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PETIT

auxquelles il avait fait concevoir des doutes sur les projets des hommes de couleur, il prit le titre de roi. Dès lors, la guerre civile recommença; car la partie de l'ouest et du sud, rangée sous l'autorité du sénat, lui refusa le titre qu'il s'était arrogé, et nomma Petion présisident (1807). Christophe rassembla aussitôt une armée nombreuse, marcha contre son antagoniste, et fut vaincu le 1er janvier 1808. Obligé de se retirer au Cap, il rassembla, en 1811, de nouvelles troupes, et marcha une seconde fois sur le Port-au-Prince. Mais à peine le combat etait-il engagé, qu'un colonel d'un régiment d'élite fit défection et passa sous les drapeaux dePétion; il fut imité par une grande partie des troupes de Christophe, et l'usurpateur fut obligé de se retirer au plus vite dans la ville du Cap. Depuis lors, Petion ne fut plus troublé dans sa présidence; il s'occupa de l'administration de Pile, paya les dettes contractées pendant la guerre, ouvrit les ports aux étrangers et fit refleurir le commerce. Il mourut en 1818, et fut remplacé dans la présidence par le général Boyer, son lieutenant et son ami.

PÉTis (François), né en 1622, fut nommé, a trente ans, secrétaire interprète du roi pour les langues turque et arabe, et mourut en 1605. On lui doit, entre autres ouvrages, un Dictionnaire français-turc, et turc-français, resté manuscrit, et une Histoire du grand Gengiz-Can ( Djenguvz- Khan ), premier empereur des Mogols et Tartares, 1710.

Son fils, François Pétis de la Choix, né à Paris, en 1653, obtint, après avoir fait en Orient plusieurs voyages, une chaire d'arabe, et succéda à son père dans la charge de secrétaire interprète du roi. Il mourut en 1713.

Outre une traduction persane de l7//staire de Louis X IV par les médailles, on a de lui une traduction française des Mille et un Jours , contes persans, 1710 ; Y Histoire de la Sultane de Perse et des I izirs, contes turcs, traduits de Cheikh-Zadeh , 1707; Voyage en Syrie et en Perse, de 1670 à 1680; Histoire de Timur-Bec (Tarnerlan), 1722.

Jlexandre-Louis- Marie Pétis de la Choix, fils du précédent, né à Paris

en 161)8, séjourna six années en Syrie, puis revint exercer à Paris les fonctions de secrétaire interprète de la marine, d'interprète des langues orientales à la bibliothèque du roi , et de professeur d'arabe au collège royal. Il mourut en 1751. On a de lui : le Canon du sultan Suleiman II, traduit du turc.

Petit (Jean), docteur en théologie de la faculté de Paris, mort à Hesdin, sa patrie, en 1411, est surtout connu pour son apologie du meurtre commis sur la personne du duc d'Orléans, par Jean sans Peur, apologie qu'il prononça, en 1408, dans la grand'salle de l'hôtel de Saint-Paul. En 1414, sur la requête du chancelier de l'Université Gerson, l'évéque de Paris condamna la doctrine de Petit et lit brûler son plaidoyer, où était professée la célèbre maxime, qu'fï est permis de tuer un tyran. Anathématisée par le concile de Constance, au jugement duquel le duc de Bourgogne en avait appelé , cette proposition fut de plus condamnée par le parlement en 14 1 6. Le Plaidoyer de J. Petit se trouve dans la chronique de Monstrelet, liv. I, chap. xxxix.

Petit (Jean-Louis), chirurgien célèbre, né a Paris en 1674, ouvrit des cours d'anatomie et de chirurgie, qui lui firent une grande réputation, et tut nommé successivement membre de l'Académie des sciences, prévôt, puis démonstrateur royal aux écoles de chirurgie, censeur" royal, enfin directeur de l'Académie royale de chirurgie. Il joignait à une rare habileté manuelle les connaissances théoriques les plus étendues. Des recherches auxquelles il se livra sur la nature des hémorragies, lui firent imaginer un tourniquet pour suspendre le cours du sang dans les artères; il fut également conduit, par d'autres explorations, à trouver un moyen d'extraire les corps étrangers à l'œsophage. Il mourut en 1750.

On a de lui : VArt de guérir les maladies des^s, etc., Paris, 1705, ouvrage qui fonda sa réputation; Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent, ibid., 1774,

Petit (Pierre), intendant générai des fortifications de France, ne à Mont- Luçon en 1594, mort en 1677 à Lagny-

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sur -Marne, s'adonna à l'étude de la physique, signala d« s premiers les importantes vérités émises par Descartes dans sa Dioptrique, et repéta avec Pascal, dont il était l'intime ami, les expériences de Torricelli sur le vide. On a de lui quelques opuscules peu importants.

Petit (Samuel), savant ministre de l'Église réformée, né en 1594 à Nîmes, y professa avec beaucoup de distinction la théologie, le§rec et l'hébreu. Il mourut en 1643, laissant, entre autres ouvrages : Leges atticœ, grec-latin, Leyde, 1745, in-fol.

Petit-Ràdel C Louis-François), architecte, inspecteur général des bâtiments civils, né à Paris en 1740, mort dans cette ville en 1818. Outre les travaux dont il fut chargé comme inspecteur des bâtiments civils, il a construit le grand abattoir du Houle. On a aussi de lui un certain nombre de gravures «le ruines et d'architecture, et un opuscule intitulé Projet pour la restauration du PantMon français, Paris, 1799, in-4#.

Son frère, Philippe , né à Paris en 1749, obtint fort jeune, au concours, une place de chirurgien aide-major des Invalides, partit ensuite comme chirurgien-major pour les Indes orientales, et , après un séjour de trois années à Surate, vint occuper à la Faculté de médecine de Paris la chaire de chirurgie (1782). Il fit, au commencement de la Révolution, un nouveau voyage aux Indes, ne revit la France qu'en 1797, fut nommé, l'année suivante, professeur de cliniaue chirurgicale à l'École de médecine de Paris, et, jusqu'à sa mort, arrivée en 1815, consacra tous les loisirs

?|ue cette place lui laissa aux travaux ittéraires. Entre autres ouvrages, nous citerons de lui : Introduction méthodique à la théorie et à la pratique de la médecine* traduction de l'anglais du docteur Macbride, avec notes, 1787, 2 vol. in-8°; Dictionnaire de chirurgie, 1790 et suivantes , 3 vol. in-4°, pl., faisant partie de l'Encyclopédie méthodique; Institutions de médecine, 2 vol.

in-8°; f'oyage historique, chorograp/tique et philosophique, fait dans les principales villes d'Italie, Paris, 1815, 3 vol. in-8°. Petit-Radel, qui avait un gont tres-vif pour les littératures clas-

siques, a publié, outre des traductions en vers latins de quelques opuscules grecs : de Amoribus Pancharitis et Zoroae, poema eroUco-didacticum , Paris, in-8\ 1800.

Pbtitot (Claude-Bernard), littérateur, né en 1772 à Dijon, mort en 1825, a publié : Répertoire du Théâtre-Français, avec notices, etc., 1817-1818; Mémoires relatifs à l'histoire, de France, 1819 à 1824, collection continuée par M. Monmerqué. On a aussi de lui trois tragédies médiocres , et des traductions d'Alfiéri et des nouvelles de Cervantes.

Petits gbands-mvbes. En 1819, sous le ministère du baron Louis, on créa , dans chaque département de la France , des registres auxiliaires du grand-livre de la dette publique. Ces registres, connus sous le nom de petits grands-livres, ont engagé une multitude de rentiers, sur tous les points du royaume, à placer leurs capitaux en rentes sur l'État. Cette mesure a puissamment contribué à la prospérité du crédit public.

Petits m aithes. Ce fut sous le règue de Henri IV que commencèrent à apparaître ces jeunes gentilshommes recherchés dans leur parure, musqués dans leur langage, hautains dans leurs manières, joueurs, duellistes, qui donnaient le ton à la cour, faisaient tapage dans les cabarets , et que , sous Louis XIII , on appela des petits-maitres. Ils portaient une moustache qu'ils relevaient sans cesse avec deux doigts ou avec un bâtonnet qu'ils avaient continuellement à la main. Ils étaient coiffés d'un chapeau à larges bords , ombragé d'un panache; vêtus d'un haut-dechausses, d'un pourpoint, d'un manteau de satin ou de velours, le tout orné de rubans incarnats et de passements d'or et d'argent. Ils portaient pour chaussure des bottes molles de couleur fauve, et étaient constamment armés d'une longue épée pendue à la ceinture.

Les petits-maîtres du temps de Louis XIV portaient le costume de leur époque , dont ils avaient soin d'exagérer 1 élégance et la richesse. Ils n'avaient guère plus de solidité et de jugement que leurs prédécesseurs. Ils commencèrent à être, comme eux, pointilleux,

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querelleurs, coureurs de cabarets , puis lis quittèrent ces ridicules pour en prendre d'autres. Ils aspirèrent au bel esprit, furent quintessenciés dans leur jargon, et adoptèrent, enfin, avec enthousiasme les us et coutumes de l'hôtel de Rambouillet. Les petits-mattres des règnes de Louis XV et de Louis XVI héritèrent de la frivolité de leurs devanciers, mais répudièrent leurs costumes. Ils portaient l'habit de soie de couleur tendre, la veste, la culotte, les bas de même étoffe, avec broderie d'or, d'argent ou de soie , de couleur différente que le fond , le jabot et les manchettes de dentelles; pour coiffure, ils avaient leurs propres cheveux symétriquement arrangés, blanchis par la poudre d'amidon, et le petit chapeau plat appelé c f figue, fait pour être placé sous le bras, •t qu'ils tenaient élevé en l'air quand ils avaient à défendre leurs têtes des rayons du soleil ou des atteintes de la pluie. C'est ainsi qu'ils couraient, voltigeaient, papillonnaient, chaussés d'escarpins à talons rouges , ornés de boucles enrichies de diamants, faisant danser à chaque mouvement deux longues chaînes de montres , qui leur descendaient de la ceinture au milieu des cuisses , et portant horizontalement une petite épée , dont la poignée était quelquefois d'un grand prix par la matière ou le travail.

Après le 9 thermidor, il apparut un moment à Paris une nuée de jeunes gens recherchés dans leur mise, appartenant à la classe riche de la société et faisant de la réaction avec une violence qui justifiait celle dont ils prétendaient, souvent sans motif, avoir a se plaindre. Cette jeunesse , qu'on appelait la jeunesse dorée , et qui était sous le commandement de Fréron , composait en réalité une faction politique qui donna un moment le ton à la société. Pendant le peu de temps qu'elle exista en corps, ceux qui la composaient portaient, pour se reconnaître, la chevelure nattée et relevée par un peigne Gxé au sommet de la téte. Quelques années plus tard, dans le temps du Directoire, surgit une nouvelle espèce de petits - maîtres qui réunit à elle seule le ridicule de toutes les autres. Ceux qui la composaient portaient une chevelure poudrée à blanc,

partagée en un volumineux catogan qui tombait sur les épaules,et en deux faces fort longues appelées oreilles de chien. Ils portaient un habit à taille carrée, un gilet à revers , une culotte descendant jusqu'à mi-jambe et fermée au bas par des flots de rubans. Leur chaussure était, pour les courses de ville, des bottes à revers, et, dans les salons, le bas de soie et l'escarpin pointu. Dans l'un et l'autre cas, la cravate devait emprisonner le menton et monter jusqu'à la bouche. Ces petits-maîtres, qu'on appelait des incroyables, avaient une manière de parler qui leur était propre. Ils avaient particulièrement en horreur la lettre r, et semblaient craindre de se faire sauter une dent en la prononçant; aussi donnaient-ils journelle»

ment leur paole, et jamais leur parois d'honneur. Ils avaient pour femelles une classe de folles appelées meroeilleu* ses, dont les manières et la toilette étaient aussi extravagantes que les leurs, et qui disparurent avec eux après le 18 brumaire.

Ces petits-maîtres furent les derniers.

On a bien vu depuis eux des jeunes gens étourdis, suffisants, extravagants dans leur mise, ridicules dans leur conversation; mais ils n'ont jamais donné le ton nulle part , et ont toujours été en trop petit nombre pour exercer une influence quelconque.

Petits-Pères. On appelait ainsi, à Paris, une communauté d'Augustins déchaussés, dont le couvent et l'église subsistent encore à l'angle du passage

2ui porte leur nom et de la rue Nôtrelame des Victoires. Voici l'origine et l'histoire de ces religieux:

Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, tout à la fois dévote et libertine , avait fondé dans l'enclos de son hôtel , au faubourg Saint-Germain, un couvent d'Augustins déchaussés, dont elle se dégoûta, et qu'elle renvoya, en 1612, pour les remplacer par des moines du même ordre, mais qui, du moins, portaient des bas et des souliers. Les religieux expulsés se réunirent a quelques-uns de leurs confrères errants comme eux, et obtinrent, le 19 juin 1620, de l'archevêque de Paris, la permission de fonder une maison. Ils s'établirent d'abord hors de la porte

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