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« mangé le gros chapon, ils eurent pour « collation de nuit le petit tendron , « qu'on leur tenoit prêt. Ali ! malheu- « reux hypocrites, vous vous moquez • donc dé Dieu sous le masque, et por- « tez pour contenance un fouet à votre « ceinture; ce n'est pas là, de par Dieu, m où il le faudrait porter, c'est sur vo- « tre dos et vos épaules, et vous en « étriller très-bien : il n'y a pas un de « vous qui ne l'ait bien gagné. »

Il y avait des pénitent* blancs à Lyon, aussi bien qu'à Avignon. Dans quelques villes du Languedoc et du Dauphiné, il y avait des pénitents bleus; dans d'autrès provinces, notamment la Franche- Comté, il y avait des pénitents noirs.

Ceux-ci assistaient les criminels à la mort, recueillaient leurs restes, leur donnaient la sépulture et faisaient d'autres bonnes œuvres. Ces confréries, abolies lors de la Révolution , ont été rétablies dans quelques villes du Midi, sous la Restauration , qui leur laissa prendre une tendance politique, et s'en servit comme d'un moyen de propagande. La révolution de 1830 ne les a point détruites; elles subsistent toujours , et font encore quelquefois des processions extérieures.

Tous les dévots ne se donnaient pas .ainsi en spectacle. Il en était de l'un et l'autre sexe qui , après avoir mené une vie dont ils éprouvaient du repentir, se réunissaient en congrégations ou communautés , pour expier, dans des maisons particulières, les manquements ou les désordres dont le souvenir leur causait de l'inquiétude. Des institutions religieuses furent établies pour seconder les vues louables de ces pécheurs repentants , et leur procurer les moyens de persévérer dans leur désir de revenir au tien , et ces établissements prirent des noms qui indiquaient leur destination.

Tel fut Vordrede la Pénitence de Sainte- Madeleine^ fondé, vers l'an 1272, par uu bourgeois de Marseille nommé Bernard, qui travailla par zèle à la conversion des courtisanes de cette ville. Il fut secondé dans cette bonne œuvre par lusieurs personnes dont l'association ut érigée en ordre religieux, par le pape Nicolas III, sous la règle de Saint- Augustin. Ces hommes charitables, appelés pénitents , formèrent aussi , dans

le même but que le leur, une association religieuse de femmes converties, auxquelles ils donnèrent la même règle.

line congrégation de pénitentes de la Madeleine, a Paris, dut son origine aux prédications du père Jean Tisserand , qui , ayant converti plusieurs femmes publiques , établit cet institut pour y recueillir celles qui voudraient mener à l'avenir une vie régulière. Charles VIII donna à ces femmes, vers l'an 1294, l'hôtel de Bohême; et, vers 1500, Louis, duc d'Orléans, qui régna ensuite sous le nom de Louis XII, leur donna le sien,où elles demeurèrent jusqu'en 1572.

La reine Catherine de Medicis les plaça plus tard ailleurs. Dès l'an 1407, Simon, évéque de Paris, leur avait dressé des statuts et donné la règle de Saint- Augustin. Une des conditions pour entrer dans cette communauté était, à son origine, d'avoir vécu dans le désordre, ce qui mettait des femmes honnêtes dans 1? nécessité de se calomnier elle- mêmes, ou de se livrera la prostitution, pour se trouver dans les conditions voulues pour leur admission. On n'y recevait point de femmes au-dessus de trente-cinq ans. Par suite d'une réforme opérée en 1616, on ne reçut plus que des tilles qui portèrent le nom de pénitentes.

Ces institutions ont été abolies , par l'Assemblée constituante, avec toutes les autres communautés religieuses, et, depuis, il n'en a pas été rét.ioli de semblables. On a bâti de magnifiques prisons pour retenir et châtier les coupables ; mais on n'a pas ouvert un seul asile pour le repentir et la résolution de bien vivre.

Penns, ville de l'ancien Agenois,aujourd'hui chef-lieu de canton du département de Lot-et-Garonne; pop. : 6.000 habitants. Cette ville , autrefois célèbre sous le nom de la Penne d*4genois, tire son nom de sa position sur la crête d un coteau très-élevé. Elle était dominée par un fort, appelé le Château du Roi , et entourée d'une triple enceinte de murailles , dont on voit encore les ruines. Le bourg dit le Port de Penne, situé au bas du coteau, sur la rive gauche du Lot, était aussi entouré de murailles et de fossés, et servait de poste avancé à la ville.

T. xi. 3f livraison. (Oict. bncycl., etc.)

PENSION

L'UNIVERS

PENSION

En 1212, Simon de Montfort assiégea cette ville défendue par une forte garnison sous les ordres de Hugues Delfar ; il ne put s'en rendre maître que par capitulation , et au bout de cinq mois. Les assiégés obtinrent la liberté de sortir avec armes et bagages, en considération de leur généreuse défense , « qui aurait continué jusqu'au jour du «jugement, dit un annaliste gascon , si « l'eau n'avait manqué. »

En 1242, les troupes du roi de France s'emparèrent du château de Penne, que Raymond reprit peu de temps après, et qu'il céda l'année suivante pour cinq ans au roi. En 1338, le sire d Enguerry assiégea cette place , qui fut reprise en 1339. Les protestants s'en rendirent maîtres en 1561. Montluc s'en empara en 1562, puis attaqua le château, dont il fit égorger tous les défenseurs.

Pension. Il paraît qu'avant le quatorzième siècle, les rois n'avaient point encore soumis à des règles l'octroi des

J tensions, et qu'ils les accordaient seon tes inspirations de leur bienfaisance, de leur besoin ou de leur caprice. En décembre 1320, Philippe V décida qu'aucun bénéficier, ni ofncier, ne pourrait avoir pension du roi; et, le 19 mars 1341, Philippe de Valois révoqua toutes les pensions accordées aux officiers royaux . excepté celles qui avaient pour cause des maladies, des infirmités et de longs services. Une fois accordées , les pensions des membres du clergé étaient réputées biens d'église, et en consé-

Îiuence chose sacrée. Le 22 juin 1349, a chambre des comptes de Paris donna mandement de faire payer les aumônes et les pensions ecclésiastiques avant toutes autres assignations données sur le trésor royal. Pour que l'on put revenir sur les surprises , et probablement aussi pour s'assurer de la soumission des pensionnaires, il fut ordonné en 1388, par Charles VI, que les pensions seraient renouvelées chaque année par mandement du roi. Il parait qu'au commencement du quinzième siècle, le trésor royal se trouvait fortement grevé par les pensions, car le 8 février 1405, on révoqua les gages à vie accordés aux membres du parlement avant vingt ans de service, et, le X octobre 1410, on

révoqua pareillement les pensions des

princes et autres seigneurs. Nous ignorons si , par cette mesure , on abolit toutes les grâces pécuniaires dont était chargé le trésor royal ; si on le fit, on ne tarda pas à en accorder de nouvelles, et François I,r, dont la politique était d'attirer' la noblesse à sa cour où elle se ruinait , et de lui accorder des gratifications qui la tenaient dans sa dépendance, contribua sans doute pour beaucoup au rétablissement des abus.

Quoi qu'il en soit, le 20 avril 1563, un acte de sa volonté souveraine i animé du même esprit , et publié pro bablement dans le même but que celui de 1388, ordonna que les pensions et gages ne seraient payés que sur des états approuvés par le roi.

Nous ne connaissons pas le chiffre auquel s'élevaient les pensions pendant le laps de temps que nous venons de parcourir, mais nous savons qu'en 1600 le trésor de l'État se trouvait, pour ce service, grevé de 3 millions, par suite de la nécessité où Henri IV s'était trouvé d'acheter à prix d'argent les principaux chefs de la ligue. En 1610, cette somme était diminuée d'un million, en conséquence des réductions et suppressions de pensions opérées par Sullv.

Six ans après la mort de Henri IV, c'est-à-dire en 1616, le total des pensions pour lesquelles on avait créé trois offices de trésorier, était de 6,650,000 livres. Les états généraux s'élevèrent contre ce gaspillage des deniers publics, et leurs plaintes furent méprisées ; l'assemblée des notables, convoquée en 1617. réclama sans plusde succès ; enfin, en 1623, la cour montra moins de résistance aux vœux du peuple, et plusieurs pensions considérables furent réduites. En 1629, au mois de janvier, on fit mieux encore. Il parut une ordonnance, conforme aux représentations d'une assemblée des notables convoquée en 1626, et statuant que « les états et « entretenements, ainsi que les pensions, « seraient réduits à une somme si mo- « dérée, que les autres charges de l'État « pussent être préalablement acquit- « tées ; » que de plus, il serait fait chaque année un état qui contiendrait les noms de ceux qui devraient en jouir, en vertu de lettres pateutes enregistrées

pe.vsion FRANCE.

en la chambre des comptes. Différentes mesures furent prises ensuite pour que Ton ne pût pas surprendre au roi des pensions non méritées.

Selon toute apparence , cette ordonnance ne fut pas bien strictement observée, car en 1543, Anne d'Autriche, devenue régente, débuta par réduire les pensions d'un tiers. Louis XIV abolit les mesures prises en 1629; puis, le 14 octobre 1710, il apporta un très-léger adoucissement au mal , en assujettissant toutes les pensions et gratifications , tant ordinaires qu'extraordinaires , à la retenue d'un dixième.

On a beaucoup vanté la munificence avec laquelle Louis XIV, inspiré par Colbert, pensionna, à l'époque de la fondation de l'Académie des Sciences et de celle des Inscriptions , les membres qui furent admis dans ces deux compagnies, et plusieurs savants étrangers.

Certes, ce roi ne méritait pas les éloges qui lui ont été prodigués à cette occasion, tant fut modique la somme qu'il lui en roflta pour les obtenir. Celle de 1663 fut de 47,900 livres (*). Dans Ta nuée où les libéral ités royales furent les plus considérables, cette somme ne s'éleva qu'à 100,866 livres , savoir : 53,000 en pensions pour les nationaux ; 16,300 pour les étrangers, et le reste en gratifications. Ces pensions parvenaient aux étrangers au moyen de lettres de change. « A l'égard de celles qui se distribuaient à Paris, dit Charles Perrault dans ses Mémoires , elles se portèrent la première année chez les gratifiés , par le commis du trésorier des bâtiments, dans des bourses de soie et d'or les plus propres du monde; la seconde année, dans des bourses de cuir. Comme toutes choses ne peuvent demeurer au même état, les années suivantes , il fallut aller recevoir soi-même sa pension chez le trésorier, en monnaie ordinaire. Les années eurent bientôt quinze ou seize mois ; et quand on déclara la guerre à l'Espagne , une grande partie des gratifications s'amortit. Il ne resta presque

S lus que les pensions des académiciens e la petite Académie (l'Académie des Inscriptions) et de l'Académie des Scien-

(*) Voj. l'ait. Colskit, t. Y, p. »75.

ces. » Dangeau nous apprend dans ses Mémoires, sous la date du 15 mai 1694, qu'alors on ne payait plus ces deux académies.

Deux sortes de réductions opérées successivement en 1717 , sur les pensions, en amenèrent le chiffre à 4,500,000 liv., puis à 8,600,000 Ijv. On fixa ensuite les pensions a 2 millions, et on créa un fonds annuel de 500,000 liv., pour être distribué par le roi en gratifications extraordinaires; mais huit an* après , en 1 725 , les pensions étaient montées à 8.594,800 liv., somme dans laquelle les princes du sang se trouvaient compris pour 1,594,800 liv.

On parut cependant à cette époque s'occuper de réformes. Une déclaration du 20 novembre 1725 en revint aux mesures de 1717, fixa le capital des pensions à 2 millions, et recréa le fonds de 500,000 liv., pour gratifications annuelles. Ces prescriptions ne furent point exécutées; loin de la, le 15 janvier 1730, un arrêt du conseil révoqua une partie des réductions opérées neuf ans auparavant, et, en 1759, les pensions étaient augmentées de 2 millions environ. Le ministre Silhouette , placé cette annéelà à la tête des finances , provoqua une déclaration qui réduisait le chiffre des pensions à 3 millions , et soumettait celles qui existaient à une révision sévère. Mais les courtisans s'ameutèrent, Silhouette fut renvoyé couvert de ridicule , et son projet n'eut pas de suite.

En 1762, Louis XV, dirigé par le duc de Choiseul , déchargea le trésor royal de la très-grande majorité des pensions, dont il assigna le payement sur les fonds tant de l'ordinaire que de l'extraordinaire des guerres , et même sur ceux du quatrième denier, qui n'étaient destines qu'à des gratifications extraordinaires. En conséquence, des pensions furent distribuées sur ces différents fonds, sous les titres dépensions dv retraite-^ de récompense* , de gratifications annuelles, d'appointements de réforme, d'appointements conservés, et tout cela tut fait avec une telle profusion, que dans l'espace de onze années, le capital des pensions, de 3,600,000 liv., en 1717, s'éleva à 15 millions, savoir: 1 1 sur le département de la guerre , et 4 sur les autres départements.

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