‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 270 sur 434 · POIRIER L'UNIVERS. POISSARDES · texte numérisé non relu

POIRIER L'UNIVERS. POISSARDES

éclatants en diminuèrent sensiblement le nombre; enfin l'attribution aux ma^ récbaux de France de toutes les questions de point d'honneur arrêta les désordres dont il était cause. (Voy Maréchaussée de France.)

Point i s (Jean-Bernard Desjean, baron de), chef d'escadre des armées navales de France, né en 1635, se signala dans les campagnes qui eurent lieu contre les régences de Barbarie, de 1681 à 1686; et, lorsqu'eu 1690 Tourville battit les flottes combinées d'Angleterre et de Hollande, entre l'île de YVnigt et le cap Frehel, il commandait un vaisseau de 66 à l'avant-garde de l'armée. En 1696, |e gouvernement ayant résolu une expédition contre Carthagène, dans la mer des Antilles, Pointis, qui en avait fortement appuyé le projet , fut chargé de l'exécution , et on lui confia le commandement d'une escadre composée de dix vaisseaux, d'une corvette et de plusieurs autres petits bâtiments. Parti de Brest le 9 janvier t697, il mouilla devant Cathagène le 12 avril, s'empara successivement des forts et retranchements qui défendaient les approches de la place par mer et par terre, et força le gouverneur espagnol de capituler le

2 mai. Au retour, l'escadre française rencontra une flotte anglaise de 29 voiles. Pointis n'avait que 7 vaisseaux et

3 frégates. Malgré l'infériorité du nombre et les maladies qui régnaient dans ses équipages, il n'hésita point à se ronger en bataille; mais un épais brouillard lui ayant donné la possibilité d'éviter le combat, il m.mœuvra de manière à traverser la flotte ennemie sans tirer un seul coupdecanon.il combattit ensuite six vaisseaux anglais, et arriva à Brest le 29 juin 1697. En 1705, il futchargé, malgré lui, d'aller assiéger Gibraltar ; mais cette entreprise ne réussit point, quoiqu'il y eût déployé sa bravoure et son intelligence ordinaires. Épuisé par de longues fatigues, il se retira alors du service, et mourut près de Paris en 1707. On a de lui une Relation de l'expédition de Carthagène, faite par les Français en 1697, Amsterdam, 1698, in-lî!

Potbter (don Germain), savant bénédictin de la congrégation de Saint- Maur, né à Paris en 1724, devint garde

des archives de l'abbave de Saint-Denis, les mit dans un nouvel ordre, et fut choisi , en 1762 , pour travailler à la continuation du Recueil des historiens de France, dont il publia le onzième volume. Nommé, vers 1780, garde des archives de l'abbaye de Saint-Germain des Prés, et membre du comité établi pour préparer une collection des diplômes et des chartes du royaume, il fut admis, quelque temps après, à l'Académie des inscriptions. Pendant la révolution, Poirier fut attaché successivement à la commission des monuments et à la commission temporaire des arts. Après l'incendie de la bibliothèque de Saint-Germain (1794), il veilla seul à la garde des manuscrits, que les flammes avaient épargnés, et fut nommé, en 1796, sous bibliothécaire de l'Arsenal. Il mourut en 1803.

Poissardes. On appelait jadis et on appelle quelquefois encore de ce nom les marchandes de poissons, de beurre, d'œufs, de fleurs, de fruits et déliâmes de la halle et des marchés de Paris. Ces femmes , qui formaient autrefois entre elles une espèce de corporation, s'étaient arrogé diverses prérogatives dont on les laissait jouir en paix , parce qu'elles ne tiraient point à conséquence. Dans le temps de la fronde, elles jouèrent un rôle presque politique, crièrent:

Point de Mazarin , et prirent en trèichaude affection le duc de Beaufort.

que, pour cette raison, on appela le roi des halles. Prétendant représenter, avec les forts et les charbonniers , la population de la capitale, dans toutes les grandes solennités , telles que les entrées des rois et des reines, les mariages, naissances ou baptêmes des membres de la famille royale, elles se portaient , sous le nom de dames de ta halle, au-devant du cortège, ou 6e présentaient à la cour et adressaient a la personne qu'elles venaient complii««fl* ter des discours quelquefois très p1quants, que des hommes d'esprit samusaient à composer pour elles. Dans l'exercice de leurs professioni , ces aimes devenaient des poissardes, cesNdire des femmes fort grossières . attaquant de propos injurieux et insulta les consommateurs qui dépréciaient ou méprisaient leur marchandise, sa 1u *

FRANCE

reliant entre elles et finissant presque toujours par se battre. Les Parisiens,

3ui se divertirent pendant quelque temps e leurs imprécations , de leurs jurements et de leurs expressions pittoresques , se plaisaient a les provoquer, à les agacer pour les mettre en verve.

Vadé se distingua en ce genre, et il a laissé, en prose et en vers, un bon nombre de scènes, dans lesquelles il reproduit avec naturel et vérité le langage, la tenue, les habitudes de cette sorte de femmes. Son livre, souvent réimprimé, est encore mis à contribution pour composer le catéchisme poissard qu'on met en vente tous les ans, en temps de carnaval. Enfui cet amusement, assez stupide du reste, prit Gu quand Volange créa les jeannolleries, et que le marquis de Bièvre imagina le» calembour s.

Les poissardes, dépouillées par la révolution de leurs privilèges , essayèrent de les recouvrer lors du rétablissement du gouvernement monarchique en France. Napoléon, qui prenait au sérieux son métier d'empereur, leur lit dire qu'il les tenait quittes de leurs harangues, et les invita à ne pas se déranger. Mais la restauration, qui s'accrochait à tout pour s'acclimater, se montra mieux disposée pour elles, et sous Louis XVIII et Charles X, l'entrée des salons leur fut quelquefois permise. Depuis la révolution de juillet, elles se sont tenues à l'écart , et n'ont tait aucune démarche auprès de la cour citoyenne, probablement parce qu'elles soni de l'opposition.

Poisson (Denis-Siméon), né à Pithiviers en 1781 , entra en 1798 à l'École polytechnique , et fut élu membre de la première classe de flnstitut en 1812. Il est mort en 1839, conseiller de l'Université, professeur de mécanique à la Faculté des sciences de Paris et membre du Bureau des longitudes. On a de lui un Traité de mécanique, 2 vol. in-8°, 1811, souvent réimprimé depuis , et un grand nombre de Mémoires publiés dans le recueil de l'Académie des sciences, dans les Annales de chimie et de physique, dans le Journal de V École polytechnique , etc. Du reste, a dit un de ses biographes, ses travaux analytiques, très importants pour la science , se trouvent basés sur des notions pre-

mières, qui, pour la plupart , ne sont pas de lui, et développés par des mé« thodes qui lui sont presque toutes étrangères. Il a mis en ordre des matériaux

2 ue d'autres avaient préparés; il a édié avec ces matériaux ; U a donné un corps aux spéculations des géomètres , il a été leur interprète auprès des physiciens, et c'est ainsi que sa réputation s'est étendue en Europe, et qu'il a été placé par ses contemporains un peu audessus du rang que la postérité lui destinera.

Poissonniers. Cette communauté se divisait en poissonniers d'eau douce et en poissonniers de mer. On voit, par les statuts .qu'elle reçut d'Etienne Boileau, que les marchands qui la composaient devaient acheter du roi le droit de vendre le poisson, et qu'il existait des jurésdeshailesqui maintenaient parmi eux la policeet percevaient les amendes qu'ils pouvaient encourir. Ces prud'hommes étaient à la nomination du cuisinier du roi. Ceux qui apportaient du poisson à Paris payaient le droit de tonUeu, c'està-dire le droit que le roi percevait sur toutes les marchandises vendues au marché ; ils pavaient en outre le droit de vendre, le droit de congé et le droit de hallage. Le cuisinier du roi obligeait les prud'hommes qu'il avait nommés à jurer sur les saints de choisir pour le roi le meilleur poisson du marché ; moyennant ce service, ces prud'hommes étaient exempts du guet.

Les poissonniers ne pouvaient étaler le poisson d'eau douce qu'à la porte du Grand-Pont, aux Pierres-le-Roi et aux Pierres-aux-Poissonniers (*).

Poissy, Pinciacum , petite ville de l'Ile-de-France , aujourd'hui chef-lieu de canton du département de Seineet-Oise. C'était jadis une place forte entourée de murailles flanquées de tours.

(*) On voit par le Dictionnaire de Jean de Garlande que les poissons les plus délicats se vendaient déjà à Paris au onzième siècle : « Piscatores vendunt salmones et tnicas, lam- «pridas, murenas , morium, pectines, an- « guillas, quibus assoeianiur Incii , slinci, ra-

• g«die, allcctia, molli. Ipsi vero piscatores « caniunt cum hamis et relibus perças, go- - biones et gamaros ; et caoes marini ab

• equore deveimntur. » (Joftannis de GarlurJia Dict. LXX..)

Page 1