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L'UNI VERS. PICARD

nomma ensuite son chancelier. Il mourut en 1584, laissant plusieurs ouvrages,dont le plus célèbre est intitulé : Cinquante quatrains contenant des préceptes et enseignements utiles pour la vie de t homme, composés à Cimitation de Phocilides, Epicharmus et autres poètes grecs, Paris, 1574, in-4°.

Picabd (Bernard), fils d'Étienne Picard, dit le Romain, graveur à qui Ton doit des planches encore recherchées des amateurs, naquit à Paris en 1663; il profita des leçons de son père, qui avait longtemps "habité l'Italie, et se fit rapidement une brillante réputation comme graveur et dessinateur.

D'une grande habileté de main, d'une grande fécondité d'invention, il abusa malheureusement de son travail facile pour accroître sa fortune aux dépens de son talent, au point que les connaisseurs n'estiment réellement de lui que ses premières pièces. Il a compose plus de 1 300 planches , parmi lesquelles beaucoup ont été exécutées pour les libraires d'Amsterdam, ville dans laquelle son père avait fixé son séjour. La manière léchée qu'il avait adoptée pour plaire aux amateurs hollandais ne contribua pas peu à lui gâter la main. On cite parmi ses ouvrages les plus remarquables les portraits de son père, de Roger de Piles, du prince Eugène ; ses Epithalames; le Temps qui découvre la vérité; les beraers d'Arcadiey d'après le Poussin; enfin, sa pièce capitale, le Massacre des Innocents, gravée d'après un dessin de sa composition. Il exécuta aussi un grand nombre de petites pièces, où il réussit à imiter le taire de Rembrandt de manière à tromper plus d'un connaisseur. Il avait, du reste, une grande facilité pour imiter tous les maîtres. Il mourut à Amsterdam en 1733.

Picabd (Louis-Benoît), lefplus fécond et le plus gai des auteurs comiques de notre époque • naquit à Paris en 1769. Fils d'un avocat au parlement, il suivit quelque temps le barreau; mais bientôt, porté vers le théâtre par un penchant irrésistible , il abandonna une carrière pour laquelle il ne se sentait

Sas de vocation, et se livra entièrement l'étude des lettres, et surtout de l'art dramatique. Ses premières pièces réus-

sirent peu cependant, et la première qui

obtint un véritable succès fut l'opéra comique des f isitandines (1793). Cette pièce , la plus jolie de celles où l'on a exposé les couvents sur la scène, avait été refusée par le comité du théâtre Favart ; elle fut représentée au théâtre Feydeau , et s'v maintint jusqu'à l'époque où il ne fut plus permis de plaisanter en France sur les moines et sur les religieuses. Elle fut cependant reprise, en 1825, sous le titre du Pensionnat de jeunes demoiselles ; et , quoi* qu'elle eût perdu aux changements que

I auteur avait été forcé d'y faire, presque tout le comique des situations, des mots et des contrastes, elle obtint encore, grâre aux circonstances au milieu desquelles on se trouvait , un véritable succès de vogue.

Les F'isitandinrs avaient fondé la réputation de Picard; bientôt, son goût pour l'art dramatique devenant une véritable passion, il ne se contenta plus de fa ire des comédies, il voulut en jouer, et il débuta comme acteur, en 1796, au théâtre Lou vois, dont il prit la direction. La salle de l'Odéon lui ayant été concédée en 1801, il y continua ses triples fonctions d'auteur, de directeur et d'acteur, et ce fut alors qu'il obtint ses plusbeaui triomphes littéraires. Cependant l'espoir d'entrer à l'Institut lui fit quitter la profession de comédien, et il fut en effet admis, en 1807, dans laî* classe (Académie française). Il obtint,

fieu de temps après, la décoration de a Légion d'honneur et l'administration du grand Opéra, qu'il quitta, en 1816, pour reprendre celle de l'Odéon. L'incendie de ce théâtre (20 mars 1818) le força de se transporter avec sa troupe au théâtre Favart; mais il revint encore, en 1820, à l'Odéon, qui reçut alors le titre de second Théâtre-Français.

II n'y resta pas longtemps, se retira, en 1821, avec une pension, et mourut, à Paris, en 1828.

Les ouvrages dramatiques de cet auteur montent à plus de quatre-vingts, dont soixante-six comédies, sept opéras comiques et huit vaudevilles. Les plus remarquables sont" avec les ï isitandi; nés, que nous avons déjà citées, Médiocre et rampant (1797) ; Du Haut Cours ou le Contrat d'union (1801);

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