PERRUQUES FRANCE
eût donné plus de légèreté sans nuire à la solidité. La timidité de quelques grands personnages le força de renoncer a ce projet , qu il réalisa plus tard en construisant le pont de Pont-Sainte- Maxence. On doit encore à Perronet )a construction du Canal de Bourgogne et rétablissement de plus de six cents lieues de routes, qu'il exécuta en moins de trente années. Il fut nommé, en 1757, inspecteur général des salines, place qu'il conserva jusqu'en 1786. Il mourut en 1794. On fui doit un grand nombre de machines employées dans les constructions ; nous citerons , entre autres, lascieà recéper les pieux sous l'eau; un tombereau inversable; une drague pour curer les ports et rivières , etc. 'Enfin , il est auteur de la Description, des projets et de la construction des ponts de NeuUly, Mantes, Orléans ,etc, 3 vol. in-fol., 1782-89; et de pjusieurs Mémoires insérés dans le recueil de Y Académie des sciences ou dans la Collection académique. Il avait fait , sur la résistance des matériaux, des expériences dont les résultats font encore autorité dans la science des constructions. Il était membre de la Société rovale de Londres, de l'Académie de Stockholm et de celle de Berlin.
Perruques. L'abbé Thiers , qui a écrit une Histoire des perruques, s'appuyant sur un passage de Mézeray qu il interprète à sa manière, prétend que ce n'est que sous le règne de Louis XIII, et vers Tannée 1629, que s'introduisit en France l'usage de se couvrir la téte d'une chevelure empruntée; mais, comme il est parle de cet usage par un poète du quinzième siècle ("), comme d'une chose proche encore de sa naissance, on doit en conclure qu'il est d'une date antérieure à celle que fixe le savant docteur de Sorbonne, et remonte au moins jusqu'à Charles VIII, peut-être jusqu'à Louis XI, ainsi que l'écrit Dulaure.
Dès leur apparition, les perruques excitèrent de la part du clergé catholique et des monstres protestants des réclamations énergiques ; oubliant pour un moment les points qui les divisaient , ils les frappèrent à l'en v i d'anatbèmes du
(•) Guillaume Coquillard, officiai de Reims, en 1484.
haut de la chaire évangélique. Les théologiens imprimèrent quelles étaient l'outrage du démon ; ils citèrent , à l'appui de cette assertion , Tertullien , saint Cyprien et tous les Pères de l'Église ; ils rapportèrent les paroles de saint Grégoire de Naziance , qui dit qu'au jugement dernier, on arrachera aux femmes les cheveux empruntés dont elles auront chargé leur téte , comme on arracha les fausses plumes dont s'était parée la corneille.
La mode des perruques n'en subsista pas moins ; ceux qui ne pouvaient s'en procurer y suppléaient par des calottes garnies de cheveux ; les autres en firent du poil de différents animaux, de laine, de fil de lin, de coton retors ; on en lit même de laiton.
Louis XIII ayant repris les cheveux longs, dès longtemps abandonnés, les courtisans se piquèrent de l'imiter, et ceux que le temps avait dépouillés de leur chevelure adoptèrent les perruques.
Les comédiens, les farceurs, les maîtres de danse en firent autant pour se donner des airs de gens du monde ; tous ceux qui se piquèrent d'être vêtus et surtout coiffés à la mode vinrent à la suite.
Mais ce fut seulement vers 1660 que
les ecclésiastiques adoptèrent la mode nouvelle; ils s en parèrent bientôt, nonseulement pour aller dans le monde, mais encore pour remplir leurs fonctions sacerdotales. Le premier qui s'y conforma fut l'abbé la Rivière, depuis évêque de Langres. Alors, les rigoristes crièrent au scandale, et l'abbé Thiers écrivit tout un volume contre les abbés perruquets.
Cependant, les perruques étaient déjà assez répandues pour qu'il y en eût de diverses formes et de diverses dénominations. Celles des femmes étaient toujours blondes; celles des hommes étaient composées de longs cheveux, qu'on partageait en deux parties et qu'on laislait descendre de chaque côte du buste. II y avait les perruques à la française, auxquelles succédèrent les perruques à l'espagnole. Vint plus tard cet immense assemblage de cheveux, appelé perruque in-folio, qui dura tout le règne de Louis XIV, et qu'on voit à ce roi dans tous les portraits, bustes, statues, que
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nous avons de lui, même quand on Ta revêtu de l'habit romain. Ces volumineuses perruques subirent , vers 1693, de grandes modifications; leur chevelure cessa d'être partagée en deux parties, et tomba sur le dos et les épaules, qu'elle fut destinée à couvrir. Plus tard, on divisa encore cette chevelure en deux parties, que Ton assembla avec des rubans en été, et qu'on laissa flotter chacune séparément en hiver. On finit par les assembler toute Tannée, et de là vint la mode de porter deux queues, qui descendaient parallèlement jusqu'à la ceinture. Cet usage se maintint jusque sous le règne de Louis XVI , chez les vieux courtisans et les seigneurs de villages. De ces deux queues, plus tard, on n en lit qu'une, c'est-à-dire que les cheveux de derrière, tous réunis, furent contenus dans les contours d'un ruban, qui les couvrait dans toute leur longueur, sauf l'extrémité, qui sortait comme la barbe d'un pinceau.
Les magistrats et les jurisconsultes gardèrent longtemps la perruque in-folio , puis ils se résignèrent aussi , malgré leur attachement aux anciens usages, a lui faire subir des modifications. Ils en diminuèrent le volume, mais conservèrent jusqu'au dernier temps la chevelure pendante sur le dos , et firent tourner cette chevelure en boucles symétriques, plus ou moins nombreuses, diminuant graduellement de grosseur, et appelées boudins ou marteaux. Les juges s'obstinèrent à garder ces sortes de perruques. Dans le monde , leur forme varia, et elles prirent différents noms. Il y en eut de pointues ou en forme de pyramide renversée ; il y eut des perruques carrées , de petites perruques, des perruques à la Sartine, des perruques à la circonstance, des perruques de bichon, des perruques à la moutonne, etc. Les ecclésiastiques damerets eurent des perruques d'abbé ; les hommes de professions graves, des perruques à trois marteaux; les militaires, des perruques à la brigadiére. On pommada, on poudra, on tortura les perruques de toutes les manières , et savoir les accommoder à l'âge, à la figure et à la position sociale de chacun de ceux qui devaient les porter, était posséder un véritable talent.
Au demeurant, ce talent n'était pas improductif, car dans les trente à quarante années qui précédèrent la Révolution, tout le monde portait les cheveux d'autrui et personne ne portait les siens. Un médecin ne pouvait visiter ses malades sans avoir la tête affublée d'une perruque à trois marteaux ; un apothicaire inclinait une tête chargée dune perruque semblable, pour exécuter les nasses œuvres de sa profession. Les bourgeois, les maîtres de métiers, et même les ouvriers, portaient tous la perruque. Un maître tailleur aurait cru déroger en se montrant avec ses propres cheveux. Dans les grandes maisons, le suisse, le cocher, les valets de chambre, les valets de pied, les laquais portaient la perruque à bourse. Cependant, une révolution se préparait, et ce fut le barreau qui en donna le signal. De jeunes avocats, renonçant à I artifice, laissèrent croître leurs cheveux, qu'ils firent accommoder à peu près comme des perruques. Cette mode fit des progrès, d'abord chez de jeunes conseillers, puis se propagea insensiblement dans le monde. Les perruques disparurent peu à peu ; il n'y eut plus, dit Duiaure, que les vieillards chauves et entêtés qui, dédaignant les nouveautés, conservèrent courageusement les chevelures artificielles; et on les nomma, par dérision, têtes à perruques.
Sous le gouvernement directorial, les femmes composant la cour d'alors adoptèrent, à limitation des odalisques de Barras, avec la tunique romaine, la perruque blonde, bouclée et frisée; mais celte mode ne dura que quelques années ; elle prit fin au 18 brumaire, qui mit un terme aux saturnales du Luxembourg.
Pbbsb (relations avec la). Les relations de la France avec la Perse ne remontent guère au delà du règne de Napoléon. A cette époque Feth-AJi Shah étant en guerre avec la Russie et voyant l'impossibilité de résister à sa "puissante voisine, réclama l'assistance de la France. Napoléon, dont le projet était d'attaquer l'Angleterre dans les Indes, saisit avec empressement l'occasion qui se présentait, et envoya en Perse MM. Romieux et Jaubert. M. Jaubert arriva a sa destination en 1806, et à son retour