PICARDIE FRANCE. PICARDIE
te Conteur ou les Deux postes (1793) ; le Collatéral ou la Diligence à Joigny (1799); M. Muzardou Comme le temps passé (1803); les Capitulations de conscience (1 809) ; les Marionnettes ( 1 806); tes Ricochets (1807); l'Ami de tout le monde (1807). On a imprimé le Théâtre de L.-B. Picard, 1821-23, en 10 vol. in-8°.
Picardie. Du temps de César, les pays dont se composa plus tard la Picardie étaient habités par les Ambiant, les Peromandui , les Morini, les Sritanni; ils furent, sous le règne d'Honorius , compris dans la seconde Belgique; puis, de la domination des Romainsjlspassèrentsouscelledes Francs, et furent au nombre des premiers que ces peuples occupèrent dans la Gaule. On dit même que Clodion fit d'Amiens la capitale de ses États , et que Mérovée, ainsi que Childéric,, ses successeurs, l'imitèrent en cela. Quoi qu'il en soit de cette opinion, que des auteurs ne partagent pas, il n'en est pas moins certain que dès les premiers siècles de la monarchie, les pays dont nous parlons firent partie du domaine de la couronne.
Vers Tan 818, Louis le Débonnaire y établit des comtes, qui, peu soumis pendant son règne, finirent, après sa mort, par méconnaître l'autorité du roi et se déclarer indépendants. Il y eut donc des comtes de Ponthieu, d'Amiens, de Vermandois,de Boulogne, des seigneurs de Guise, etc.; et,aux environs, des comtes d'Artois, de Guisnes, de Safnt-Poi, de Soissons , du Vexin, de Valois, etc. Toutes ces petites souverainetés rentrèrent successivement au domaine royal, puis en furent encore distraites, et y furent de nouveau incorporées, lorsque le roi fut devenu le seul seigneur terrien du royaume, et que, sauf les droits des propriétaires de biens -fonds et de justices, son domaine se composa de la totalité de la France.
Lors de l'ancienne division territoriale de notre pays , la Picardie , composée de la réunion de toutes les petites souverainetés dont nous venons de parler et de quelques cantons dont nous parlerons plus bas , était une province et un gouvernement général militaire, qui avait Amiens pour capitale. Elle était enclavée entre les provinces d'Ar-
tois et de Flandre, au nord ; de l'Ilede-France, au midi; et de la Champagne, à l'orient. A l'occident, elle était bornée par la Manche et la Normandie.
Elle avait environ quarante lieues de longueur, de l'orient à l'occident. Sa largeur, assez inégale, était d'environ quinze lieues entre Fromeries et le Bucquoy, où elle était le plus considérable; ailleurs elle était beaucoup moindre. On estimait à cinq cents lieues carrées sa surface territoriale.
Selon Fauchet (*), le nom de Picardie ne serait rien moins qu'ancien. Il prétend que Pierre de Blois est le premier qui s'en soit servi dans ses épîtres, et cet écrivain mourut en Angleterre en 1200. D'autres auteurs le font moins ancien encore, et disent que la première fois qu'il est parlé de Picards, c'est à l'occasion du tumulte arrivé a Paris, en 1229, entre les bourgeois de cette ville et les écoliers de l'Université, parmi lesquels ceux de Picardie furent considérés comme les agresseurs. Si ce fait était vrai, il prouverait que le nom de Picards existait déjà, quoiqu'il n'eût point encore été écrit.
Que cela soit ou non véritable, nous avons la preuve que, dès le milieu du treizième siècle, il existait une province de France qui portait le nom de Picardie. Le maréchal Édouard de Beaujeu, dans un compte que lui rendit, en 1250, Barthélémy du Drach , trésorier des guerres, est qualifié capitaine pour le roi ês parties de Picardie, de Boulogne et de Calais. Plus tard ce nom reparut plus souvent. Dans des lettres du 5 février 1350, Charles de Montmorency se dit capitaine général pour S. M. sur les frontières de Flandre et de. la mer, et de toute langue picarde; et, l'année suivante, 1351, le connétable Charles de Castille prend le titre de lieutenant pour le roi, és parties de Picardie, de Boulogne et de Calais.
L'étymologie du mot Picard a donné lieu à plusieurs recherches qui ont aine-* né des résultats entre lesquels on peut choisir. Des auteurs l'ont fait venir de Picardus, soldat armé de la pique, parce que, selon eux, les habitants des cantons dont on composa plus tard la Pi-
(*) D* la milice frança 'ue, liv. II, p. 53o.