PO LION AC
FRANCE
POOGXAC
le lieu de réunion des chefs de ce parti qui, vivant du produit des abus, ne cachait pas son éloignement pour des réformes devenues nécessaires, et qui les combattit bientôt par tous les moyens dont il put disposer. Indiscrètement comblée des faveurs de la cour, ainsi que le duc son mari, madame de Polignac fut soupçonnée d'abuser de son ascendant, et même de conseiller les machinations attribuées à la reine dans les premiers temps de la révolution. On imputait à sa famille de n'avoir été rien moins qu'étrangère à la dilapidation des revenus de l'État. Et , en effet , sept cent mille livres de traitemeuts ou pensions réversibles d'un membre sur l'autre n'étaient pas tout ce que les Polignac avaient obtenu de la libéralité ou plutôt de la coupable faiblesse du roi. Ils y avaient joint encore des concessions de terres et de péages. Aussi, lorsque la découverte du fameux livre rouge eut révélé à la nation les folies prodigalités de la cour, Mirabeau s'écria-t-il, en comparant leur partage à celui des représentants d'un héros : « Mille écus à la « familled'Assas pour avoir sauvé l'État; « un million à la famille Polignac pour « l'avoir perdu ! » Cette exclamation du célèbre orateur n'était que l'écho des malédictions populaires. La haine générale s'était attachée à la favorite et à tout ce qui portait son nom. Elle et ses parents se hâtèrent de fuir au moment où les premiers troubles de la révolution firent craindre que cette haine ne réalisât ses menaces; et, chose remarquable, ils furent les premiers émigrés.
Madame de Polignac se retira d'abord en Suisse avec son mari , sa fille et sa belle-sœur; puis, elle se rendit à Vienne, et y mourut à l'âge de quarante-quatre ans, le 9 décembre 1793. Son mari, après avoir fait la campagne des princes , dans l'armée de Condé, partit pour la Russie, et reçut de l'impératrice Catherine une terre dans l'Ukraine.
La restauration ne le ramena pas en France; il mourut à Saint-Pétersbourg en 1817.
Armand - Jules - Marie - Héraclius , comte de Polignac , né en 1771 , fils aîné des précédents, servait en 1789, en qualité d'officier, dans un régiment
de hussards. Il émigra avec ses parents, se maria en Italie, avec la fille d'un baron hollandais, puis alla rejoindre son père sur- ie Rhin , et fit, avec lui , la campagne des princes.
Lorsque l'armée de Condé eut été licenciée, il se rendit en Angleterre, auprès du comte d'Artois; puis entra, en 1803, dans la conspiration de Pichegru et de Cadoudal contre le premier consul , et y entraîna son frère Jules. Les deux rrères furent arrêtés. Traduit devant le tribunal qui devait les juger , Armand déclara qu'il avait eu une entrevue avec George, Moreau et Pichegru, dans laquelle il avait déclaré que si les moyens mis en usage ne portaient pas le caractère de la loyauté, il se retirerait en Russie ; Jules soutint qu'il n'y avait pas eu de conspiration. Du reste, leur procès fut remarquable par une lutte de dévouement fraternel, dans laquelle chacun d'eux plaidait la cause de l'autre aux dépens de la sienne propre. « Mon frère « est jeune et sans expérience, disait « Armand ; c'est moi qui l'ai entraîné; « s'il y a un coupable, c'est moi qui le « suis , et il ne doit pas en être la vie- « time. — Je suis seul, sans fortune, « sans état, disait Jules, et mon frère « est marié. Ne livrez pas au désespoir « son intéressante épouse ; que je sois « frappé, et non pas lui. » Les deux frères furent condamnés, Armand à la peine de mort, Jules à deux ans d'emprisonnement. Joséphine intercéda pour Armand , et obtint sa grâce du premier consul , qui commua sa peine eu une détention, laquelle plus tard fut réduite à une réclusion dans une maison de santé. Jules resta le compagnon de captivité de son frère. En 1812, ils se laissèrent duper par le général Mallet, qui leur persuada qu'il n'avait d'autre but que de rétablir les Bourbons. Enfin, en 1814, ils s'échappèrent pour aller rejoindre à Vesoul le comte d'Artois.
Le comte Armand fut nommé pair de France, en 1815; il devint duc a la mort de son père , puis reçut le titre de premier écuyer du roi. lï refusa, en 1830, de prêter serment de fidélité au nouveau gouvernement , et cessa de faire partie de la chambre des pairs.
Jules - Auguste - Armand - Marie ,
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