MOUTON
dotation en Poméranie ; vers la fin de 1813, Napoléon lui donna l'intendance des bâtiments de la couronne.
Il occupait encore cette place au mentent de la restauration. Louis XVIII la loi conserva ; au retour de nie d'Elbe, Mounier ne «rut pas devoir suivre la fortune de son bienfaiteur; et, prévoyant que le régime impérial ne pouvait durer, il se retira provisoirement à Weimar; ensuite il alla rejoindre Louis XVIII à Gand , et revint avec lui. Il reprit alors ses fonctions d'intendant des bâtiments de la couronne , et fut nommé conseiller d'État. En 1817, il fut choisi pour être président de la commission mixte créée à Paris pour liquider les créances étrangères. Cette nouvelle position le mit en relation avec le duc de Richelieu, qui l'emmena avec lui à Aix-la-Chapelle où furent signées, le 25 avril 1818, les clauses par lesquelles les étrangers devaient évacuer le territoire français. En 1819, sous le ministère Dessoles, Mounier fut nommé pair de France ; et lorsque le duc de Richelieu fut chargé de former un cabinet , en 1821 , il fut nommé directeur général de l'administration départementale et de la police. Sous le ministère Villèle, il reprit ses fonctions d'intendant des bâtiments de la couronne. Après la révolution de juillet, le baron Mounier ne voulut avoir aucune part au gouvernement ; il continua cependant de siéger à la chambre des pairs, et fut souvent rapporteur de projets de loi importants. Chargé , à la fin de 1840, d'une mission temporaire à Londres, il revint à Paris, au bout de quelques semaines, et mourut, à Passy, en mat 1843.
Mousquet. Arme à feu , dont l'introduction en France date de 1527. Les premiers mousquets, lourds et grossièrement faits, ne servaient que pour rattaque et la défense des places : on les nomma d'abord arquebuses à mèche* ou mousquets biscaiens. Perfectionné en 1567, le mousquet remplaça définitivement, alors, l'ancienne arquebuse. Avant d'y mettre le feu, on l'appuvait sur on bâton ferré, pointu par le bas, et ayant à son autre extrémité une espèce de fourchette-destinée à recevoir te canon.
jr XI. 4* Livraison. (Dict. bncycl
Un mousquet , plus léger que le premier, parut peu de temps après : ou lui donna le nom de mousquet à rouet , parce qu'on avait adapté à la platine un chien portant une pierre comme le fusil moderne, et que, lorsque l'on appuyait sur la détente, cette pierre frottait un rouet d'acier cannelé et produisait ainsi les étincelles qui mettaient le feu à l'amorce. Cette arme, de nouveau perfectionnée en 1621, remplaça alors la carabine.
Mousquetaires. LorsquVn 1527, l'usage du mousquet s'introduisit en France, on donna le nom de mousquetaires aux soldats des bandes qui en furent armés. On donna aussi ce nom à un corps de cavalerie d'élite qui faisait partie de la maison militaire du roi : il se composait de deux compagnies ; la première rut créée en 1622 par Louis XI II , la seconde en 1661 par Louis XIV. Elles se distinguaient entre elles par la robe de leurs chevaux; d'où Tune prenait le nom de mousquetaires yris> l'autre celui de mousquetaires noirs. Ces deux compagnies furent réformées en 1775, rétablies en 1789, licenciées en 1791 , rétablies de nouveau en 1814 , et définitivement supprimées l'année suivante.
Mousqubtoiv. Arme à feu tenant en même temps du fusil et de la carabine. Elle fut inventée à l'époque du premier perfectionnement du mousquet, dont elle était une imitation. Son calibre est beaucoup plus petit que celui du fusil» et son canon un peu plus long que celui de la carabine. Presque toute la cavalerie est aujourd'hui armée de mousquetons. Il y en a de trois modèles : l'un pour le corps de la gendarmerie , l'autre pour la grosse cavalerie , le troisième pour les régiments de hussards.
Mouton (George) , comte de Lobau , naquit à Phalsbourg , département de la Meurthe, en 1770. Il avait déjà fait
f plusieurs campagnes comme volontaire orsqu'il passa, en 1798 , à l'armée d'Italie. Il commanda quelque temps le château Saint- Ange en 1799 , et remplit à la bataille de Novi les fonctions d'aide de camp du général Joubert. Colonel du 3* de ligne, l'un des régiments que les revers de cette année désastreuse rejetèrent dans les montagnes de Gènes,
, etc.) 4'
50 MOCTOS L'UN
Mouton sut maintenir la subordination parmi ses soldats qui manquaient de tout. Ce fut à la téte de ce corps qu'il combattit sur laVerreria, le 11 avril, et qu'il enleva seul six drapeaux à Pennemi. Enfermé dans Gènes, après avoir pris part à tous les combats qui avaient précédé le blocus de cette ville, il fut atteint a Tune des attaques dirigées contre le fort Quezzi , d'une balle qui lui traversa le corps. Laissé pour mort sur le champ de bataille, il ne dut son salut qu'au dévouement d'un ami.
Napoléon le nomma ensuite général de brigade , et l'attacha à sa personne comme aide de camp. Dès lors le général Mouton suivit l'empereur dans toutes ses campagnes. Blessé à Friedland, il fut élevé , le 5 novembre 1807 , au grade de général divisionnaire.
Pendant l'année 18o8, il fut successivement attaché en Espagne aux corps d'armée de Bessières et de Soult, concourut avec l'un à la victoire de Médina del Rio Secco, avec l'autre à celle de Gamonnl ;puis il passa en Allemagne à la grande armée. Le 21 avril 1809, lendemain de la victoire d'Abensberg , veille de celle d'Eckmuhl, il exécuta un mouvement dont l'audace et le succès frappèrent d'admiration l'empereur luimême. Le général autrichien Hiller , manœuvrant pour opérer sa jonction avec l'armée du prince Charles, s'était jeté dans Landshut; Bessières venait de culbuter la cavalerie autrichienne : tout à coup Mouton Ct avancer au pas de charge, sur le pont embrasé de Landshut, les grenadiers du 17rde ligne, qui le franchirent et pénétrèrent dans ia place. Ce mouvement , que seconda bientôt un autre corps et que l'empereur n'avait pas cru pouvoir ordonner, sépara à jamais les deux armées enuemies.
La conduite du général Mouton , aux journées d'EssIing et de Wagram, ne tut pas moius honorable, et le titre de comte de Lobau récompensa les services qu'il rendit pendaut le séjour de notre armée dans l'île de ce nom.
En 1812, il suivit Napoléon en Russie , et partagea toute la gloire, tous les dangers de cette expédition. 11 combattit en Saxe l'année suivante , et contribua aux succès de Giesshubel et de
fERS. moctoït
Tacknitz. Placé la même année à la tête du 6' corps , et resté à Dresde après le bataille de Leipsick, il partagea la captivité du maréchal Gouvion-Saint-Cvr, et fut , au mépris des traités, envoyé en Hongrie, d'où il ne revint qu'après l'abdication de Napoléon. Le comte de Lobau , que le gouvernement royal avait laissé sans emploi , reçut de Napoléon , à son retour de l'île d'Elbe, le commandement de la Ie* division militaire , et fut élevé à la pairie. Napoléon le mît ensuite à la tête du 6e corps de l'armée du Nord. Le 18 juin, à la bataille de Waterloo , il tenait la droite avec ce corps et avait reçu l'ordre d'arrêter la marche de Bulow , et résisté glorieusement à un ennemi cinq fois plus nombreux. Surpris par les Prussiens au moment où il cherchait à rallier les débris de nos braves, il fut fait prisonnier et conduit aussitôt en Angleterre.
Proscrit après le second retour des Bourbons , il se réfugia en Belgique , puis obtint, en 1818, l'autorisation de rentrer en France, où toutefois il resta sans activité. On semblait avoir oublié son nom et ses services , lorsque les électeurs constitutionnels delà Meurthe le nommèrent député au mois d'avril 1828. Il alla s'asseoir sur les bancs de la gauche , et salua avec enthousiasmera révolution de 1830. Nommé dans la journée du 29 juillet président de la commission municipale , U n'hésita point, quand il fut question d'établir un nouveau gouvernement, à se prononcer pour la république.
Quand il vit le duc d'Orléans entrer à 1 hôtel de ville : « Pour moi , s'écria» « t-il, je neveux pas plus de celui-là que
« des autres : c'est un Bourbon ! »
Néanmoins, comme tant d'autres, il se laissa prendre aux promesses du fameux programme, et bientôt, quoiqu'elles ne dussent pas se réaliser, il prêta appui au gouvernement. Dès 1830, il accepta, lorsque la Fayette s'en démit, le coin* mandement supérieur des gardes nationales de la Seine. En 1831 , il fut nommé maréchal de France , afin d'avoir, les jours d'émeute , le droit de commander non-seulement la garde nationale , mais aussi les troupes de la division. Pair en 1832, il est mort le 20 novembre 1838.
M r mot* si? FHANCE. MumorsE 51
Moirro?r-DuvEBWBT (le baron Régis- Barthélémy) naquit au Puy, en 1779, s'engagea, à dix-neuf ans, dans le régiment de la Guadeloupe, revint en France avee le grade de lieutenant, et fut employé comme capitaine adjudant-major aa siège de Toulon. Il fit ensuite les campagnes rrit.il ie , et se distingua surtout a Àrcoto. Envoyé comme colonel en Espagne, en 1806, il en revint général de division, et Gt avec la plus grande distinction les campagnes de 1813 et de 1814, en Allemagne et en France. Nommé pendant les Cent jours membre de la chambre des représentants , il y appuya toutes les mesures qui avaient pour but de sauver l'indépendance nationale; chargé, le 2 juillet 1815, du gouvernement de la ville de Lyon , il montra dans l'exercice de ces importantes fonctions, beaucoup de vigueur, de prudence et de modération. Il n'en fut pas moins compris sur la liste de proscription du 31 juillet. Il parvint pendant quelque temps à se soustraire aux recherches de la police; mais enfin, arrêté au mois de mars 18)6, il fut condamné à mort nar un conseil de guerre, et fusillé le 26 juillet suivant
Mouzaia (passage du col de). Le col de Mouzaîa se trouve dans un enfoncement, et à peu de distance d'un piton élevé qui domine au loin la position.
L'occupation de ce poste étant devenue indispensable pour assurer les dispositions préliminaires de l'expédition tentée en 1840 , sur Médéaii, la division du duc d'Orléans fut chargée de l'enlever et la prit sur l'ennemi, le 12 mai, après un combat où les Arabes furent entièrement défaits.
Mulhouse. L'origine de cette ville remonte au huitième siècle. Au treizième, plusieurs ordres religieux y établirent des maisons. Elle devint ville libre impériale en 1208, et reçut plusieurs privilèges importants. t>es aventuriers anglais s'en emparèrent en 1 363. En 1445, la noblesse en fut expulsée.
FJte se ligua un an après avec Berne et Soieure, et, en 1506, avec Baie; elle fut reçue comme alliée par la confédération helvétique, en 1515; enfin, en 1798, elle fut incorporée à la France.
Cest aujourd'hui l'un des chefs- li eut d'arrondissement do département du
Haut-Rhin; on y compte 13,300 habitants, outre 7,000 ouvriers qui y viennent tous les jours des villages voisins.
Mulhouse (affaire de). La jonction du marquis de Brandebourg avec les autres généraux de l'Empire avait , en 1674, obligé Turenne d'abandonner une partie de l'Alsace. Il s'était retiré dans les défilés de Saverne , pour veiller sur cette place, et sur Haguenau, qu'il faisait fortifier; il voulait, dans cette position, barrer le chemin à l'électeur de Brandebourg, dont le dessein était de pénétrer en Lorraine. Ce
3u'il avait prévu arriva ; les généraux es alliés, dont l'armée était de soixante mille hommes, furent obliges de se séparer pour approvisionner leurs troupes, et de se répandre dans la haute Alsace. Turenne ne les vit pas plutôt établis dans leurs quartiers, que, pour les mieux tromper, il fit courir le bruit qu i! allait se cantonner en Lorraine , et il feignit de s'y rendre en effet.
Les Allemands le croyaient fort éloigné, lorsqu'au mois de décembre il parut tout à coup devant Kemiremont, et enleva la garnison que le duc Charles y avait jetée. Il traverse ensuite l'Ill, court à Mulhouse, où la cavalerie de l'Empereur et les troupes du duc de Lorraine et de l'évéque de Munster sont rassemblées. Il les attaque à l'improviste, prend ceux qui résistent, tue ou disipe les autres; vole à Colmar, y arrive dans le temps que l'électeur de Brandebourg et les autres généraux se mettent à table, fond sur eux, et leur laisse à peine le temps de chercher leur salut dans la fuite. Il prit des régiments entiers et quatorze étendards, et ne perdit qu'un seul homme, qui fut fait prisonnier.
Un événement si peu attendu étonna l'Europe. Mais la surprise fit place à l'admiration, lorsqu'on fut instruit que tout ce qui était arrivé avait été prémédité deux mois auparavant. Louis XIV fit lire publiquement une lettre Où Turenne, à la date du 30 octobre, disait formellement due, « feignant de ne « pouvoir pms résister auxdinemis, il « allait toujours reculer devant eux ; « que, pour leur donner même plus de « confiance, il se retirerait peut-être en « Lorraine après quoi ils ne manque*
53 MUNICIPALITÉS L'UNIVERS. BIUNITIOKNAIBE
« raient pas de s'étendre dans toute « l'Alsace; qu'alors il tomberait sur « leurs quartiers par un endroit où as- « sûrement ils ne soupçonneraient pas « qu'il dût venir les surprendre, et qu'il « les obligerait peut-être de repasser le « Rhin, et d'aller hiverner chez eux. »
Mummol (Ennius), guerrier bourguignon du sixième siècle, comte d'Auxerre , puis patrice , c'est-à-dire généralissime des troupes du royaume de Bourgogne, sous Gontran qui le protégeait ; il/battit à plusieurs reprises les Lombards et les Saxons, enleva la Touraine et le Poitou à Chilpéric , roi de Soissons; entreprit en 585 de mettre sur le trône de son maître et de son bienfaiteur un aventurier nommé Gombaud; mais il se vit forcé de s'enfermer dans Comminges, et se voyant sur le point de tomber aux mains de l'ennemi, se donna la mort.
Municipalités, Lorsque éclata la révolution de 1789, les magistrats préposés aux intérêts des villes et des villages de la France, étaient désignés, selon les localités , par les noms de maires ou maycurs, préposés, consuls, syndics, échevins, jurats, capi~ touls, etc. Ils étaient assistés, dans leurs fonctions , par des conseils spéciaux.
Ainsi, la commune ou lu municipalité, c'est-à-dire l'administration , existait déjà , mais sans avoir une organisation uniforme et régulière pour toute la France. Une loi du 22 décembre 1789 constitua toutes les municipalités sur de nouvelles bases, et rendit le même système égal pour tout le royaume. Cette loi établissait que le corps municipal se diviserait en deux parties distinctes , le conseil et le bureau. Un tiers des officiers municipaux formait le bureau ; les deux autres tiers le conseil. A ceux-ci s'adjoignaient, dans certaines circonstances, un certain nombre des notables habitants, et, par cette réunion, le corps municipal se formait en conseil général de la commune. Un magistrat était chargé, sous le nom de procureur de la commune , de défendre les intérêts et de poursuivre les affaires de la municipalité, et, dans Quelques localités , ce magistrat avait un et quelquefois deux substituts. Tous ces fonctionnaires étaient élus en assemblée
générale par les citoyens actifs. Ce furent là les premières bases du système municipal.
La constitution de 1795 modifia ce système, en réunissant plusieurs communes sous une même municipalité et en ne reconnaissant qu'un corps municipal par chaque arrondissement de justice de paix. Chaque commune envoyait un agent à ce corps municipal. Quant au président , il était nommé par l'assemblée primaire du canton. Réunis au chef-lieu , les agents des communes et le président prenaient leurs délibérations à la pluralité des voix, et chaque agent était chargé de faire exécuter, dans sa commune , les décisions qui avaient été prises. Cette constitution de la municipalité fut encore changée en 1800. Une loi du 28 pluviôse an vm organisa de nouveau fa commune, et les municipalités cantonales furent supprimées ; chaque commune fut reconstituée en municipalité, et eut son maire, son adjoint et son conseil municipal : mais ces fonctionnaires cessèrent d'être électifs. Ce système se continua pendant le consulat, l'empire et la restauration. Cependant, en 1828, M. de Martignac présenta un projet de loi qui avait pour base le système électif. Mais ayant rencontré quelques difticultés, il le retira, et les choses en restèrent là jusqu'en 1830. L'article 69 de la charte de 1830 avait posé en principe l'élection dans la municipalité; une loi du 21 mars 1831 a régie cette matière. Elle a fixé, dans chaque commune , le minimum des membres formant le conseil municipal, à dix, et le maximum à trente, suivant la population. Ces membres doivent être élus par les électeurs communaux, et c'est parmi eux que le préfet , ou le roi pour les villes d'une certaine population, choisit le maire et les adjoints. Une loi du 21 avril 1834 a régie, d'une manière particulière, l'organisation du corps municipal de la ville de Paris.
Munitioxn aibb. C'est le nom que l'on donne aux agents préposés à la garde et à la conservation , à la fourniture et à la distribution des vivres et fourrages aux troupes , dans l'intérieur et aux armées. L'origine de ces préposés remonte au règne de Philippe Au-
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FRANCE
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piste, qui, en Pan 1311, créa des commis du roi, chargés de pourvoir à la subsistance des gens (le guerre. A ces employés, très-peu oombreux alors, succédèrent eo 1470, des commis ou commissaires généraux des vivres , chargés de la direction , de la comptabilité et de la distribution en nature de tout ce qui constituait la nourriture du soldat. Un premier traité des vivres et fourrages par entreprise fut conclu en 1574, et confié à un munitionnaire général nommé par le roi. En 1648, toutes ces fournitures, qui, jusqu'alors, avaient pesé sur les habitants, furent faites au compte du gouvernement. Depuis 1831, ce service, qui a éprouvé de grandes variations , se réduit aux fournitures par adjudications annuelles arec publicité et concurrence. Le personnel des vivres et fourrages se compose de 362 officiers d'administration des subsistances milii air es, dont 12 principaux, 160 comptables divisés en deux classes, 90 adjudants en premier et 100 adjudants eo second.
Humons. On désigne, sous ce nom, tout ce qui constitue l'approvisionnement des troupes en garnison , en campagne et dans les places de guerre. Cet approvisionnement consiste en munitions de bouche , c'est-à-dire , en vivres de toute nature pour la subsistance des hommes et des chevaux; en munitions de y uerre ) comprenant les poudres, les cartouches et les gargousses, les bouches à feu, les armes portatives, et les projectiles.
Oo donne le nom de fusils de munition aux fusils dont les modèles ont été adoptés par le gouvernement ; le pain de munition est celui qui a été fabriqué dans les magasins de l'État (manutentions), pour le service des troupes.
Musstb» (traité de); voyez W est- Mali e.
Mubat, Muratum, petite ville d'Au- Teriof , aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département du Cantal ; elle était défendue au moyen âge par un château fort que Charles VI confisqua au profit de Jean, seigneur de llsle.
Reuaud II, vicomte de Murât, furieux de se voir dépouillé, reprit son château et s'y détendit pendant onze mois en désespéré; Bernard d'Armagnac Yw
ût enfin prisonnier, et Louis XI Gt raser, en 1477, ce château, qui, rebâti plus tard, fut encore détruit par Louis XIII, en 1633. On compte aujourd'hui à Murat 3,000 habitants. >
Mubat (famille de). Voy. Zâmet.
Murât (foachim), né le 25 mars 1771, au village de la Bastide-Fortunière, département du Lot, était fils d'un aubergiste. Il fit ses humanités au collège ae Cahors , et ses parents , qui le destinaient à l'état ecclésiastique , l'envoyèrent ensuite à Toulouse pour y étudier le droit canon; mais, un beau jour, il s'enrôla dans le réçiment des chasseurs des Ardennesqui passait par cette ville , et bientôt il fut fait maréchal des logis. Renvoyé de ce corps pour insubordination, il entra en 1791 dans la garde constitutionnelle de Louis XVI, et , en 1792, au licenciement de cette sarde, il obtint une sous-lieutenance dans la ligne, et se montra partisan si enthousiaste de la révolution, qu'il sollicita, dit-on, quand Ma rat fut tombé sous le poignard de Charlotte Corday, l'autorisation de substituer à son nom celui du fameux tribun.
Des opinions aussi prononcées, jointes à la bravoure et aux talents dont il donna de nombreuses preuves à l'armée des Pyrénées occidentales, lui valurent promptement le grade de colonel.
Destitué comme terroriste après le 9 thermidor, mais réintégré en octobre 1795, il servait en 1796 à l'armée d'Italie, lorsque Bonaparte vint prendre le commandement de cette armée. Nommé aussitôt aide de camp du général en chef, il se fit remarquer aux journées de Dego, de Ceva et de Mondovi ; fut ensuite chargé de porter au Directoire les drapeaux pris sur les Austro-Sardes, revint à l'armée avec le jçrade de général de brigade, et se couvrit de gloire dans presque toutes les affaires qui signalèrent la suite de cette campagne et celle de 1 797. Nous citerons particulièrement le siège de Mantoue, les combats de Roveredo et de Saint-George , le passage du Tagliamento , enfin le combat de Gradisca.
Emmené en Egypte par Bonaparte , il déploya la plus grande valeur a la prise d'Àlexanarie et à la bataille des Pyramides, fut blessé à ces deux ai*
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L'UNIVERS
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faires ? et y gagna le grade de général de division. En 1799 , dans l'expédition de Syrie, on le voit encore se distinguer successivement au combat de Gaza , à l'assaut de Jaffa , au siège de Saint-Jean d'Acre , à l'affaire du pont dTacoub, enfin à la bataille du Mont-Thabor. Le lendemain de cette célèbre victoire, Murât se rendait maître des magasins deTabarieh,où il trouvait des provisions si abondantes qu'on calcula qu'elles pouvaient nourrir l'armée pendant un an. Quand l'armée eut regagné le Caire, Murât alla dissiper quelques rassemblements d'Arabes, vers le lac Natron , puis le 25 juillet, il sè trouva à la bataille d'Aboukir. Il fit dans cette journée des prodiges de bravoure, et il y déploya autant d'habileté que d'audace. Après avoir coupé aux Turcs la retraite vers leurs vaisseaux, il s'empara de leur camp et pénétra même jusqu'à la tente de leur commandant en chef. Mustapha s'élança vers lui , lui tira un coup de pistolet et l'atteignit audessous de la mâchoire inférieure; mais le général, d'un coup de sabre, abattit deux doigts de la main droite du pacha, et le fit prisonnier. Enfin la réputation de Murât devint si grande en Égypte, que Mourad-Bey s'enorguei Disait de porter à peu près le même nom que lui.
Admis dans la confidence de Bonaparte et dépositaire de ses projets am- Litieux, Murât revint avec lui en France, et le seconda énergiquement dans la journée du 18 brumaire. Ce fut lui qui , à la téte de soixante grenadiers, entra dans là salle des Cinq-Cents, et
Ïirononça la dissolution de ce conseil, lonaparte, pour l'en récompenser, lui «tanna la main de sa sœur Caroline et le commandement de la garde consulaire. Attaché , en 1800 , à l'armée de réserve, il y montra la même intrépidité que dans les campagnes précédentes, pénétra dans Verceil de vive force, s'empara de Novarre , franchit le Tésin , et entra dans Milan après un combat meurtrier. Il passa ensuite le Pô, occu*
Ïia Plaisance, commanda toute la cavaerie de l'armée à la célèbre bataille de Marengo, et contribua puissamment à la victoire de cette journée. Investi en 1801, du commandement d'une expédition contre le royaume de flapies , il
fit évacuer aux Napolitains tout le territoire des États de l'Église, et signa le 6 février l'armistice de Foligno , à la suite duquel la paix fut conclue à Florence avec le roi des Deux-Siciles.
Murât eut ensuite ordre de prendre possession de l'Ile d'Elbe, que le roi cédait à la France, mais qui était occupée en partie parles Anglais; et il travaillait à débloquer Porto-Ferrajo , lorsque la signature des préliminaires de paix avec l'Angleterre amena l'entière évacuation de cette fie par les troupes anglaises.
De retour à Paris, il ne tarda guère à entrer au Corps législatif ; et. dès la première année de l'empire, il devint successivement maréchal, nrinoe, grand amiral, et grand-aigle de la Légion d'honneur. Dans la campagne de 1805, contre l'Autriche, il dirigea les opérations de la cavalerie , força le corps du général Werneck à mettre bas les armes dans Langenau, et entra dans Vienne le 11 novembre. Il défit, au combat d'Hollabrunn, un eorps russe très-nombreux, et concourut puissamment à la mémorable victoire a' Austerlitz. Créé grand-duc de Clèves et de Berç, en 1806 , il se concilia l'affection de ses sujets par une administration douce et paternelle , et par le respect qu'il montra pour les mœurs et les usages des Allemands. A l'automne de Tannée 180f>, il eut encore , lorsque la grande armée marcha contre les Prussiens et les Russes, le commandement de toute la cavalerie, et l'activité de ses manoeuvres, la rare intrépidité qu'il déployait dans toutes les occasions , contribuèrent beaucoup aux succès d'Iéna .
Il poursuivit ensuite les débris de l'armée prussienne jusqu'à Stettin, força le prince de Hohenlohe à capituler, entra dans Varsovie, le 28 novembre; enfin, il fit de nouveaux prodiges de valeur aux batailles d'Eylau et deFriedland.
Après la paix de Tilsitt , il reçut le commandementde Parméegue Napoléon destinait à la conquête de l'Espagne. Il parvint à Madrid, le 26 mars 1808, et décida tous les membres de la famille royale, les uns après les autres, à entreprendre le voyage de Bayonne. On sait que lorsqu'ils eurent mis le pied en France, Napoléon ne tes en laissa plus sortir. Quand les habitants de Ma-
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drid connurent le secret de cette comédie , ils s'insurgèrent, et plusieurs centaines de nos compatriotes périrent assassinés. Murât eut bientôt réprimé le désordre, bientôt puni les assassins ; mais le signal était donné , l'Espagne entière se souleva, et les troupes françaises furent aux prises de toutes parts. Murât dirigea les opérations militaires jusqu'en juillet , époque où Joseph, frère aîné de Napoléon , vint occuper le trône espagnol; puis, nommé lui-même roi des Deux-Siciles , il alla prendre de ses États, et se lit prosous le nom de Joachim-Napo- Jéon.
On a beaucoup ridiculisé le goût de Murât pour la parure , le plaisir qu'il trouvait à se montrer en public avec l'appareil d'un vrai roi de théâtre, l'affectation qu'il mettait même à ne paraître sur les champs de bataille qu'accoutré d'un magnifique costume et coiffé d'une toque noire que surmontait une longue plume blanche : c'était au point que les soldats lui avaient donné le sobriquet de Franconi. Eh bien, si Murât réussit tout d'abord auprès des Napolitains, ce fut par son air martial , par le faste qu'il déploya , par les pompes , les cavalcades et les brillantes cérémonies qui signalèrent son arrivée à Naples.
Du reste , il se montra plein de bonté et de modération pour ses nouveaux sujets ; il fit pour eux plus que tous les rois ses prédécesseurs , et mérita réellement leur amour. Ainsi , l'armée napolitaine , quand il monta sur le trône, ne se composait que de quinze ou seize mille brigands , mal vêtus , mal commandés , mafdisciplinés : peu à peu il la porta a 70,000 hommes de belles troupes. Il mit la cavalerie, l'artillerie, le génie, dans ? état le plus brillant, etla marine obtint les mêmes améliorations» Il opéra aussi d'heureux changements dans l'administration civile ; enfin il encouragea les lettres et les sciences.
Malheureusement, Murât joignait à d'énrinentes qualités une faiblesse de caractère qui le mettait sous la dépendance presque absolue de sa femme. Cé- \a\t elle qui l'avait poussé à ambitionner un trône ; dès qu'il fut monté sur celui de Naples, elle l>Xcita à répudier la tutelle de Napoléon. Cédant a ses
prières, Murât, au bout de quelques années , voulut se passer de l'appui de la France, et demanda l'éloignement des troupes françaises. Cette demande fut mal accueillie. Il voulut alors obliger les étrangers , employés dans son royaume, à se faire naturaliser Napolitains , ou à renoncera leurs places. Un décret de Napoléon rappela au roi de Naples son origine : «Considérant, y «est il dit, que le royaume de Naples «fait partie du grand empire, que le « prince qui règne dans ce pays est sor- «ti des rangs de l'armée française, «qu'il a été élevé sur le trône par les « efforts et le sang des Français , Na- « poléon déclare que les citoyens français « sont de droit citoyens du royaume des « Deux-Siciles ». Ce décret fut un coup de foudre pour Joachim; dans son de pit , il différa de célébrer la téte du roi de Rome, ne porta plus la Légion d'honneur , se retira dans son palais de Capo-di-Monte, et y tomba malade.
La guerre qui éclata en avril 1812 entre la France et la Russie, mit enQn un terme à ces querelles de famille.
Napoléon crut ne pouvoir se passer de Murât; Murât, de son coté, ne put résister à l'invitation de l'empereur qui l'appelait de nouveau au commandement de la cavalerie. Il déploya
trowno, à la bataille de la Moskowa, et dans presque toutes les opérations qui précédèrent la prise de Moscou; mais au mois d'octobre, il essuya, près de Winkowo, à vingt lieues en avant de cette ville , une sanglante déroute.
Pendant la désastreuse retraite, il commandait l'escadron sacré qui formait la garde de Napoléon. L'empereur , quittant l'armée, lui laissa le commandement en chef. Mais, atterré par ces revers , il avait perdu toute énergie ; il commit la faute inexcusable d'abandonner, par sa fuite précipitée, aux Russes, en butte aux mêmes souffrances que les Français, les immenses magasins rassemblés à YVilna. Le 8 janvier 1813, il remit lui-même au prince Eugène le commandement des débris de la grande armée, épars dans la Prusse, et partit brusquement de Posen pour retourner à Naples.
La conduite de Munit dans cette
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MURAT
conjoncture lui fut sans doute dictée par la crainte de perdre son trône , et probablement il méditait déjà de trahir Napoléon qui ne pouvait plus lui garantir sa couronne. Sans aucun doute , il fit vers cette époque des ouvertures à l'Autriche. Toutefois, comme les premiers événements de la campagne de 1813 furent favorables à Napoléon , il rejoignit bientôt l'armée française , et prit part aux journées de Dresde , de Wacnau et de Leipzig ; mais , quatre
{'ours après la perte de cette dernière )ataille, il s'éloigna de Napoléon, sous prétexte d'aller lever des troupes en Italie, afin de venir à son secours, mais, en réalité, pour aviser aux moyens, quels qu'ils fussent , de prolonger sa propre existence royale. Bientôt, en effet, cédant aux instances de sa fémme,cédantsurtout aux conseils de touché, qui était alors relégué en Italie, il renoua ses négociations avec les ennemis de la France , et ëigna , les 6 et 11 janvier 1814, deux traités avec l'Angleterre et l'Autriche, par lesquels il s'engageait à joindre trente mille hommes de ses troupes aux -armées alliées. On lui garantissait, pour prix de sa trahison envers son ancienne patrie et son bienfaiteur, la possession du royaume de Naples et la cession de quelques provinces des États de l'Église.
Au mois de février, il se mit en marche, s'empara de Reggio, et arriva sous les murs de Plaisance. Son mouvement força l'armée franco-italienne, commandée par le vice-roi , à se replier sur l'Adige et à ne plus agir que défenaivement. Toutefois , dans le reste de la campagne, il ne cessa, par son inactivité d'abord , et bientôt par des manœuvres combinées adroitement, de contrarier les principales opérations de ses allies. C'était , d'une part , qu'il avait appris avec un étonnement mêlé de crainte les succès inattendus obtenus par Napoléon dans les plaines de la Champagne; c'était, de l'autre, croyons- Je, qu'il en coûtait à son cœur de combattre les Français.
Quoi qu'il en soit, la chute du trône impérial vint aggraver encore la position déjà fort critique de Murât. Tontes les branches de la maison de Bourbon déclarèrent qu'elles refusaient de le reconnaître comme roi de Naples. Que fit-il
alors? Il porta son armée au complet, il chercha à se créer des partisans parmi les hommes éclairés de l'Italie qui attendaient avec impatience le moment où ils pourraient soustraire leur pays au joug odieux de l'étranger; enfin il essaya de rentrer en grâce auprès de Napoléon; et quand il sut que l'empereur s'était échappé de l'île d'Elbe, avait débarqué à Cannes , traversé Grenoble et Lyon, fait son entrée à Paris, il se hâta de lui prêter une coopération efficace. Son armée, forte de quarante mille hommes d'infanterie et de huit mille chevaux, avait déjà franchi les frontières du royaume de Naples, lorsqu'il reçut l'avis des dispositions favorables du cabinet de Londres. Cet avis venait trop tard. Le 30, il commença les hostilités contre les postes autrichiens dans la Légation , et publia le même jour , à Rimini , une proclamation qui appelait les peuples d'Italie à l'indépendance. D'importants succès signalèrent son entrée en campagne, et , obtenus au nom de la liberté, ils excitèrent un vif enthousiasme chez tous les Italiens. Les monarques coalisés prirent l'alarme , et , le 21 avril , un de leurs plénipotentiaires fut chargé de donner à Murât l'assurance de sa conservation sur le trône , s'il s'unissait à la confédération européenne contre Napoléon.
•// n'est plus temps, s'écria le roi de Naples , f Italie veut être libre, et elle le sera.» Partout, en effet, on l'accueillit en libérateur.
Malheureusement il crut devoir , sur la demande du chef des forces an-
§laises, respecter le territoire du roi e Sardaigne, allié de l'Angleterre, et cette condescendance le perdit. Forcé de tenter le passage du Pô à Occiho- Bello, il échoua, et le général anglais , qui sans doute attendait ce moment pour lever le masque de médiation dont il s'était couvert, annonça alors qu'il avait reçu de son gouvernement Tordre de joindre ses forces à celles des généraux autrichiens. Murât dut songer à la retraite. 11 se replia par la Marche d' Ancône ; poursuivi par les troupes des généraux Bentinck , fiianchi , Frimont et Neupperg, il fut atteint le 2 mai près de Tolentino , accepta la bataille, et essuya une défaite complète. Les combats de