POIDS ET MESURES L'UNIVERS. POIDS ET MESURES
Borda , Lagrange , Laplace , Monge et Condorcet; mais les événements qui suivirent ne permirent pas aux membres de la Société royale de Londres de prendre part à leurs travaux , et les savants français furent forcés d'agir seuls : ils devaient avant tout fixer la division du système, le choix de l'unité et le rapport des diverses mesures à cette unité fondamentale.
Ils s'arrêtèrent naturellement à la division en un nombre égal à celui des chiffres de la numération; mais il fallait se décider entre le système décimal et le système duodécimal. L'un et l'autre présentaient des avantages ; mais , comme l'adoption du second eût exigé un changement complet de numération et d'arithmétique, ils choisirent le premier, et l'habitude l'emporta.
« L'identité du calcul décimal, a dit Laplace , et de celui des nombres entiers ne laisse aucun doute sur lesavantages de la division de toutes les espèces de mesures en parties décimales ; il suffit pour s'en convaincre de comparer les difficultés des multiplications et des divisions complexes, avec la facilité des mêmes opérations sur les nombres entiers, facilité qui devient plus grande encore au moyen des logarithmes, dont on peut rendre, par des instruments simples et peu coûteux , l'usage extrêmement populaire. A la vérité, notre échelle arithmétique n'est point divisible par 3 et par 4, deux diviseurs que leur simplicité rend très-usuels. L'addition de deux nouveaux caractères eût suffi pour lui procurer cet avantage ; mais un changement aussi considérable aurait été infailliblement rejeté avec le système de mesures qu'on lui aurait subordonné. D'ailleurs l'échelle duodécimale a l'inconvénient d'exiger que l'on retienne les produits des douze
Sremiers nombres, ce qui surpasse d'orinaire l'étendue de la mémoire, à laquelle l'échelle décimale est bien proportionnée. Enfin on aurait perdu l'avantage qui probablement donna naissance à notre arithmétique, celui de foire servir à la numération les doigts de la main. On ne balança donc point à faire servir la division décimale; et, pour mettre de l'uniformité dans le système entier des mesures, on résolut
de les dériver toutes d'une même mesure linéaire et de ses divisions décimales. La question fut ainsi réduite au choix de cette mesure universelle, à laquelle on donna le nom de mètre. »
Il s'agissait de choisir cette mesure.
Devait-on s'en tenir au pendule, ou prendre une fraction d'un cercle terrestre? « Le premier moyen, d'un usage facile, dit Laplace, a l'inconvénient de faire dépendre la mesure de la distance de deux éléments qui lui sont hétéro-
§ènes, la pesanteur et le temps, dont la i vision est arbitraire et dont on ne pouvait pas admettre la division sexagésimale pour fondement d'un système décimal de mesures. » Ils ont d'ailleurs un avantage qui leur est commun à tous deux : celui d'être indépendants des révolutions morales et de ne pouvoir éprouver d'altération sensible que par des changements impossibles dans la constitution physique de la terre. Il fut donc décidé que Ton prendrait le second de ces moyens , et que le mètrt serait la quarante-millionième partie du méridien terrestre, ou la dix-millionième partie de la distance du pôle à l'équateur. Il suffisait, pour obtenir cette distance, d'en connaître une fraction assez étendue. On résolut de mesurer l'arc du méridien compris entre Dunkerque et Barcelone , et Delambre et Mechaiu furent chargés de cette opération. À peine l'eurent-ils entreprise que l'Académie des sciences futtoutà coup supprimée. Cependant ils l'exécutèrent avec activité; et une nouvelle commission composée de Brisson, Borda, Lagrange, Laplace, Prony et Berthollet , fut chargée par le gouvernement, impatient d'opérer la réforme des poids et mesures, de créer un mètre provisoire, basé sur les mesures de Lacaille. Il avait 443 lignes 44/100 de la toise de Paris ( loi du 18 germinal an III, 7 avril 1795).
En 1799, la France engagea toutes les nations amies à envoyer des députés à la commission des poids et mesures. Elle se composait alors de Borda.
Brisson, Coulomb, Darcet, Betomhre, Hauy, Lagrange, Laplace, Lrfebvre- Gineau , Mechain et Prony. Les commissaires étrangers furent Remoeett an
Swinden, pour la Hollande; BaU»,1^