier; elle se composait de 32,500 pièces; le roi en fit l'acquisition, en 1776, et roi en laissa la jouissance sa vie durant. Pellerin mourut à Paris en 1782. II a publié : Recueils de médailles des rois . peuples et villes, 1762-78, 10 vol. in-4.

Pelletai* (Philippe), né à Paris en 1762, succéda à Dessault dans la place

de chirurgien en chef del'Hôtel-Dieu, et fut employé pendant la Révolution à l'armée des Pyrénées et à l'armée du Nord.

Il devint membre de l'Institut, à la la création de ce corps; occupa, en 1815, la chaire de médecine opératoire à la faculté , et mourut en 1829. Il a publié: Clinique chirurgicale ou Mémoires et observations de chirurgie clinique, 1810, 3 vol. in-8; Observations sur un ostéosarcome de f humérus , simulant un anévrisme, 1815, in-8°, etc. I Pelletier (Bertraud), né à Bayonne en 1761, vint de bonne heure à Paris étudier la chimie et la pharmacie sous Darcet et Bayen, fut reçu à l'Académie des sciences en 1791 , entra ensuite à l'Institut, professa la chimie à Pécole polytechnique, et mourut en 1797, à peine âgé de 36 ans. Il a beaucoup contribué aux progrès des diverses branches de la chimie pneumatique, et rendu de grands services à la métallurgie et à la chimie appliquée aux arts.

Ses principaux écrits ont été publiés par son fils, sous le titre de Mémoires et Observations de chimie, Paris, 1798, 2 vol. in-8°.

Pelletiers. Voy. Fourreurs.

Pellisson-Fontanter ( Paul), naquit à Béziers en 1624 , vint se fixer à Paris en 1652, et y acheta une charge de secrétaire du roi. Fouquet le fit bientôt après , son premier commis, et obtint pour lui, en 1660, une place de conseiller d'État; mais, Tannée suivante, la disgrâce du ministre entraîna celle de Pellisson. Enfermé à la Bastille, il y rédigea , pour la défense de son ancien protecteur, trois Mémoires, qui sont des chefs-d'œuvre d'éloquence judiciaire, aussi bien que des monuments de courageuse fidélité. Le roi, oui ne put s'empêcher d'admirer le dévouement de Pellisson, le fit sortir du cachot où il avait passé cinq ans, et chercha à lui en faire oublier la rigueur en le désignant pour l'accompagner dans sa première conquête de la Franche- Comté. Pellisson mourut à Versailles en 1693. On a de lui : Histoire de l'académie française, continuée par l'abbé d'Olivet, 1730, 2 vol. in-12; Histoire de Louis XIV, depuis la mort de Mazarin jusqu'à la paix de Nimègue, 1749, 3 vol. in-12; Histoire de la

PÉNITENTS LTJNIVEHS. PENITENTS

conquête de la Franche-Comté en 1668, dans les Mémoires du P. Desmolets.

On imprima, en 1730, ses OEuvres diverses en 3 vol. in-12.

Pénitents. C'était le nom que Ton donnait, au moyen âge, à ceux qui étaient soumis à une pénitence publique. L'histoire de France fournit un grand nombre de ces sortes de pénitences. Nous n'en citerons que quelques-uns : Louis le Débonnaire parut, en 822, en habit de pénitent, des cendres sur la téte, devant le concile d'Attigny, et se soumit à la pénitence publique pour avoir fait crever les yeux à son neveu Bernard. Il fut tenu, en 860, à Aix-la-Chapelle, une assemblée où Thietberge, femme de Lothaire, roi de Lorraine, se reconnut coupable d'avoir commis, avant son mariage, un inceste avec son frère le clerc Hubert. Sur cette confession, les évéques prononcèrent qu'elle devait faire une pénitence publique, et elle fut enfermée dans un jnonastère; mais elle en sortit la même année, et envoya des députés au pape Nicolas, pour se plaindre de ce jugement , et rétracter des aveux qu'elle n'avait faits , disait-elle , que pour éviter les mauvais traitements du roi son mari. Raymond VI , comte de Toulouse, excommunié par le pape Innocent III, subit une pénitence courte, mais humiliante et sévère. Cité par le légat Milon au concile de Valence, il y comparut le 18 juin 1209, et accepta les conditions que ce prélat lui imposa pour obtenir l'absolution. Il fut, en conséquence, conduit à Saint-Gilles; on l'obligea à se présenter nu jusqu'à la ceinture , dans le vestibule de l'église, devant un autel portatif sur lequel était exposé le saint Sacrement. Dans cet état, Milon, assisté de trois archevêques et de dix-neuf évéques, lui fit renouveler le serment qu'il avait fait d'obéir à tous les ordres du pape et de ses légats, touchant les chefs, au nombre de dix-neuf, qui lui avaient attiré l'excommunication. Le légat lui ayant mis ensuite une étole au cou, la prit

f>ar les deux bouts, et l'introduisit dans 'église en le fouettant avec une poignée de verges; après quoi il lui donna l'absolution , au milieu d'une foule innombrable.

Lorsqu'on cessa d'imposer des pénitences publiques, des dévots, plus rigides que les autres , se réunirent en confréries pour pratiquer la pénitence, allant en procession dans les rues, couverts d'une espèce de sac percé de deux ouvertures à la hauteur des yeux, et se donnant la discipline en chantant des psaumes ou en recitant des prières. On ne sait en quelle année ces promenades singulières s'introduisirent en France.

Le roi Henri III ayant vu à Avignon la procession des pénitents blancs, ainsi appelés de la couleur du sac dont ils se couvraient, en fut tellement satisfait, qu'il voulut être agrégé à cette confrérie, et en établit une semblable à Paris, en 1583, dans l'église des Augustins, sous le titre de l'Annonciation de Notre-Dame. Ce prince assistait aux processions de cette confrérie, sans gardes, vêtu d'un long habit de toile blanche, en forme de sac, pourvu de deux longues manches , a'un capuchon fort pointu et percé des deux ouvertures dont nous parlons plus haut. A cet habit était attachée une croix de satin blanc sur un fond de velours tanné, et chaque confrère portait à la ceinture une discipline et un chapelet garni de petites têtes de mort sculptées en ivoire. C'était dans ce costume que le roi , environné de la plupart des princes et des grands de sa cour, se livrait à la risée des Parisiens , au mépris des hommes sensés, aux sarcasmes des prédicateurs, et achevait de se dégrader, croyant donner une haute opinion de sa piété et se concilier l'affection des catholiques.

Voici ce qu'on lit dans le Journal de VEstoiley à l'occasion de ces procès- < sions , qui étaient toujours précédées \ ou suivies des plus sales débauches:

« Le dimanche 27 mars (1583), le rot fit emprisonner le moine Poncet , qui preschoit à Notre-Dame, pour ce que trop librement il avoit presebé , le samedi précédent, contre cette nouvelle confrérie, l'appelant la confrérie des hypocrites et des a théistes ; « et qu'il ne « soit vrai, dit-il, en ces propres mots ; ■ j'ai été averti de bon lieu qu'hier au « soir, vendredi, jour de la procession. « la broche tournoit pour le souper de « ces bons pénitents, et que, après avoir

rÉNITENTS

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