POITOU L'UNIVERS. POITOU
qu'après le milieu du huitième , le Poi- Cambolectri Agesinatet , peuple de tou resta sous la domination d'Eudes Poitou, dont le nom se trouve très-peu et de ses successeurs; il fut ensuite con- altéré dans celui <X .4izenay,tn Vendée.
3uis sur Waïfre par Pépin, qui y établit Voici d'autres pièces qui doivent encore es comtes héréditaires , lesquels pri- être attribuées aux Cambolectres : 1« rent bientôt le titre de ducs d'Aquitaine tête tournée à droite ; a . — cam ; cbe- (voy. Guienne). Le Poitou passa, ainsi val courant à gauche; au-dessus, une que l'Aquitaine, dans la maison des rois branche garnie de baies ; 2° téte tourd'Angleterre au douzième siècle; Phi- née à droite; r). — cheval courant à lippe -Auguste le confisqua sur Jean gauche; au-dessous une étoile à cinq sans Terre en 1204, et le traité de 1250 pointes; au-dessus une épée; 3* téte le céda définitivement à la France, tournée à droite; a-. — cheval sembla- Donné par saint Louis à Alphonse, son ble; au-dessus un sanglier; au-dessous frère, il fut, à la mort de celui-ci, réuni un x; 4° téle tournée à droite; t$.—
à la couronne; puis les Anglais le con- cheval semblable; au-dessus une bran-
3 uirent de nouveau en 1356, et le traité che garnie de baies; au-dessous un e Brétigny leur en assura la posses- point dans un cercle; 5° téte tournée à sion. Mais Charles V le leur reprit, et droite. r). — a ( agesinates? ); cheval le donna à son frère Jean, duc de Berry, en course; au-dessous un point dans après la mort duquel Charles VI en un cercle; 6° téte tournée à droite; disposa en faveur de Jean , son fils , rJ. — un cheval ; au-dessus un monoqui mourut jeune et sans enfants: de- gramme; au-dessous des lettres eûapuis lors, le Poitou resta toujours uni cées; 7° téte tournée à droite; ^. a la couronne. même cheval ; Kk(jnbotre}) ovi? nom Poitou (monnaies du). L'histoire de chef? 8e téte tournée à droite; numismatique du Poitou s'ouvre par r). — même cheval ; au-dessus une téte une médaille de la plus haute un- semblable. Telles sont les monnaies portance , c'est un quinaire ou demi- gauloises que nous croyons pouvoir atdenier d'argent, frappé au nom de Du- tribuer au Poitou. rat, ce fameux cher picton, allié de Voici maintenant la liste des mon» César, qui , dans la guerre des Gaules, naies mérovingiennes de cette provinrésista clans Limonum ( Poitiers ) à une ce : 1° pectansc ; tête diadémée, tourarmée d'Andécaves. En voici la descrip- née à droite; rJ. — adadom {Adado tion: durât, téte de Vénus tournée à monetario); croix à branches égales, gauche; v). — cheval courant à droite; entée sur un globe (denier d'argent); au-dessus un petit temple; à l'exergue, — 2° VBCT\\ïc{ivUas) ; téte tournée à ivltos. Cette pièce, comme on voit, a droite; a-. h avpegismv; crois anété frappée en vertu de l'alliance con- crée, entée sur un globe; 3° avdolbdue avec les Romains, et probablement wvs autour d'un soleil ? rJ. — pectav pour l'usage , non-seulement des Gaù- autour d'un point (denier d'argent du lois , mais encore de l'armée romaine, huitième siècle) ; 4° -+- pectavis civ; On connaît plusieurs faits analogues; téte tournée à droite; rJ. — avendo ainsi , on a d'autres quinaires sur les- monetar; croix; ancrée; 5° pectavis quels on lit: ivlivs et togirix. — civ; téte tournée à gauche; rJ. - + orgetorix et edvis. caboso monit ; croix ancrée, canton* Parmi les monnaies gauloises attri- née de deux roses aux troisième et qua* buées au Poitou, il faut encore compter trième cantons ; 6° pectavis ; croix sur
les suivantes: 1°brigios, téte tournée à un autel; r). h frantoaldo ; croix
gauche; a-. — cavalier en course. Cette chrismée cantonnée de deux besants
pièce, qui est en bronze, a été frappée aux troisième et quatrième cantons ; 7*
probablement à Brioux , qui , dans les -h pectavis ; tête tournée à droite;
textes anciens, est appelé Bigiosum. rJ. — fridirico ; croix ancrée; 8'+
2° Téle diadémée , tournée à gauche; pectaviscivi ; croix dans le champ;
— cambotre; cheval au galop, rJ. — oenobbbtomi (pour monatatio);
tourné à gauche; au-dessus une épée. même croix; 9° pbctavisci ;
Cette pièce d'argent a été attribuée aux tournée à droite; j*. — gocovaico au*
POITOU
FRANCE
POITOU
tour d'une croix ancrée; 10° + pectavis; tête tournée à droite; vj. h
maybivlfvs; croix à branches égales; li° pectavis; téte diadémee , tournée à droite ; a-. — pavlvs ; dans le champ, une victoire.
Toutes ces monnaies, comme on voit, portent seulement, d'un côté le nom de fa ville, et de l'autre celui du monétaire qui les a frappées ; rien ne prouve
3if à cette époque le roi ait usé du droit e battre monnaie à Poitiers; et comme un passage de Grégoire de Tours nous apprend qu'un évéque de cette ville , nommé Mérovée, frappa des triens pour se racheter lui et sa ville, dans un moment où elle était assiégée par un parti de Francs, ennemis du roi Chtlpénc, à qui cette ville appartenait alors; connue d'ailleurs il existe, dit-on, dans une collection de Paris, un denier d'argent sur lequel on lit pectavis ecclesie, tout semble prouver qu'a cette époque l'évêque de Poitiers était seul dans cette ville eo possession du droit de monnayage.
Les autres lieux du Poitou qui ont produit des triens mérovingiens, sont :
1" Brioux; on en connaît sept variétés des monétaires Chadulfus et Genostes.
Voici la description dfe l'une d'elles : BBiosso vico; téte tournée à droite; a-. — chadvlfomont; croix à branches égales, doublement chrismée et cantonnée de deux croisettes. Les autrès triens du même lieu présentent des types analogues. 2° Cenom (en latin Sannoné) : sainnono ; buste di;>démé, tourné à droite et armé d'une cuirasse; bJ. — domardo; cr< ix plantée sur un tertre et cantonnée de quatre bf >ants. Z*LeJard: - iabtovicovit {fit), tête tournée à droite; t). — invotisvdom; grénetis ; dans le champ une croix ancrée a toutes ses branches, et portée sur un globe. 4° Ijoudon. — lbvovni ; téte tournée à droite; a-. — sigimvndo; figure assise , tournée à gauche et portant dans la main un objet indéterminé.
5* Meron: — mibonnof; téte tournée à droite; — bebtoinom ; croix dans une couronne perlée. 6* Thouars. + toabeca (toare Castro) ; tête tournée à droite; ijj. 1- noinnomo; croix ancrée. 7* La Trcmouilte : tbemoello; tétetournée à droite; a- — bavdolkpvs; croix dont l'une des deux branches
transversales a la forme d'un t. 8ô Fouqueton: — tbvdomebe; téte tournée à droite; a-. — vvltaconno; vase dans le champ. On attribue encore au Poitou, et, entre autres, aux villes d' //ntignyy de Charroux, de Mette, etc., d'autres triens que nous ne décrirons pas ici, parce qu'ils ne nous semblent pas avoir été bien attribués.
Les plus anciens deniers carlovingiens du Poitou qui soient connus ont été frappés à Melle; et cependant, avant d'en parler , quoiqu'ils soient de beaucoup les plus importants, nous dirons quelques mots de ceux qui portent le nom de la province Poitiers. On n'en connaît jusqu'ici qu'un seul , qui porte le nom du roi d'Aquitaine Pépin : + pipinvs bex eq.; croix dans le champ; a- — pectavo; monogramme de P» pin dans le champ. Ce prince n'ayant été maître de Poitiers qu'en 857 , c'est à cette époque certainement que notre denier a été fabriqué. Les deniers de Melle, au contraire, sont nombreux, parce que cette ville possédait, sur son territoire, des mines d'argent fort célèbres à l'époque carlovingienne. C'était même de ces mines qu'elle avait pris son nom , car Melle s'appelle en latin Métalhtm. Dans l'edit de Pistes , Charles le Chauve la désigne comme une des dix villes où il devait être permis de frapper monnaie. Dès le règne de Charlemagne, on trouve des deniers de Melle,
3ui portent d'un côté , comme à l'orinaire, le nom du roi en deux lignes,
Clvs°' et de l'autre' medolvs en lé-
§ende circulaire autour d'un fleuron. Ces eniers, frappés en grande quantité sans doute, (luiront par prendre des légendes barbares et illisibles. Sous Louis le Débonnaire, nous trouvons à Melle un type fort curieux ; on y voit, d'un côté, le buste du roi, avec la légende hlvdovicys i mp aog.; et au revers, deux coins à battre monnaie, deux marteaux, et le nom du lieu, metallvm, écrit circulai rement. Le même revers se trouve sur une obole de Louis, dont le droit présente une croix. Les autres deniers frappés à Melle, sous Louis le Débonnaire, sont les suivants : 1° mêmes légendes que ci - dessus ; dans le champ droit et
une croix, au droit et au revers; T. XI. 40» Livraison, (Dict. encycl., btc.) 40
POITOU
2° croix au droit;1
L'UNIVERS, (sic) au revers;
POITOU
LLVM
8° (sic) au droit ; -f metallvm
Y v II*
circulairement autour d'une croix au revers. C'est aussi à cette époque qu'il
ment |es légendes carlys bbx bo et r ,
ou r ûuq, etc. , altération de francobvm ou eqvitanib. D ms la suite , les mines d'argent de Melle cessèrent d'être exploitées, et l'atelier de cette
faut placer une singulière pièce qui est ville fut fermé. On n'en continua cepen-
,nnnirmo m¥ nnr. ntl . îf . meta dant pas moins de frapper ailleurs des
anonyme, et porte au droit : LLVM (sic) denie£qui furent appelés deniers moo-
dans le champ; et au revers, H- MB- les, et qui, sous ce nom ou sous celui
tvllo circulairement autour d'une de deniers poitevins, avaient un cours
croix. très-étendu chez les croisés. Nous avons
Pépin, roi d'Aquitaine, fit aussi frap- déjà dit, à l'article Obole, que les deper des deniers à Melle; les uus ne diffè- nii rs maales avaient une division de rent de ceux de Poitiers que parce qu'on plus que les autres; Yobote, oui était la y lit au revers les mots metvll ou moitié du denier, et la demi-opole. Cette metvllo, au lieu de pectavo; les au- dernière pièce fut appelée maiile ou très portent , d'un côté seulement, le poitevine; et, de la province, elle passa monogramme de Pépin sans légende au- dans toute la France. Nous avons cetour, et de l'autre, metvllo autour pendant fait observer que maille est d'une croix ; c'est une imitation des quelquefois pris pour obole, tandis que pièces de Charles le Chauve qui , pen- pile ou poitevine désigne toujours la dant presque tout son règne, fut maître moitié de l'obole, du Poitou, et qui y avait fait fabriquer Cet état de choses dura jusqu'à Rides deniers semblables avec son mono- chard, qui entreprit de réformer la mongramme. naie du Poitou, et frappa, à Montrent
C'est sans doute à ce prince qu'il Bonin, de beaux deniers sur lesquels oa
faut attribuer les monnaies suivantes : lit, au droit, H bicardys hex au-
1° -f- cablvs bex fb; croix dans le pic
champ ; rL h metvllo ; mono- tour d'une croix, et, au revers, tato
gramme dans le champ (quelques per- ivsis
sonnes attribuent cependant cette pièee ( sic). Cependant les deniers maales cir-
à Charlemagne) ; 2 cablvs bex fb; culèrent encore quelque temps; et, ce
croix dans le champ ; b|. - MET\ Cette ?ui Ie f,rouve' c'es* ^ifence monte*
» .c ^ .u...F, ij. LLVM- v^nc ta|iee d,une mounaie p0,tevine seigneu-
J)ièce , calquée sur les deniers de Louis riale , que le successeur de Richard .
e Débonnaire, ne peut certainementétre Jean sans Terre, autorisa en faveur
refusée à son fils , non plus que la s ni- d'un de ses vassaux , Savari de Mau-
léon. Ce seigneur frappait sa monnaie à Mauléon, aujourd'hui ChâtUlon-sur- Sévre; et ses espèces étaient , de soo nom, appelées savaris. Les premières monnaies frappées en vertu de ce privilège n'étaient que des deniers calqués sur les deniers maales. On y voit , d uo côté , autour d'une croix , le
vante , 3° cablvs bex fb; même type;
Ri — J*J , lorsqu'elle est de bon aloi.
A partir du règnede Charles le Chauve, la domination des rois carlovingiens sur le Poitou ne fut plus, pour ainsi dire, que nominale ; les comtes s'emparèrent de tout le pouvoir; la monnaie de la
province leur appartint; et , sans s'in- seigneur savabicvs; et, de l'autre, ce-
quitter d'y faire inscrire .soit le nom du , , d , M „ met bj
prince régnant, soit le leur propre , ils alo * H
se contentèrent de continuer le type lo- n'ait jamais appartenu à ce seigneur,
cal , tout en l'altérant et en affaiblis- et qu'à cette époque, on eût tout à fait
fiant le titre. Melle cessa alors d'être le cessé d'y battre monnaie,
seul endroit de la province où l'on frap- Lorsque Jean sans l'erré vit ses ter-
St1t monnaie; à jVïor/, à Poitiers, et res confisquées par le roi de France,
ans d'autres lieux , on établit des ate- Savarv , quoique ennemi de son dou-
hers qui, loin de mettre leur nom sur veau suzerain, n'en continua pas mom
les espèces , y inscrivaient tout simple- d'exploiter autant qu'il le put son prut-
ppiTou FJUflCp, pour in al
lége; seulement, ce furent les espèces de Saintes et de Guienne qu'il se mit à imiter. Comme son ancien maître, le roi d'Angleterre, il s'était fait l'homme lige du pape, et mettait sur ses deniers le nom du Christ : + ihesvs; croix dans le champ ; — mslbociv ; dans le champ , trois croisettes , ou trois eroisettes et un a. Châtillon-sur-Sèvres ne porta jamais le titre de cité. L'existence des lettres civ sur ces monnaies est donc un fait remarquable ; elles y sont mises , sans doute , plutôt comme un nom de monnaie que comme un nom de lieu.
Philippe-Auguste, une fois mattre du Poitou , la monnaie tournois fut presque la seule en usage dans cette province, et si, à cette époque, les ateliers de Poitiers furent en activité, on n'y frappa que des tournois. Quoi qu'il en soit, on ne connaît jusqu'ici aucune monnaie de Philippe-Auguste, de Louis VIII ni de saint Louis, frappée en Poitou.
Cest à Alphonse, frère de ce dernier, qu'il faut descendre pour retrouver des espèces poitevines. Ce prince se contenta d'abord de calquer les espèces de Richard, sans doute parce que tout d'abord il ne se hasarda pas à imiter la monnaie de son frère. Déjà l'on sentait en France tout le tort que les contrefaçons monétaires faisaient à l'intérêt général. Voici les deniers les plus anciens qu'on ait de lui : 1° -+■ alfvnsvs coitfis; croix cantonnée d'une fleur de