MUSÉES L'UNIVERS. MUSÉES
jeure partie de morceaux remarquables enlevés à Pltalie. Mais, comme pour la galerie des tableaux, 1815 fut une année néfaste pour la galerie des antiques; on nous ravit alors Y Apollon du Belvédère et la Vénus de MèdiciSy ces deux chefs-d'œuvre de l'art antique. Cependant, malgré les spoliations de cette désastreuse époque , cette
galerie contient encore un grand nombre 'ouvrages du plus grand prix; il serait difficile d'énumérer tout ce qui mérite d'y attirer l'attention, et nous nous contenterons de citer la Diane chasseresse^ la t énus d Arles, la Vénus de Mito,
Y Antinous et Y Hermaphrodite. Cette collection, distribuée dans des salles remarquablement belles, est encore une des plus riches de l'Europe , et on y rencontre des produits de toutes sortes de l'art antique, candélabres, sièges, trépieds, sarcophages, cippes, urnes, rases en marbre et en bronze, etc., etc.
Une salle du rez-de-chaussée a été consacrée à l'exposition des sculptures des seizième, dix-septième et dix-huitième siècles. On y voit des ouvrages dus aux ciseaux de Jean Cousin et de Jean Goujon , et entre autres quelques sculptures qui faisaient autrefois partie de la Fontaine des Innocents^ et qui en ont été distraites lors du transport de cette fontaine du coin de la rue St- Denis, où elle était autrefois , à la place qu'elle occupe aujourd'hui. Citons aussi les Grâces de Germain Pilon , et le célèbre groupe de Canova représentant
Y Amour et Psyché.
Musée des antiques. Ce musée, connu d'abord sous le nom de Musée Charles X, parce qu'il fut mis en ordre et ouvert au public sous le règne de ce prince, renferme tous les monuments d'antiquité recueillis par nos savants, soit en Egypte, soit en Grèce, soit en Italie, et même en France. 11 est divisé en sept catégories.
1 ^Peintures, sculptures, hiéroglyphes des Égyptiens. C'est une des plus riches collections qui existent de monuments de l'antique civilisation égyptienne. Elle se compose de vases chargés d'inscriptions, de fragments de sarcophages, de plusieurs sarcophages entiers, de momies, defragmeuts de papyrus, de statues et statuettes de divinités en nombre
infini ; enfin, Ton y voit jusqu'à des fragments d'aliments trouvés dans les tombeaux. Champollion jeune a publié sur ce Musée une notice à laquelle nous renvoyons, notre cadre ne nous permettant pas d'entrer ici dans les détails.
2° Antiquités étrusques et grecques du premier style, c'est-à-dire antérieures au siècle de Périciès.
3° Antiquités grecques postérieures à Périciès.
4° Antiquités romaines antérieures à Constantin.
5o Antiquités du Bas-Empire.
6° Antiquités gauloises, germaines et bretonnes.
7# Antiquités gothiques.
Enfin , a la suite, se trouvent réunis une foule d'objets appartenant à l'histoire de l'art en France; des armures, des vases ciselés ; des faïences de Bernard Palissy, etc (*).
Musée du Luxembourg.
Ce musée était originairement composé des tableaux de Rubens, représentant l'histoire de Henri IVetdeMariede Médicis,destableauxdelaAïe de saint Bruno* de Lesueur, et de la suite des ports de France par Joseph Vernet et Hue. En 1818 ces tableaux furent réunis au Musée royal , et les salles du Luxembourg furent destinées à recevoir les œuvres des artistes vivants achetées par le gouvernement. C'est dire assez que le mérite n'a pas toujours décide seul du choix qu'on a fait, et que la faveur y a quelquefois contribué; néanmoins il est peu d'hommes dont les noms soient connus dans les arts, qui n'aient au moins un ouvrage dans la galerie du Luxembourg. Abel de Pujol, J. V. Bertin, Blondel, Couder , Court, Delaroche , Deveria , Fragonard , Granet , Gudin, Ingres, Isabey, Langlois, Monsiau, Monvoisin, Remond , Steuben, Horace Vernet, pour la peinture; etBosio , Cortot , Pradier, Seurre , pour la sculpture; tels sont les noms les plus connus qu'on rencontre dans les gale-
(*) Nous avons placé la description du Musée de la marine, bien qu'il se trouve dans le Louvre, après la description dn Musées d'arts. Sa nature toute spéciale en faisait un Musée i part.
MISÉES FRANCE»
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ries du Luxembourg. Nous citerons parmi leurs ouvrages les plus marquants, le Lévite d'Éphralm , de Couder ; la Mort de César, de Court; la Mort d'Êlisabeth (F Angleterre , de Delaroche; la Saissance de Henri I V, de Deveria ; Roger délivrant Angélique, d'Ingres; la r'ue de l'escalier du Musée ', le chef-d'œuvre d'isabev; Pierre le Grand sauvé par sa mère, de Steuben ; le Massacre des Uameluchs , d'Horace Vernet. Quand un artiste célèbre meurt , on retire du Luxembourg un de ses meilleurs ouvrages pour le placer au Musée du Louvre.
Le plafond de la galerie principale du Luxembourg est orné de douze tableaux du Jordaens, représentant des figures allégoriques avec les attributs des douze sfeaes du zodiaaue.
Musée des monuments français.
Quand , en 1790, l'Assemblée constituante eut déclaré les biens du clergé propriété nationale , on s'occupa de la cotiser vit ion des monuments contenus dans les édifices religieux ; une commission des monuments, composée de savants et artistes, fut spécialement chargée de les recueillir. Les bâtiments du couvent des Petits- Augustins furent choisis pour recevoir les tableaux et monuments de sculpture. Le 4 Janvier 1791, M. Lenoir fut nommé conservateur. Le 3 brumaire an II, fut publié un décret qui défendait de mutiler et altérer les monuments des arts sous prétexte de détruire les signes de la féodalité; enfln,le 1 5 fructidor an III (l** septembre 1795),le Musée des monuments français fut ouvert au public. Il n'est pas inutile de donner quelques explications sur ce musée, bien qu'il n'existe plus, surtout aujourd'hui qu'on a , dit-on , le projet de le remplacer en partie.
Dans sept grandes salles , M. Lenoir avait dispose chronologiquement environ cinq cents statues et bustes en marbre ou en bronze , représentant les rois, reines, princes ou princesses de France, depuis Covis jusqu'à Louis XVI.
Ces salles étaient, en outre, décorées de bas-reliefs historiques des plus célèbres sculpteurs français, de Jean Cousin, Jean Goujon , Germain Pilon, etc. Des peintures sur verre depuis l'origine de cet
T. XI. 5* Livraison. (Dict. bncy
art en France garnissaient les croisées. M. Lenoir avait en outre fait transporter à Paris, relever et restaurer dans les cours de ce Musée, l'une des façades du château d'Anet, construit en 1542, pour Diane de Poitiers, par Philibert Delorme, et un fragment du château du cardinal d'Amboise, construit à Gaillon en 1500. Enfln, dans les iardins attenant au Musée et au milieu de plantations variées , il avait disposé les tombes de quelques-unes des grandes illustrations de la France, de la Fontaine, de Molière, de Descartes, de Boileau. Là reposaient les dépouilles mortelles d'Heloïse et d'Abailard , pour lesquelles il avait fait construire une chapelle avec les débris du Paraclet qu'il avait acheté. En 1816, ce musée fut détruit; tout ce qui en faisait partie fut dispersé; une partie des monuments funèbres fut envoyée au Père la Chaise, une autre rendue à St-Denis ; bref , il ne reste plus aujourd'hui , au palais des Beaux-Arts , que la façade du château d'Anet, la portion du château de Gaillon et quelques fragments de bas-reliefs.
Musée de la Marine.
C'est en 1 827 que fut arrêté, conformément à une décision royale , le plan d'un Musée destiné à recevoir tous les modèles des navires français anciens et nouveaux, ainsi quedivers instruments et armes de toute espèce dépendant de ces bâtiments ; on résolut aussi de rassembler dans cette collection toutes les curiosités que les navigateurs rapporteraient des contrées lointaines. Ce Musée devait faire partie du domaine delà couronne; cependant il fut convenu entre la liste civile et le ministère de la marine que ce dernier se chargerait de faire exécuter tous les modèles et objets d'art dont le Musée serait composé , tandis que la Maison du roi fournirait seulement le local et pourvoirait aux frais d'installation intérieure , d'aménagement et de décoration. C'est par suite de cet arrangement que le Musée de la marine a été placé dans le Louvre où , il faut l'avouer , il n'est guère à sa place. On ne s'occupa pas, avant 1829, de l'exécution des modèles destinés à occuper la place la plus importante du Musée. Les événements de