PHILIPPE II L'UNIVERS. PHILIPPE II
toujourgappartenn, était anonyme avant Philippe Ier.
Philippe-Auguste changea tout cet ordre de choses ; il établit que dorénavant on ne frapperait dans ses domaines d'autres espèces que des tournois et des parisis. A défaut des textes et des historiens, qui se taisent à ce sujet, les monuments sont là pour nous l'apprendre, et nous prouver en même temps que cette idée ne vint au roi que vers In moitié de son règne, c'est-a-dire en 1200, à l'époque de sa plus grande puissance; auparavant il s'était contenté de suivre le chemin tracé par ses prédécesseurs. On le voit, en effet, en f 187 et en 1195, s'engager avec les bourgeois d'Orléans et de Saint-Quentin à ne pas changer leur monnaie durant sa vie, et à une autre époque, accorder à l'abbé de Corbie la libre circulation des cs-
Sèces de son abbave sur les terres qui épendaientde la couronne, à la condition que les monnaies royales jouiraient du même privilège dans les domaines de l'abbaye. Enfin, ce qui prouve mieux enrore cë que nous avons dit, c'est que Philippe-Auguste, setant emparé de Deols et de Châteauroux, pendant ses guerres avec Richard, déposséda de son atelier, dans la dernière de ces deux villes, le seigneur,Raoul dcCbnvigny. et y frappa deux deniers au type royal". La monnaie deoloise portait d'un coté •+badvlfvs autour d'une croix, et de l'autre, dedolis autour d'une étoile à six pointes; Philippe se contenta de substituer son nom à celui du baron dépossédé, et frappa la pièce suivante : -f- filipvs, autour d'une croix ; dedolis, autour d'une étoile à six pointes. Cela se passait avant 1 199, époque où il rendit à la maison de Chavigny son ancien domaine.
Après 1204, il agissait bien autrement, comme on va le voir; mais, avant tout, il faut signaler un fait assez singulier, c'est que Montreuil et Paris sont les seules villes de ses domaines héréditaires dont on ait des deniers (*); Mantes, Pontoise, Étampes, Orléans, Château-Landon , où il avait des ateliers ,
(*) De toutes les monnaies décrites par Leblanc sous le nom de Philippe-Auguste, les seules qui lui appartiennent sont celles d'Arra», de Montreuil et de Saint-Omer.
n'ont pointiburni de pièce à son nom, et à partir de cette époque, les noms de ces villes disparaissent pour tonjours de la légende des deniers ; il en est de même de Bourges, dont le nom ne se rencontre de nouveau que sous Philippe le Bel ; nous ignorons la cause de ce fait; mais il surprendra moins, lorsqu'on saura que les deniers parisis de Philippe II, qui étaient inconnus il y a cent ans , sont aujourd'hui fort communs, et qu'il en est de même, à la rareté près, de ceux de Péronne. Pour nous, il nous paraît certain, quoiqu'on en ait dit, qu'il a été frappé des deniers à Orléans au nom de Philippe-Auguste, et il ne nous semble pas imposa it qu'on les trouve tôt ou tard , . ainsi que ceux de Mantes, Pontoise, Etampes, etc. En attendant, les lieux dont on a des deniers marqués au non» de Philippe-Auguste, sont, outre Deols:
Paris, Péronne, Arras, Montreuil,»- Orner, Tours et Rennes; les pièces des cinq premières de ces villes portent le type parisis; celles des deux dernières.k type tournois; en voici la description : 1° philippvs Rsxen légende; dans le
champ * ; ijî. — pabisiicivis, autour
d'une croix à branches inégales. * Mime tvpe i u droit , a-, — pbbonne. nutour d'une croix cantonnée. 5* Mfo»
tvpe au droit; r\— a rrasci vis, autour d'une croix cantonnée, au l*r et au -f canton , d'une fleur de Ils. 4* Même tvpe au droit; rJ.—montrbvl, autour d'une croix cantonnée, au 2* et an T canton, d'un besant. Même type au
droit; seulement les mots ™J y sont
séparés par deux crosses ; a*. — seist hombb ; croix à branches égales dans le champ. 6° + tvronvs civis, autour d'un châtel tournois ; a» — ?■!• ltppvs hex , autour d'une croix J branches égales. 7° philippvs »n< autour d'une croix à branches cgaîei ;
R1. — REDONISCÏY1S, autOUT d'Uil îcM*
tel tournois.
Si Ton compare les unes aux autre les pièces de Philippe II qui nous Testent, on verra que, comme nous YsfM* dit, à partir du treizième siècle, * 1200 à 1210, les monnaies frappée* dans l'ouest de son royaume preurn£t