PERSIL
FRANCK
PERIT ISANE
le général Gardanne fut envoyé auprès du Shah en qualité d'ambassadeur. Il lui promît de prochains secours de la France contre la Russie , et les officiers qu'il avait amenés avec lui enseignèrent la tactique européenne aux troupes persanes. En 1807, après la paix de Tilsitt, l'ambassadeur français promit au Shah l'intervention efficace de son souverain auprès de l'empereur Alexandre et lui fit espérer la remise des provinces conquises parles Russes. Mais l'Angleterre, redoutant l'influence que pourrait acquérir la France dans ce pays, y envoya un ambassadeur, sir Harford Jones Brydges, qui parvint à entraver les négociations du général Gardanne.
Celui-ci quitta alors la cour de Téhéran, et le Shah envoya avec lui Askerkhan comme ambassadeur auprès de Napoléon ; mais comprenant bien qu'il ne pourrait recevoir de secours de la France et se voyant pressé par les Russes, il se rapprocha naturellement de l'Angleterre. A partir de cette époque (1809), jusqu'en 1830, il n'y a point eu de relations officielles entre la France et la Perse. En 1830, une ambassade persane arriva à Paris , où elle séjourna quelque temps ; et le gouvernement, pour n'être pas en reste de courtoisie avec le Shan , envoya auprès de lui M. de Sercey comme ambassadeur extraordinaire ; mais cette ambassade n'avait aucun but politique, et elle n'eut d'autre résultat que de faire connaître la Perse à quelques-uns de nos compatriotes.
Prbsil (Jean-Charles), est né à Condom en 1785. Il était âgé de vin*»t-deux ans seulement, lorsqu'il publia la pre* mière édition de son Rèqime hypothécaire^ qui fut suivie plus tarif de ses deux volumes de Questions sur les hypothèques. Ayant échoué deux fois au concours pour une place de professeur à la Faculté de droit, il se livra entièrement à la pratiqtie du barreau, et le succès ne tarda point à couronner ses.
efforts ; il y fit rapidement sa fortune. La nature de son talent l'appelant plutôt à la discussion des principes du droit civil qu'à celle des questions de droit public, il ne figura pas aussi fréquemment que plusieurs de ses confrères dans les procès politiques. Cependant il
plaida deux fois devant la chambre des pairs : une première, pour Demouchy, lors de la conspiration de 1820, et une seconde pour M. Etienne, lors du procès de l'association nationale. II fut aussi le défenseur de M. Bavoux, professeur-suppléant à la Faculté de droit de Paris, que l'on accusait d'avoir donné à ses leçons une couleur libérale. Le libéralisme que professait à cette époque M. Persil, lui valut d'être, en 1830, porté à la chambre par les électeurs de Condom. A la révolution de Juillet, il fut du nombre des députés qui se réunirent chez M. Delaborde, et alla avec M. Dupin offrir au duc d'Orléans la lieutenanee générale du royaume. Après avoir donné ainsi une preuve non équivoque de son dévouement à la royauté nouvelle, M. Persil fut nommé procureur général à la cour royale de Paris. La chambre le choisit 'ensuite pour premier commissaire au soutien de l'accusation des ministres devant la cour des pairs , où il reparut de nouveau en qualité d'orçane du ministère public, lors de l'affaire de l'école libre, qu'avait essayé d'ouvrir M. le vicomte de Montalembert. Depuis, M. Persil s'est montré un des plus zélés partisans du régime actuel; aussi a-t-il obtenu, en quittant le ministère de la justice, la direction de la monnaie, place lucrative à laquelle il semblait cependant n'avoir aucun droit.
Perthois (pays), pagus Pertisus.
On désignait ainsi autrefois la partie nord du département de la Haute-Marne.
Le Perthois était compris dans la basse Champagne. Perthes, ancienne ville qui fut détruite par les Huns, en était la capitale.
PKHTICELLI. Voy. F.MEBY.
Pehti tsane. On nommait ainsi au moyen âge une arme qui participait de la pique et de la hallebarde. La lame avait un pied de longueur, et de deux à quatre pouces dans sa plus grande largeur; elle était pointue et tranchante, des deux côtés, quelquefois cannelée, ou bien en forme de flamme ou de hache, comme la hallebarde.
La pertuisane n'était pas seulement destinée à arrêter, comme la pique, l'élan de la cavelerie , elle servait aussi à défendre les retranchements, les rem-
T. xi. 33' Livraison. (Dict. encycl., etc.)
PÉTHION
L'UNIVERS
PÉTHION
parts et l'abordage des bâtimènts de guerre. Les officiers d'infanterie la portaient du temps de Henri III. Sous le même règne, les soldats qui en étaient armés prenaient le nom de pertuisaniers. Une ordonnance du 25 février 1670 en défendit l'usage dans les armées françaises. Les invalides seuls la conservèrent, et on ne remploya plus que pour la garde des églises, des poudrières, des arsenaux et des magasins militaires.
Pestes. Voy. Épidémie.
PetaO (Denis), Vetaviusy célèbre et laborieux érudit, né à Orléans en 1583. A dix-neuf ans, il obtint la chaire de philosophie de l'université de Bourges, et entra dans la compagnie de Jésus en 1605. Nommé ensuite professeur de théologie positive à Paris, il consacra ses loisirs aux investigations chronologiques, et se fit par ses travaux une grande et légitime réputation. Il mourut en 1652 dans une humble cellule du collège de Clermont. Outre des éditions excellentes, on doit au P. Petau : de Doctrinâ temporumy et UranoloûUm% 3 volumes in-fol., 1703; liationarium temporum, 2 vol. in-12, i633*; Theologica dogmata^ 1644-50, 5 vol. in-fol.; les Psaumes, traduits en vers grecs, 1637, in-12; De ecclesias- UcA hierarchiâ, 1643, in-fol. On ne lit plus aujourd'hui ses écrits contre Saumaise et la Peyre ; mais sa réputation n'a pu qu'y gagner; car, maigre la douceur naturelle de son caractère, il n'était jamais en reste envers ses antagonistes pour l'âpreté des répliques.
Péthion de Villeneuve (Jérôme), naquit à Chartres, en 1760, d'une famille de robe très-honorable. Il exerçait avec distinction la profession d'avocat, lorsque la convocation des états généraux vint modifier sa vie et l'appeler sur un plus vaste théâtre. Élu député aux états généraux de 1789, par le tiers état de son bailliage, il se fit remarquer des premiers parmi les membres de cette opposition coura-
Seuse qui lutta avec tant d'énergie et e talent contre les prétentions de la noblesse, du clergé et de la cour, et fonda ainsi pour la France une ère nouvelle de liberté et de gloire. Dès les premiers travaux de 1 immortelle assem
blée , dont il était un des membres les plus influents, Pétbion se montra tel qu'il devait être pendant tout le cours de sa carrière politique , bon , intègre, ennemi de tout privilège, dévoué aux intérêts du peuple, hardi et résolu, ferme dans ses principes, intrépide dans l'accomplissement de ses devoirs; mais faible en ces temps de luttes, parce qu'il n'y apportait ni passions, ni haines, parce quMl ne savait ni où ni comment diriger cette révolution qu'il avait lui-même provoquée. Au Jeu de Paume, et dans toutes les discussions mémorables qui suivirent ce serment solennel, Pétition fut le plus infatigable apôtre de la démocratie. Mirabeau, la Fayette, voulaient associer les intérêts du peuple à ceux de la royauté; tâche glorieuse sans doute, mais impossible alors. Péthion comprit que dans ce duel engagé au nom de la bourgeoisie entre le trône et le peuple, l'un des deux combattants devait succomber, et dès le principe il ne se dissimula pas l'issue de cette lutte ardente.
Cette opinion, que peu de députes >artageaient alors , fut l'origine d'une iaison très-intime entre Péthion et Robespierre. « Ils sont inséparables comme les deux doigts de la main, » disait Mercier en parlant de cette amitié qu'une fraternité de vues politiques avait formée, et qui devait si cruellement se briser quelques années pins tard, au nom même de cette démocratie pour laquelle ils combattaient ensemble. Dans toutes les questions qui furent soulevées et débattues à la tribune de l'Assemblée nationale, Péthion fut toujours à la brèche, plaidant pour le peuple et luttant coutre les prérogatives du trône. Le velo absolu, la sanction royale, l'initiative de la couronne, la création de deux chambres législatives, n'eurent pas de plus ardent, de plus infatigable adversaire. Défenseur de la souveraineté du peuple, il croyait que le meilleur moyen d'élever, d'instruire, d'ennoblir les classes ouvrières, c'était de les associer aux grands débats politiques, de les intéresser a l'ordre, à la liberté, en les faisant ellesmêmes dépositaires de ces biens précieux. Il vota pour la permanence et