‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 275 sur 434 · POIVRE L'UNIVERS. POLI · texte numérisé non relu

POIVRE L'UNIVERS. POLI

core parlé de cette arme dans une relation du siège de Rouen par Henri IV, en 1592.

Poivbb ( Pierre ) , né à Lyon en 1719, se destina de bonne heure aux missions étrangères , et , à vingt ans , après avoir employé quatre années en études préliminaires, il partit pour la Chine et la Cochinchine, où il recueillit une foule d'observations précieuses. II revenait en France pour s'engager définitivement dans les ordres, lorsque le vaisseau qui le ramenait fut attaqué par les Anglais. Le jeune missionnaire porta ses secours aux lieux les plus exposés, eut le bras emporté, fut fait prisonnier, puis conduit à Batavia , et renvoyé à Pondichéry, où il se trouva lors des funestes querelles de Dupleix et de la Bourdonnais. Repris par les Anglais lors de son second retour , il ne rentra en France qu'à la paix de 1745. Durant cette vie si pleine d'embarras, il n'avait cessé d'étudier avec ardeur tout ce qui se rapportait aux lieux qu'il visitait. Il présenta aux directeurs de la Compagnie des Indes les résultats de ses études, et leur proposa deux projets de la plus haute importance; le premier consistait à ouvrir avec la Cochinchine un commerce direct ; le second, à transplanter à l'île de France et à Bourbon les épiceries, dont la culture avait été jusque-là concentrée dans les Moluques. Ses plans furent approuvés, et on le chargea de les mettre à exécution. Il partit aussitôt pour les mers du Sud, établit un comptoir français à Faï-Fo, dans la Cochincnine, et rapporta a l'île de France quelques plants d'arbres à épices,

3ui furent le commencement du jardin 'acclimatation de cette tle. Il repassa alors eu Europe, fut pris une troisième fois par les Anglais, et ne put arriver en France qu'en 1757. La Compagnie des Indes était alors en pleine décadence ; on négligea de tirer de sa mission le parti que dans d'autre temps on eût été en droit d'en espérer. Il se retira à Lyon , et il y vivait à la campagne, «'occupant d'agriculture et d'économie rurale, lorsque le gouvernement le nomma intendant des îles de France et de Bourbon (1767). Il se rendit aussitôt à son poste, et, pendant six ans que

dura son administration, non-seulement il répara dans ces îles tous les désastres que la guerre y avait causés, mais il v introduisit tant d'améliorations, qu'il mérita de partager avec la Bourdonnais le titre de fondateur de ces belles colonies.

De retour en France, en 1773, il se retira de nouveau près de Lyon , et y mourut en 1786, laissant de nombreux manuscrits, dont quelques extraits ont été publiés sous le titre de Voyages cCvn philosophe.

Poix, Pisae, bourg de Picardie, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Somme. Ce lieu, qui avait anciennement le titre de principauté, appartenait à la maison de Noailles, à la fin du dix-huitième siècle; antérieurement , il avait été érigé sous le nom de Voix-Crêqui , en duché-pairie, en faveur de Charles de Créqui , petit-fils du connétable de Lesdiguières.

Poli ( don Bernardin ) est né à Solaro (Corse) en 1767. Nommé, en 1805, capitaine des chasseurs corses du Liamone, destinés à poursuivre les bandits, il fut promu, en 1807, au grade de chef de bataillon dans le même corps, et passa, en 1809, avec le même grade à I armée d'Italie. Chargé du commandement de la ville de Gavi, dans l'État de Gènes, il parvint à déjouer une conspiration qui avait pour but le massacre de la garnison française et la reddition de la ville aux Anglais. Il s'y trouvait encore en 1814. Bfen qu'il eût appris l'entrée des alliés à Paris, il refusa de rendre la place aux Anglais , et ne céda que lorsqu'il en reçut l'ordre de l'empereur lui-même , qui lui écrivit à cet effet de l'île d'Elbe.

En quittant Gavi , le commandant Poli alla à Porto - Ferraio rejoindre Napoléon, qui le nomma adjudant commandant et baron de l'empire. Bientôt après, l'empereur s'étant décidé à revenir en France, Poli fut chargé d'insurrectionner la Corse ; il s'acquitta de cette mission avec zèle, et en peu de temps l'île entière eut arboré le drapeau tricolore.

Lorsque Murât , réfugié en Corse en 1815, eut résolu la malheureuse expédition de Pizzo, Poli chercha à le détourner de ce projet; puis, lorsqu'il

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