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PICHEGRU

cardie, étaient habiles dans le maniement de cette arme. D'autres l'ont tiré de Begards, hérétiques du treizième siècle, condamnés, en 1312, au concile deRavenne, lesquels, de l'Allemagne où ils étaient fort nombreux, s'étaient introduits dans les provinces septentrionales de la France. D'autres, enfin, l'ontfaitdériverdu naturel vif et prompt des hommes auxquels on le donna; et ils prétendent qu en vieux français, le mot Picard veut dire querelleur, turbulent, etc. (*).

La Picardie s'accrut avec le temps de divers comtés et de diverses villes qui n'en faisaient point partie dans l'ori-

fine. On la divisait en haute et basse, llle contenait 13 pays, 9 dans la haute, savoir: 1° l'Amiénois , 2° le Santerre, 3° le Vermandois , 4° la Thiérache , 5* le Laonnois , 6° le Noyonnois , 7° le Soissonnois , 8* le Valois, 9* le Reauvoisis ; et 4 dans la basse, : 1* les pays reconquis, 2° le Boulounois, 3* le Ponthieu , 4° le Vimeux. On la divisait encore en haute, qui comprenait le Vermandois et la Thiérache; en moyenne, où se trouvaient l'Amiénois et le pays de Santerre; en basse, composée du Boulounois, du pays reconquis, du Vimeux et du comte de Ponthieu.

Lors de la division de la France en départements , la Picardie contribua à former ceux de la Somme, du Pas-de- Calais, de l'Aisne et de l'Oise.

Piccini (Nicolas), célèbre compositeur, naquit en 1728, à Bari , dans le royaume de Naples ; mais il eut une trop grande influence sur la musique française pour que nous puissions nous dispenser de lui consacrer un article dans ce recueil. Placé très-jeune au conservatoire de Sant'- Ono/rio , il débuta en 1754, dans la carrière dramatique, par un opéra bujfa , joué sur le grand théâtre de Naples. Le succès qu'il obtint deux ans après dans Vopéra séria de Zénobie , décida sa vocation; il se rendit à Rome, où il donna, en 1760, * la Cecchina de Goldoui , opéra plus

(') Voyez , »ur l'ancienneté et l'élymologie du mol Picardie , et »ur l'étendue de la contrée que ce nom parait avoir successivement désignée, VEosai sur l'origine des villes de Picardie, par M. Labourt , Amiens, 1840, in-8°.

connu en France sous le titre de la Bonne Fille. V Olympiade ajouta encore à sa réputation ; enfin, après un séjour de 15 ans à Rome, il quitta cette ville, retourna à Naples; puis, appelé

f>ar Marie - Antoinette , il quitta l'haie pour venir se fixer en France, où sa réputation l'avait devancé. Arrivé à Paris à la fin de 1776, il s'y lia particulièrement avec Marmontel, qui lui apprit le français; le Roland, de Quinault, retouche par cet académicien, servit à ses premières études, et il en composa la musique. I.a représentation de cet opéra éprouva de grandes difficultés; Gluck venait de donner Armide, et possédait alors toute la faveur du public : tout Paris prit part à la querelle qui s'engagea entre les deux artistes ( voy. Gluck, Musique et Opéra); enfin Gluck quitta la France; mais Piccini trouva un nouveau rival dans Sacchini. Quoi qu'il en soit, il donna successivement Jtys , Didon, Diane et Lndymion, Pénélope, et dans l'intervalle deux opéras comiques. Nommé en 1782 directeur de l'école royale de chant, il semblait devoir trouver le repos dans les loisirs de cette place, lorsque la Révolution de 1789 le priva de ses traitements. Le séjour de Paris lui pa; rut alors insupportable ; il retourna à Naples , y passa plusieurs années dans l'abandon et l'indigence, et, euOn, il revint en Fr mce dans les derniers mois de 1799. 11 obtint une pension du Directoire, et mourut à Passy en 1800, laissant plus' de 150 ouvrages dramatiques dont un seul est reste au théâtre, I opéra de Didon. Le caractère dominant de la musique de Piccini est une mélodie touchante , large et pure, un style clair, abondant et facile, une grande élégance de formes. Il désapprouvait le' luxe d'harmonie, et voulait que la voix conservât toujours sa suprématie ; c'est dire assez qu'aujourd'hui sa musique ne serait plus accueillie sur nos théâtres.

Pichegbu (Henri), né à Arbois, en 1761, fit ses études chez les Minime de cette ville, devint répétiteur de mathématiques à l'école militaire de Brienne, et là , donna à Bonaparte les premières leçons des sciences qu'il enseignait. Mais bientôt, ennuyé du prote*

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