PHILIPPE VI FRANCE. PHIUPPE VI
Philippe, prétendu roide France (1 337).
a lors commença la seconde période du règne de Philippe VI. Édouard , dans cette lutte acharnée , se montra supérieur à son rival et comme guerrier et comme politique. Philippe , inhabile dans la tactique militaire , ignorant les premiers principes de l'administration , n'avait que le vernis brillant d'une chevaleresque mais inutile valeur, et d'une ruineuse magnificence. Les forces étaient totales. On méprisa la médiation du saintsiège, et le premier sang fut répandu à Cadsand , que les Anglais détruisirent de fond en comble (1338). L'année suivante, les forces de l'Angleterre se portèrent vers les Pays-Bas, celles de la France contre la Guienne, où elles remportèrent des avantages signalés , tandis qu'Édouard faisait une tentative inutile dans le Cambrésis et le Vermandois. Mais, en 1340, la flotte française qui menaçait les côtes de l'Angleterre fut anéantie à la bataille de l'Ecluse ; Édouard envahit une seconde fois le royaume, et échoua encore devant Tournai. Les deux partis avaient besoin de repos; ils conclurent une trêve. Elle fut rompue eu 1342, à l'occasion des troubles de Bretagne, où Philippe soutenait Charles de Blois contre Jean de Montfort. L'Anglais se déclara pour ce dernier, envoya pour le soutenir Robert d'Artois, qui périt au siège de Vannes, vint à son tour en Bretagne , et après d'inutiles efforts consentit à une nouvelle trêve (1343). La France avait résisté deux fois du côté de la Flandre et du côté de la Bretagne; mais les impolitiques et odieuses cruautés de Philippe VI envers les seigneurs bretons donnèrent 5 Édouard de nouveaux partisans. Conduit par le traître Geoflroy d'Harcourt, il envahit le royaume par la Normandie , et cette troisième attaque réussit pleinement (1346). L'armée anglaise s'avança jusqu'à Paris, ravaeant tout sur son passage. Cependant, à approche du roi , qui avait réuni une armée de 70,000 hommes, Édouard se replia vers la Flandre qui armait en sa faveur. Atteint dans sa retraite et forcé de combattre, il gagna la célèbre bataille de Crécy qui fut suivie de la prise de Calais, que les Anglais conservèrent plus de deux cents ans, et
par ou ils entrèrent tant de fois dans le royaume (1347). Philippe de Valois, abaissé à son tour, obtint une trêve qui lui permit d'achever paisiblement son règne devenu si désastreux pour la France. Il trouva une compensation de sa défaite dans l'acquisition du Dauphiné et du comté de Montpellier, qu'il acheta, le premier, de Humbert aux Blanches-Mains, le second de don Jayme H, roi de Majorque. Puis, affaibli par les folies d'un nouveau mariage avec une jeune épouse, il mourut le 22 août 1350, léguant à son successeur Jean le Bon un royaume épuisé et une position bien difficile à tenir en face d'un ennemi triomphant.
Philippe VI (monnaies de). Sous le règne orageux de Philippe de Valois, on oublia le sage conseil que Philippe le Bel avait donné à son fils, et, au grand détriment du peuple et du trésor public, les monnaies subirent de grandes altérations. De temps en temps, il est vrai, le roi revint à la forte monnaie ; mais il était bientôt forcé d'affaiblir de nouveau les espèces, et ces fluctuations aggravèrent encore la misère générale.
Jamais, en aucun temps, on ne frappa autant d'espèces d'argent; on en compte jusqu'à dix: des royaux , des couronnes . des parisis , de doubles royaux , des deniers d'or à /Vcw, des anges , des lions, des chaises^ des pavillons et des florins Georqe.
Les royaux , les doubles royaux et les chaises sont, pour le poids, à peu près la même chose que les pièces de même nom et les masses dont nous avons parlé sous le règne de Philippe leJBel; mais ils en diffèrent pour le type; sur le royal ou longvestu , comme disait le peuple, le roi est représenté sous une arcarde gothique, tenant d'une main un sceptre et ayant l'autre main appuyée sur sa poitrine ; pour légende on y lit : phs. bex fbacor. Au revers se voit la légende ordinaire de l'or xpc vincit, autour d'une croix fleuronnée , dans un cartouche. Le double royale plus grand , présente le roi assis sur une chaise gothique, la couronne en tête, tenant deux sceptres; autour on lit : ph : dei : gbà : fbanc : bex : le revers est à peu près semblable au précédent, et il n'en diffère qui