POITIERS L UNIVERS. POITIERS
Saint Louis v fut baptisé en 1215. Cette ville est célèbre dans l'histoire par les conférences connues sous le nom de Colloque de Poissy ( voy. ce mot).
Il s'y tient un marché considérable de gros bétail , pour l'approvisionnement de Paris. (Voy. Caisse dr Poissy.)
Poissy (monnaies de). Voy. Raoul (monnaies de).
Poitikbs, ancienne capitale du Poitou, aujourd'hui chef-lieu du département de la Vienne , existait avant la conquête des Gaules par les Romains; elle se nommait alors Limo> num, suivant l'abbé Belley, et était la capitale des Pictones. Des restes de monuments romains attestent la splendeur dont elle jouissait alors. Les Pictons, soumis par Crassus, ainsi que le rapporte Ammien Marcellin , furent traités par lui avec douceur, et s'attachèrent à leurs vainqueurs; ils embrassèrent même leur cause contre leurs propres compatriotes ; attaqués par les Andecavi, ils soutinrent contre eux dans leur capitale un siège rigoureux. Poitiers devint ensuite, avec les Gaules entières, la proie des barbares, et tomba au pouvoir des Wisigoths, auxquels Clovis l'enleva, après la fameuse victoire qu'il remporta a Vouglé sur leur roi Alaric.
Elle prit part au soulèvement de l'Aquitaine en 585, et fut emportée d'assaut par Gontran,qui la livra au pillage; elle subit encore, en 636, toutes les horreurs d'un siège, pour s'être révoltée contre Dagobert; Chadonide, général de ce prince, la fit alors entièrement saccager.
Le territoire de Poitiers fut, en 732, le théâtre d'une bataille sanglante entre Charles-Martel et Abdérame; et la défaite du chef maure sauva la France de la domination arabe. Mais , six siècles après, cette ville vit devant ses murs une seconde bataille, dont le résultat fut bien différent : les Français y furent défaits par le prince Noir, et le roi Jean y tomba au pouvoir des Anglais. En 1 152, Poitiers était passée sous la domination anglaise par le mariage d'Éléonore d'Aquitaine avec Henri , duc de Normandie, qui devint ensuite roi d'Angleterre; elle y resta jusqu'en 1204, époque où elle fut réunie à la couronne par Philippe - Auguste. Les Anglais s en emparèrent une seconde fois dans la
erre de cent ans ; mais Jean , duc Berry et comte de Poitou . la leur reprit en 1356. Charles VII la réunit enfin à la couronne , et en fit , pendant quatorze ans, la capitale du royaume; il y tint sa cour et y transféra le parlement. L'enceinte de Poitiers, qui avait déjà été agrandie par les rois a* Angleterre , reçut alors un nouvel accroissement.
Les habitants de Poitiers embrassèrent des premiers la religion réformée.
Les protestants s'emparèrent de cette villeen 1562, après le massacre de Vassy, et, par représailles des mauvais traitements qu'avaient exercés sur eux les catholiques, ils pillèrent les églises et brûlèrent les statues des saints. La ville de Poitiers fut reprise, quelque tem ps a près, par le maréchal de Saint-André, qui la livra au pillage et permit à ses soldats le meurtre des habitants pendant huit jours. Olivier de Serres rapporte « qu'un nomme d'armes de ce maréchal fit une fricassée d'oreilles d'hommes, conviant à ce banquet quelques siens compagnons, où les blasphèmes furent prononcés si horribles, qu'ils ne peuvent s'écrire. »
L'amiral Coligny investit Poitiers, en 1569, avec une armée considérable, et poussa le siège avec vigueur ; mais les assiégés, au moment de succomber, ima-
§iuèrentde boucher les arcades du pont e Rochereuil , et les eaux du Gain, ayant débordé, inondèrent le camp des assiégeants et les forcèrent à la retraite. La Ligue fut ensuite reçue à Poitiers, et elle s'y maintint jusqu'à l'époque où Henri IV fit son abjuration.
On compte aujourd'hui dans cette ville 23,000 habitants. On y remarque l'église cathédrale , celle de Notre-Dame la Grande , et celle de Radegonde, où se voit encore le tombeau de cette princesse. Poitiers est la patrie de la Quintinie.
Poitiers (batailles de). — Tout le midi de la Gaule, des Pyrénées à la Luire, allait devenir la proie des Arabes, lorsque Eudes, duc d'Aquitaine, vivement pressé par eux dans Toulouse, se décida a recourir au maire du palais d'Austrasie. Charles, comprenant l'immensité du danger, s'avança aussitôt avec ses Francs jusqu'à Poî*
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FRANCE
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tiers; et il y rencontra les Sarrasins, commandés par le wali Abd - el - Rahmam.
« Le sort du monde allait se jouer entre les Franks et les Arabes ! Les barbares d'Austrasie ne soupçonnaient guère quelles destinées étaient con liées à leur épée; cependant un sentiment confus de la grandeur de la lutte qu'ils allaient engager parut les saisir. Les musulmans, de leur côté, hésitèrent pour la première fois. Durant sept jours, l'Orient et l'Occident s'examinèrent avec haine et terreur. Les deux armées, ou plutôt les deux mondes s'inspiraient un étonnement réciproque par la différence des physionomies, des armes, des costumes, de la tactique. Les Franks contemplaient d'un œil surpris ces myriades d'hommes bruns , aux turbans blancs, aux bernous blancs, aux abas rayés , aux boucliers ronds, aux sabres courbés, aux légères zagaies, caracolant parmi des tourbillons de poussière sur leurs cavales échevelées; les cheiks musulmans passaient et repassaient au galop devant les lignes gallo-teutoniques, pour mieux voir les géants du Nord, avec leurs longs cheveux blonds, leurs heaumes brillants, leurs casques de buffle ou de mailles de fer, leurs longues épées et leurs énormes haches. Enûn, le septième jour, qui était un samedi de la fin d'octobre, vers l'aube, les Arabes et les Maures sortirent de leurs tentes aux cris des muezzins appelant le peuple fidèle à ia prière ; ils se déployèrent en ordre dans la plaine , et après la prière du matin, Abd-el-Rahman donna le signal. L'armée chrétienne reçut sans s'émouvoir la grêle de traits que firent pleuvoir sur elles les archers berbères. Les masses de la cavalerie musulmane s'élancèrent alors, et, poussant leur fameux cri de guerre : Allah Aqbar (Dieu est grand ! ) tombèrent comme un immense ouragan sur le front de bataille des Européens. La longue ligne des Franks ne ploya pas et resta immobile sous ce choc épouvantable, comme un mur de fer, comme un rempart de glace; les peuples du septentrion demeurèrent serrés les uns contre les autres, tels que des hommes de marbre. Vingt fois, les musulmans tournèrent bride pour reprendre du
champ et revenir avec la rapidité de la foudre; vingt fois leur charge impétueuse se brisa contre cette zone inébranlable; les colosses d'Austrasie se dressant sur leurs grands chevaux belges recevaient les Arabes sur la pointe du glaive, et frappant du haut en bas ces petits hommes du Midi , les perçaient d'outre en outre par d'effroyables estocades. La lutte se prolongea néanmoins tout le jour, et Abd-el-Rahman conservait encore l'espoir de lasser la résistance des chrétiens, lorsque, vers la dixième heure (quatre heures de l'a-
f très-midi), un tumulte terrible et de amentables clameurs s'élevèrent sur les derrières des musulmans ; c'était le roi Eudes qui , avec les restes de ses Wasconsetdeses Aquitains, tournait l'armée arabe, se jetait sur le camp du wali et en massacrait les gardiens. Aussitôt une grande partie de la cavalerie musulmane , probablement les Berbères, uitte le combat pour voler à la défense es richesses entassées sous les tentes ; tout l'ordre de bataille d'Abd-el-Rahman est bouleversé; le wali, désespéré, s'efforce en vain d'arrêter le mouvement rétrograde et de reformer des lignes ; le mur de glace s'ébranle enfin ; Karle et ses Austrasiens chargent h leur tour, culbutent, sabrent, écrasent tout ce qui se trouve devant eux; et le brave Abd-el-Rahman et l'élite de ses compagnons, renversés de leurs chevaux, disparaissent broyés sous cette masse de fer. A l'instant où le soleil descendit sous l'horizon, la foule confuse des musulmans se précipitait vers ses tentes, pressée dans toute la largeur du champ de bataille par une forêt mouvante de glaives, qui s'élevaient et s'abaissaient incessamment, abattant à chaque pas , sur le champ du carnage, une nouvelle file de cadavres. La fin du jour arrêta les Franks ; Karle n'essava pas de pénétrer de nuit dans ces tentes innombrables, qui ressemblaient de loin à une grande cité. Les Aquitains avaient été repoussés par les premiers escadrons accourus au secours du camp.
Karle fit sonner la retraite , et les Européens, brandissant leurs glaives avec dépit, passèrent la nuit dans la plaine, s'attendant à livrer une seconde bataille le lendemain pour la conquête des cam*