PHYSIQUE L'UNIVERS. PHYSIQUE
nettes , qui date du siècle suivant. Ce fut vers la même époque que la boussole ( voyez ce mot ) , qui devait avoir une si grande influence sur la civilisation des temps modernes, fut apportée en Europe et perfectionnée.
La marche de la physique fut aussi lente que celle des autres sciences jusqu'au commencement du dix-seutieme siècle. O fut seulement à cette époque
?ue les phénomènes de la vision et arc-en-ciel que Maurolico de Messine, Porta et Antoine Domitien avaient étudiés sans beaucoup de profit dans le siècle précédent, furent , ainsi que les lois de la réfraction, expliqués par Descartes, dans sa Dioptrlque. L'invention du microscope et du télescope fut la conséquence de ces premiers progrès.
La perspective, qui est aussi une branche de la physique, est une création de la fin du seizième siècle; nous devons citer, comme y ayant participé par leurs découvertes et leurs ouvrages, Jean Andouillet de Cerneau; Salomon de Caus, qui avait aussi découvert la force élastique de la vapeur et entrevu la possibilité de tirer parti de cet agent; et le peintre Jean Cousin.
La plus grande découverte en physique du dix -septième siècle est celle de la pesanteur de l'air. Elle est due aux recherches de Galilée, de Torricelli , et surtout de Pascal. On connaît la célèbre expérience par laquelle l'auteur des Provinciales anéantit le système de Y horreur du vide; et n'e«t pas son seul titre comme physicien : son Traité de l'équilibre des liqueurs est le premier ouvrage méthodique et vraiment original qui ait paru sur l'hydrostatique.
La découverte de la loi qui porte le nom de Mariotte appartient aussi au dix-septième siècle ; ce physicien, à qui l'on doit de curieuses" expériences sur l'hydrostatique et sur la résistance des matériaux , démontra que les pressions des gaz sont inversement proportionnelles aux volumes qu'ils occupent ; et cette loi, qui est applicable à tous les corps gazeux, a été vérifiée, dans ces derniers temps, pour les vapeurs.
Au commencement du dix-huitième siècle, Amontons ^ qui venait de faire les premières expériences que l'on ait
essayées sur le frottement (*) , construisit notre premier thermomètre, que Réaumur perfectionna en 1730. La graduation de cet instrument était va-
§ue et incertaine : Réaumur lui donna eux termes fixes ; et il les détermina par la température de la glace fondante, que Newton avait trouvée invariable, et par celle de l'eau bouillante, dont Amontons avait aussi démontré l'invariabilité dans certaines circonstances.
Au commencement du dix-huitième siècle, les physiciens modifièrent leurs méthodes : ils ne prirent plus que l'ex-
f)érience pour base de leurs travaux, et a science , conduite par une meilleure voie, n'en fit que de plus rapides progrès. Nous voyons en France, vers le milieu de ce siècle, le Roy et Saussure fonder l'hygrométrie, inconnue avant eux, et, quelques années plus tard, lesfreres Monlgoffier inventer les aérostats.
Ils lancèrent leur premier ballon à Anoonay en 1782, et, quelque temps après, fflatre de Rosier et Dar landes osèrent se faire enlever dans les airs par un semblable ballon; enfin, un peu plus tard, la montgolfière, après avoir servi à la guerre, transportait à une hauteur de plusieurs milliers de mètres MM. Btot et Gay-Lussac, qui allaient expérimenter dans l'espace , sur la loi de décaissement des forces magnétiques du globe à de grandes hauteurs. A la fin du dix-huitième siècle, la théorie de la résistance des fluides, dont Dubuat et Bossut avaient posé les fondements; la science de l'électricité et la théorie des frottements, entrevue par Amontons, restaient à compléter : l'honneur en était réservé à Coulomb , le plus ingénieux de nos physiciens expérimentateurs , auquel la science doit eu outre de nombreuses expériences sur la résistance des matériaux.
A la môme époque, Lawisier et Laplace mesuraient, à l'aide d'un calorimètre de leur invention, le calorique spécifique de tous les corps.
C'est aussi de la fin du dix-huitième siècle que date l'invention des machines à vapeur. La théorie de la chaleur, que
(*) Parent et Cmmiu «joutèrent dVpui< aui résuliats obtenus par Amontons, et creertat la théorie des frottements.