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MUSÉUM FRANCE. MUSEUM

line herborisation à la campagne, et rendait ainsi plus fructueuses les leçons du professeur.

La chimie était enseignée par Boulduc ; à sa mort, en 1742, sa chaire fut donnée à Rouelle, homme d'un esprit élevé, qui fit connaître en France la théorie de Stahl , et parvint ainsi a asseoir sur des bases fixes renseignement de cette science jusqu'alors un peu vague. Le démonstrateur était Bourdelin, trop âgé pour se plier à la nouvelle doctrine , mais dont l'esprit droit en reconnaissait la supériorité.

En 1770, Macquer, qui le remplaça, embrassa complètement la méthode enseignée par Rouelle ; mais, frappé en même temps des découvertes de Lavoisier, il prépara ses élèves à adapter les changements que ces découvertes devaient apporter dans la science. A sa mort, en 1 784 , il fut remplacé par Fourcroy. Rouelle l'avait été, en 1779, par M.Brongniard.

La chaire d'anatomie, vacante en 1742, par la mort de Hunaud , successeur de Duvernev, fut donnée à Wins- Jov, le plus célèbre anatomiste de /'Europe. Il était alors ârçé de soixantequatorze ans; après huit ans d'exercice, il se fit adjoindre Ferrein qui, à sa mort en 1761, devint titulaire.

Ferrein mourut en 1769 , et fut remplacé par Antoine Petit qui, dans les dernières années, se fit remplacer par Vicq-d* A zir et voulut lui donner sa survivance. Buffon pensa qu'il était plus juste de la donner à Portai , qui , dix ans auparavant, avait supplée Ferrein, et dont le nom seul était une recommandation. Portai fut donc nommé en 1778.

Un an après la mort de Buffon, éclata la révolution de 1789. La place d'intendant du Jardin était alors aux mains de la Billardière, qui avait déjà fait terminer une partie des travaux commencés par Buffon, et avait attaché à l'éta- MissmentlechevalierdelaMarck, rendu célèbre par sa Flore française. Le 20 août 1790, Lebrun fit, au nom du comité des finances de l'Assemblée constituante, un rapport qui évaluait la dépense pour le Jardin du Roi, à 92,222 liv., et proposait des réductions. Les officiers 4u Jardin du Roi, comme on les appe-

lait , envoyèrent alors au président de l'Assemblée une adresse dans laquelle ils offrirent de rédiger un projet gui concilierait en même temps les besoins du cabinet et les exigences de l'économie. La proposition de Lebrun fut donc ajournée en attendant ce règlement. Sur ces entrefaites, la Billardière émigra, et sa place ainsi devenue vacante fut donnée à Bernardin de Saint-Pierre. Celui-ci s'occupa avec sollicitude des détails du Jardin, et malgré la géné dans laquelle se trouvait l'élablissement par suite du manque de fonds, il trouva le moyen de faire quelques travaux ; ce fut a cette époque que fut construite la serre qui porte son nom ; et on lui doit la création de la ménagerie, car, bien que celle de Versailles n'ait été transportée au Jardin que dix-huit mois plus tard, alors que la place d'intendant était supprimée, c'était Bernardin de Saint-Pierre ui avait eu l'idée de cette opération, et en prépara l'exécution par des rapports adresses au gouvernement sur l'utilité d'une ménagerie.

Bientôt, la Convention ayant supprimé les corporations savantes , on dut craindre que le Jardin du Roi n'éprouvât le même sort. Heureusement, M.Lakanal , président du comité d'instruction pu clique , s'étant entendu avec d'Aubenton, Thouin et Desfontaines , prévint ce malheur, en faisant adopter te règlement proposé précédemment à l'Assemblée constituante ; enfin , le 10 juin 1793, fut rendu le décret qui arrêtait la nouvelle organisation. J /établissement prenait le nom de Muséum d histoire naturelle; on devait y enseigner l'histoire naturelle dans toute son étendue, et en conséquence il devait y avoir douze cours.

1° Un de Minéralogie.

2° — de Chimie générale.

3° — des arts chimiques.

4° — de Botanique , au Muséum.

5° — de Botanique , à la campagne.

69 — d'Anatomie comparée.

V et 8° Deux de Zoologie.

9° Un d'Anatomie humaine.

10° — d'Anatomie des animaux.

11° — de Géologie.

12° — d'Iconographie naturelle Enfin , on devait tormer au Muséum une bibliothèque où l'on réunirait les

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livres d'histoire naturelle qui se trouvaient dans les dépôts appartenant à la nation, les doubles de ceux qui étaient à la Bibliothèque nationale, et la collection des plantes et des animaux peints d'après nature.

Le même décret nommait douze professeurs, qui devaient élire au scrutin un directeur et un trésorier. Le directeur, nommé pour un nn, devait présider l'assemblée des professeurs et faire exécuter le résultat de leurs délibérations, qui portaient tant sur l'administration intérieure que sur les besoins pour lesquels on devait avoir recours nu ministre par l'intermédiaire du directeur. C'était aussi l'assemblée des professeurs qui devait nommer aux places vacantes.

Le premier soin des professeurs, dès que, conformément au nouveau décret, ils se furent organisés sous la direction de Daubenton , fut de créer quelques places secondaires nécessitées par nmportance et l'étendue des travaux , et de disposer le local pour la bibliothèque, qui fut ouverte au public le 7 sept. 1794. Puis les animaux de la ménagerie de Versailles , et de celle du Itaincy, ainsi que d'autres achetés à des particuliers , ayant été transportés au Muséum dans les premiers mois de 1794, on fit une ménagerie provisoire destinée aux animaux reroces,et les autres furent parqués dans des bosquets et placés dans des écuries. Un arrêté de septembre 1794 ordonna l'acquisition de la maison et des terrains qui bornaient le Muséum du côté du nordouest. Une loi du 11 décembre 1794 créa une troisième chaire de zoologie, à laquelle fut nommé Lacépède , et ordonna que les terrains compris entre la rue Poliveau, laruede Seine, la rivière, le boulevard de l'Hôpital et la rue Saint- Victor, seraient reunis au Muséum aussitôt qu'on en pourrait faire l'acquisition.

Ainsi fut fixée l'étendue que devait embrasser le Jardin et qu il occupe aujourd'hui. Mais la pénurie des finances apporta d'abord un obstacle insurmontable à la réalisation de ces projets; et depuis 1795 jusqu'à 1800 , rétablissement se trouva dans l'état le plus précaire ; tout languit faute des

fonds nécessaires; à peine pouvait-on acheter le fourrage indispensable à la nourriture des animaux; on cultivait des pommes de terre dans les carrés destinés aux plantes les plus rares, et tout était menacé d'une ruine irréparable. En même temps , et comme pour faire sentir plus vivement encore cette pénurie, les victoires de nos armées apportaient au Muséum des richesses de toutes sortes qu'on était obligé de laisser provisoirement sans ordre et presque sans soins , faute de pouvoir faire les premiers travaux nécessaires; puis , de nouvelles concessions de terrains étaient faites au Muséum , mais sans qu'on pût y élever les constructions que réclamaient les nouveaux besoins.

Cependant quelques travaux furent commencés; on construisit une serre indispensable pour placer des végétaux vivants que le capitaine Baudin devait rapporter de son voyage. Ce capitaine, gui revenait de l'île de la Trinité , avait informé le Muséum qu'il avait laissé dans cette fie une riche collection d'histoire naturelle, et qu'il la lui offrirait si on voulait lui donner un vaisseau pour l'aller chercher. On obtint le vaisseau du ministre , et le capitaine Baudin, parti du Havre, le 30 septembre 1796 , ne fut de retour en France que le 13 juin 1798. Mais on n'était pas en mesure de placer convenablement tout ce qu'il rapportait; jamais, en effet, on n'avait reçu à la fois un aussi grand nombre de végétaux, et surtout d'arbres des Antilles, de plantes desséchées, de bois, de peaux de quadrupèdes , d'oiseaux et d'insectes. Les professeurs présentèrent au gouvernement un mémoire où ils exposaient les besoins du Muséum; mais que pouvait faire alors le gouvernement, qui éprouvait lui-même la plus grande gêne ? Pendant Tannée 1799, le Muséum fut encore dans la même impuissance. Nous allons mentionner les objets les plus importâmes qui depuis 1795 avaient été adressés au Muséum.

En 1795, on reçut le cabinet du stathouder de Hollande, riche dans toutes les branches de l'histoire naturelle, et surtout en zoologie.

En 1796, Desfontaines, l'un des professeurs, fit don au Muséum de sa col-

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