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PISTES L'UNIVERS. PISTOLET

Charles le Chauve avait assemblé une diète (juin 864), et condamné à mort comme apostat et ennemi de la patrie et de la chrétienté; mais cette sentence ne fut pas mise à exécution , et Pépin périt dans un cachot du couvent de Senlis. Voy. Pbpin II.

Du reste, « cette diète de Pistes est au nombre des plus remarquables entre les assemblées législatives de la seconde race. Le capitulaire qu'elle publia, et qui est fort long , est destiné à porter la réforme dans toutes les parties delà législation, et il est assez détaillé pour faire connaître beaucoup des anciens usages, beaucoup des anciens abus auxquels on prétendait remédier Un

grand désordre s'était introduit dans les monnaies du royaume; beaucoup de deniers d'argent faux ou légers étaient en circulation; beaucoup étaient frappés dans des lieux où la fabrication des monnaies n'était pas légalement établie.

L'édit de Pistes ordonna une refonte générale des monnaies; il limita à dix villes seulement le nombre de celles qui avaient le droit de battre monnaie; il fixa l'empreinte des espèces; il fixa le rapport du denier, douzième partie du sou , avec la livre de douze onces, et de vingt sous d'argent pur; il établit le rapport de l'or et de l'argent, en raison de douze livres d'argent pour une livre d'or; il défendit le mélange des deux métaux, et il établit des peines contre les falsificateurs et les faux monnayeurs....

« Beaucoup de fraudes s'étaient introduites dans le commerce, beaucoup de vexations avaient été la conséquence du désordre et de la misère du temps.

L'édit de Pistes s'efforça d'y remédier, comme les législateurs barbares le tentent d'ordinaire, par des règlements arbitraires. L'évêque, l'abbé ou le comte de chaque ville devaient fixer le nombre de pains du prix d'un denier, que le boulanger devait faire avec chaque boisseau de blé. Les mêmes supérieurs devaient veiller ensuite à la police des marchés et à la vérification des mesures.

« L'édit de Pistes ordonna un nouveau recensement des hommes libres obligés au service militaire ; il punit des peines les plus sévères ceux qui les pri-

veraient de leurs chevaux ou de leurs armes; il poursuivit ceux qui, par une piété intéressée, se donnaient à une maison religieuse pour se soustraire au service, et il ne leur permit point de vouer à Dieu ce qui n'était pas à eux, les droits de la patrie sur leur personne. Il apporta du soulagement a la misère de ceux que la famine avait contraints de se vendre comme esclaves, et il voulut qu'ils pussent toujours se libérer de l'esclavage en payant à leurs mattres un sixième en sus de la somme qu'ils auraient reçue d'eux. L'édit de Pistes étendit sa protection jusqu'aux colons fugitifs qui s'étaient dérobés au fer des Normands, et qui souvent, dans les lieux où ils s'étaient réfugiés, tombaient au pouvoir de ceux qui leur avaient donné un asile (*). »

Pistolet. C'est à l'Italie que l'on attribue généralement l'invention du pistolet; la note suivante, que nous tirons d'un manuscrit du dix-septième siècle, prouve la fausseté de cette attribution, et nous donne le droit de réclamer pour la France l'honneur d'avoir inventé cette arme.

« Généralement se dit que le pistolletou petite arquebuse a esté primitive* ment fait en une ville d'Italie nommée Pistova,d'où il auroit eu son nom. Mais ceste invention ne doit point estre donnée à ceste ville italienne; car il est biea certain qu'elle appartient à la ville de Sedan , où elle fut découverte par un capitaine nommé Sébastien PistoUet* escuyer , d'où ceste a esté appelée pistollet. Quelques-uns disent cependant que Pistollet n'estoit point son vrai nom. mais bien surnom ou sobriquet, et qu'il estoitde la famille des seigneurs de Corbion , et qu'il donna son surnom à l'arme qu'il fit, ou qu'après

Îju'eut donné le nom à l'arme , il en ut appelé le capitaine Pistollet. Quoi que on pense, depuis lors est de fait qu'il print pour armes nouvelles deux pistollets sur azeur, et pour devise anie/erit ouam Jlamma micety avec encore fidelis, et depuis, sa descendance porta ces mesmes armes, comme les porte encore M. Pistollet, que madame la du-

(*) Sismondi, Hist. de* Français, t Ul, p. x65.

PITHOU

FRANCE

chesse de Bouillon tient fort en affec- en 1589. Son père, qui était un célèbre tion, et apparoît que tousjours ceulx de avocat, lui fit étudier de bonne heure le

ceste maison ont esté fort attachés aux princes de Sedan, et les suivirent tous* jours aux guerres ; et feust toutefois un de ceste maison, grand père, je crois bien a celui vivant, qui servit à l'evesque de Liège, eust le commandement de la tour d'Autriche à Bouillon , et avoit le gouvernement de ceste ville sous le sr d'Horion, en Tan 1551, lors de la

droit ; mais une extrême timidité l'empêcha de plaider ; il se borna aux travaux de cabinet , et acquit en peu de temps une grande autorité comme jurisconsulte. Forcé, comme calviniste, defuir sa ville natale pendant les troubles religieux , il se retira à Bâle, où il publia des éditions de YHlstoire de Paul Diacre et de la Fie de l'empereur Fré-

prinse qui en fut faite en ce temps. De déric Barberousse, par Othon de Frei laquelle maison aussi est depuis peu un singen. Ramené dans sa patrie par Técadet habitant le Bassigny en Cham- dit de pacification de 1570, il faillit être paigne, où a aussi lignée (*). » une des victimes de la Saint- Barthele- Quoi qu'il en soit, une ordonnance mi. Cependant, peu de temps après, on du 9 février 1547 donna le pistolet aux le vit rentrer dans le sein de l'Église archers du ban et de l'arrière-ban , et romaine, et personne ne s'avisa de ré-

ces cavaliers prirent alors le nom de piftolétiers ou pistoliers.

Une compagnie d'archers à cheval, levée par la ville de Paris, était armée de pistolets, lorsque , le 30 octobre 1610, Louis XIII Gt son entrée dans la capitale; on en donna, la même année, presque à toute la grosse cavalerie.

Pithiviers, Pituerium, petite ville de l'ancien Gatinais, aujourd'hui chef-

voquer en doute sa bonne foi. Il fut un des auteurs de la satire Mènippée^ et composa ensuite un Mémoire , pour démontrer aux évêques qu'ils pou vaient, de leur propre autorité, relever Henri IV de l'excommunication, et se soumettre à lui. Aussi , lorsque ce prince fut enfin maître de Paris, il exigea que Pithou acceptât la charge de procureur général au parlement installé provisoirement

lieu de sous-prefecture du département dans la capitale. Pithou y consentit ;

du Loiret. Son origine remonte au neu- mais il se démit bientôt de ces hautes

vième siècle; vers 990, Aloîse de Cham- fonctions pour redevenir simple juris-

pagne y fit bâtir un château quadrnngu- consulte. Il mourut à Nogent-sur-Seine

laire , flanqué au sud-est d'une tour en 1596.

très-ëlevee, dont il reste encore quelques Parmi les nombreux ouvrages qu'il a

ruines. En 1058, Henri K assiégea et laissés, nous citerons seulement : Cor-

prit cette forteresse et la réduisit en pus juris canonici, 1G87, 2 vol. in-fol. ;

cendres , ainsi que la ville. Les Anglais Codex canonum vêtus ecctesiasticum,

assiégèrent sans succès Pithiviers en in-fol.; GalUciz ecclesiœ in schismate

1 350 ; le comte de Salisbury s'en empara status , in-8° ; Libertés de réalise galli-

en 1428, après une résistance opiniâtre, cane, livre qui servit de base à la dé-

Le prince de Condé la prit pour les protestants, et la ravagea en 1562 et en 1567. Henri IV en fit démanteler les fortifications en 1589. On y compte au jourd'hui 3,500 habitants.

claration du clergé en 1682, et dont (a dernière édition est due à Clavier, 1817, in-8a; enfin, un parallèle (en latin) des lois de Moïse avec les lois romaines , auquel on a réuni ses Observations sur

Pithou (Pierre), naquit à Troyes le Code et les Novelles, Paris, 1689,

in-folio. On doit en outre à Pierre Pi-

(*) Ajoutons que des documents certains prouveut qu'au commencement du dix-septième siècle, il existait encore à Sedan une famille du nom de Putollet, et qu'il est question d'un personnage ainsi nommé dans une épitre adressée par Chaulieu à la du-

thou plusieurs bonnes éditions d'auteurs latins, entre autres, les éditions princeps du Pervigilium Feneris et des fables de Phèdre.

F rançois Pithou, frère puîné du prê-

ches» de Bouillon. Remarquons en outre cedent,néàTroyesen 1543, adopta aussi

que le nom de l'inventeur du pistolet s'écrit les principes de Calvin, puis se COnver-

par deux l, et que telle a été aussi dans tit comme son trère à la foi catholique,

l'origine l'orthographe du nom de celte arme. Reçu avocat au parlement de Paris en

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