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POIDS ET MESURES FRANCE. POIDS ET MESURES

traduire, disait également, dans un capittilaire : ■ Nous recommandons sur- « tout aux comtes, aux ministres de « l'État et aux autres fidèles, qu'ils « veillent à ce que le boisseau et le se- « tier soient justes , selon les préceptes « de la sainte Ecriture et les capitulaires « de nos prédécesseurs , soit pour ache- « ter, soit pour vendre, tant dans les ■ villes et bourgs, que dans les villages; « nous les prions de prendre, selon ran- « tique usage, l'étalon de notre palais, « et de ne pas exiger des vassaux ou de « ceux qui doivent le cens, un boisseau « plus grand que l'étalon, à moins que « ce ne soit de coutume (•). »

Cependant, malgré ces prescriptions, l'égalité des poids et mesures s'altéra bientôt. Les seigneurs tinrent peu de compte des avis du monarque. Ils introduisirent dans leurs juridictions le système qu'ils crurent le plus utile à leurs intérêts; enfin, leur cupidité et celle des abbes, d'une part; celle des marchands de l'autre, mirent la confusion dans les poids et mesures; si bien que chaque ville, chaque village, chaque famille , pour ainsi dire , eut son poids et sa mesure particulière , et qu'il ne fut plus question de l'archétype royal.

Les rois néanmoins ne cessaient de faire des ordonnances et des règlements à cet égard, mais les seigneurs leur répondaient que le droit de justice leur appartenant à titre patrimonial, la police des poids et mesures en faisait partie et ne pouvait en être séparée; ils s'appuyaient d'ailleurs sur les dispositions "des coutumes. Presque toutes celles qui faisaient mention des poids et mesures, attribuaient la garde de Téta- Ion au seigneur suzerain, qu'il fût baron, comte, châtelain ou haut justicier. Elles voulaient que les propriétaires des iustices intérieures fissent étalonner leurs poids et leurs mesures au lieu principal d'où ces iustices relevaient. La seule coutume de Normandie donnait la prévention aux juges royaux sur les officiers des justices seigneuriales.

Cependant, les abus qui naissaient d'u n tel étatde choses éveillèrent souvent la sollicitude des rois. Ceux-ci essayè-

(*) Cap. Reg, Fr.i t. II, col. 18a.

rent, mais en vain, de les réformer; Philippe le Bel, Philippe le Long, Louis XI, François I" et Henri II nommèrent 4 chacun à leur tour, des commissaires pour tenter cette réforme; ils devaient prendre pour base les étalons de Paris* Mais les difficultés qu'ils rencontrèrent soit dans les usages locaux , soit dans l'opposition des seigneurs, n'ayant pu être surmontées , ces projets furent abandonnés autant de fois qu'entrepris.

En 1670, l'académicien Picard proposa de prendre pour unité des mesures, la longueur du pendule simple qui bat la seconde à Paris, longueur qu'il avait trouvée de 440 lignes 5 dixièmes ; sa proposition ne fut point écoutée. La même année, Mouton demandait qu'on prtt pour unité la minute terrestre ; sa proposition n'eut pas plus de succès que celle de Picard. Un demi-siècle après, Cassini, qui venait de mesurer la méridienne de la France, proposa, sans plus de succès, l'adoption générale d'un pied géométrique égal à la six-millième partie de la minute du degré terrestre; enfin, en 1766 , La Condamine, plus heureux que ses devanciers, fit adopter, comme étalon des mesures françaises, la toise dite du Pérou, ainsi nommée pnree qu'elle lui avait servi, quelques années auparavant, à mesurer, dans cette contrée, un arc du méridien. Mais la multiplicité des mesures n'en continua pas moins de subsister.

Plusieurs bailliages avaient , en 1789 , exprimé , dans leurs cahiers , le vœu d'une réforme complète du système des poids et mesures. Cette demande fut fortement appuyée par les savants, et l'assemblée constituante rendit, le 8 mai 1790, sur la proposition de Talleyrand, un décret suivant lequel le roi des Français devait engager le roi d'Angleterre à réunir aux savants choisis par l'Académie des sciences un nombre égal de membres de la Société royale de Londres, pour déterminer en commun la longueur du pendule simple qui bat la seconde sexagésimale, à la latitude ds 45 degrés, au niveau de la mer, cette longueur devant être prise pour l'unité* des mesures , que les deux nations auraient ensuite propagées parmi tous les peuples civilises. La commission nommée par l'Académie se composait de

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