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et Trudaine et Perronet, le premier comme intendant, le second comme ingénieur, donnèrent à l'administration qui leur était confiée une face nouvelle. En 1767, l'école des ponts et chaussées fut créée par leurs soins, et dès le principe fournit au gouvernement des sujets tres-remarquabïes. En 1790, les ponts et chaussées furent distraits du département des finances et attribués au ministre de l'intérieur; le décret du 29 décembre 1799, en chargeant spécialement un conseiller d'État de la direction des ponts et chaussées, et de tout ce qui s'y rattache, laissa cette administration dans le département de l'intérieur. En 1815, on joignit la direction des mines à celte des ponts et chaussées. Lorsque, en 1839, on créa le ministère des travaux publics, la direction générale des ponts et chaussées et des mines fut supprimée, et les fonctions du directeur général furent attribuées à un sous-secrétaire d'État, qui relève du ministère, préside les sections, et a dans ses attributions le personnel et la direction de l'école des ponts et chaussées. Les ingénieurs sont divisés en trois classes : 1° ingénieurs en chef, 2° ingénieurs ordinaires; 3° aspirants ingénieurs. Il y a de plus un conseil général des ponts et chaussées, compose d'inspecteurs généraux et d'inspecteurs divisionnaires. Ce conseil est chargé d'examiner les projets qui lui sont soumis, et remplit, pour les affaires du corps des ponts et chaussées, les fonctions d'un conseil d'administration.
Po.nt-Vallain. Bourg du département de la Sarthe, auprès duquel du Guesclin et Clisson défirent, en 1369, les Anglais commandés par Thomas de Grantson. Un obélisque en pierre, élevé en 1828, par M. Dubignon d'Angers, désigne l'endroit où reposent les Bretons qui succombèrent dans le combat.
Population. S'il est vrai, comme récrit dom Martin Bouquet dans son Histoire des Gaules, que vers l'an 1580 avant J. C, au temps même où l'Egyptien Cécrops élevait les murs d'Athènes , et un siècle avant la délivrance des Hébreux par Moïse, l'Hercule gaulois ait fondé des colonies celtiques en Espagne et en Italie, ce fait prouvera que, dès l'antiquité la plus reculée,
le sol que nous foulons a été surchargé d'une population nombreuse, puisqu'une
{)artie a été contrainte de chercher des labitations ailleurs. Mais comme le savant qui le révèle peut n'avoir établi qu'une hypothèse hardie, et qu'il n'est point appuyé sur des preuves qui lui donnent une irrécusable certitude, nous n'en tirerons aucune conclusion, et ne le rapporterons que pour mémoire. Mais il n'en est pas de même de l'irruption des Gaulois , 600 ans avant l'ère chrétienne, en Germanie, sous le commandement de Sigovèse , dont on n'entendit plus parler, et sous celui de Bellovèse, qui s'établit avec ses compagnons sur les deux rives du Pô, et y fonda la Gaule cisalpine, car elle est, pour sa seconde partie, constatée par l'existence, pendant 375 ans , de l'État indépendant qu'avaient fondé nos aïeux dans cette contrée. Quand on voit, pendant le même laps de temps, les Gaulois sënonais prendre Rome , et en être chassés par Camille (390), subir une nouvelle défaite à Albe (366) , menacer de nouveau la ville éternelle (283), et qu'on trouve de leurs compatriotes établis dans l'Ibérie, sur les frontières de la Thrace, dans l'Asie Mineure, dans le midi de l'Italie, on est en droit d'en conclure que des hommes si prompts à transporter au loin leur domicile et leurs dieux, se trouvaient trop à l'étroit dans leur patrie , et qu'en ces temps-là , les diverses provinces de la Gaule contenaient trop d'habitants pour que tous pussent y vivre à l'aise , à moins qu'on n'aime mieux attribuer ces émigrations multipliées à cet esprit d'inquiétude et à ce besoin de mouvement qui ont si longtemps agité et transporté à de grandes! distances les peuples d'origine scythique.
Quoi qu'il en soit de ce qui précède, l'opinion la plus répandue parmi les savants, est que, lorsque César entreprit la conquête de la Gaule, l'an 58 avant J. C, elle contenait et nourrissait de 16 à 17 millions d'habitants. M. Dureau de la Malle, membre de l'Académie des inscriptions et belles- lettres, dans un Mémoire présenté, en 1836, à l'Académie des sciences morales et politiques, dit, sans produire aucun chiffre, que la lecture attentive des historiens ori-
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ginaux lui a fourni la preuve que la Gaule était très-peuplée, au temps dont nous parlons ; que sa population s'accrut sous la domination romaine; qu'elle décrut du troisième au quatrième siècle; qu'elle se soutint sous la première race; qu'elle diminua sous les Carlovingiens , par les guerres civiles et les ravages des Normands , pour se relever et prendre un accroissement considérable , après l'avènement de Hugues Capet, quand les brigands du Nord eurent occupé la Neustrie et quitté leur état de guerriers destructeurs pour prendre celui de gentilshommes propriétaires , lorsque la féodalité fut constituée, du dixième au douzième siècle.
Selon le savant académicien, la France au quatorzième siècle , avec une agriculture imparfaite, une mauvaise police, et l'absence presque totale de toute propreté, de précautions sanitaires, de commerce et d'industrie, avait une population aussi nombreuse que celle qu'elle possède de nos jours. Il résulte pour lui , d'un manuscrit du quatorzième siècle , conservé à la Bibliothèque du roi , et qui n'avait pas encore été employé, qu'au commencement du règne de Philippe de Valois, en 1328, on comptait dans les seules terres dépendantes de la couronne, et sujettes à S'aide, 2,504,837 feux ou manses,qui, multipliés par 4 1/2, nombre de personnes adopté pour chaque feu par les économistes , donnent 1 1,543,766 habitants, non compris ceux qui peuplaient les seigneuries ecclésiastiques et séculières, qui ne furent point soumis au dénombrement; les vilains qui possédaient au-dessous de dix livres parisis, et les serfs qui, dit le manuscrit, ne furent pas comptés. Il faut ajouter a ce nombre une multitude immense d'hommes d'égl ise et de personnes religieuses des deux sexes; les universités, et le corps entier de la noblesse qui ne payait point de subsides. Or, toujours selon M. Dureau de la Malle, comme les terres qui, sous Philippe de Valois, constituaient le domaine royal, faisaient à peu près le tiers de l'étendue actuelle de la France , il s'ensuit gue le territoire dont elle se compose aujourd'hui renfermait alors dans son sein au moins 7,694,511 feux, qui,
multipliés par le même nombre que plus haut , donnent le chiffre de 34,625,259 habitants.
L'académicien que nous citons fait la recherche et l'exposé des causes qui ont concouru à produire la nombreuse population dont les historiens lui ont para avoir constaté l'existence. Nous ne reproduirons point ses raisonnements, dans la crainte de trop allonger cet article , et mieux encore , parce qu'à notre avis, il a établi ses calculs sur une mauvaise base , et que son chiffre nou? semble évidemment exagéré.
M. Dureau de la Malle n'a pas pense que, lors de l'avènement des Valois, le domaine de la couronne, composé de l'Ile-de-France, de la Normandie, de h Picardie, de la Champagne, de la Bne, de l'Orléanais, du Berrv, des comtes de Sens et de Mâcon, d'une partie du Lyonnais , de la Touraine, du Poitou, du Quercy, du comté de Toulouse, et d'une grande partie du Languedoc, toutes provinces situées au centre du royaume, possédant une bien plus grande fertilité que les autres, avant joui les premières des bienfaits de' l'affranchissement , et formant d'ailleurs plus du tiers de la France, avait dû voir, soit par la reproduction, soit par les immigrations que les rois favorisaient secrètement de tout leur pouvoir, s'accroître sa population avec beaucoup plus de rapidité que les fiefs et les apanages, lî plupart tenus encore dans les liens de la servitude , et placés, sauf la Flandre, le Hainaut et quelques petites provinces, dans des conditions bien moins hvorables de fécondité, quant à ce qui concerne les productions alimentaires.
M. Dureau de la Malle n'a pas pense qu'à cette époque , la population était agglomérée dans les vallées , dans les plaines , le long des grands fleuves, ou tout au moins dans les bassins que parcouraient des rivières de certaine importance ; et au e les montagnes, encore couvertes de Dois, étaient abandonné aux bétes fauves. En effet, ce n'est aue dans les quinzième et seizième siècles que celles de la Franche-Comté ont nva leurs premiers défrichements, et ont et< rendues productives. Aujourd'hui, flje le chiffre de la population est réellement arrivé au point où M. Dureau d«
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la Malle et son manuscrit veulent qu'elle se soit élevée en 1328 , ceux de nos départements qui avoisinent les Alpes et les Pyrénées, quoique aussi grands, et quelquefois même plus gr.inds que ceux du centre , ne fournissent aux recensements que des nombres fort petits: ainsi, en 1841, le département des Basses -Alpes ne contenait que 156,055 habitants; celui des Hautes»
Alpes, que 132,584; celui des Hautes* Pyrénées, que 244,196; celui des Pyrénées-Orientales, que 173,592: ensemble, 706,427 pour les quatre, ce qui ne s'élève pas a la population du département de la Seine- Inférieure, dont le chiffre est de 737,601 habitants, et qui n'est qu'une fraction de la Normandie appartenant tout entière alors à la couronne. Cependant aujourd'hui , tout ce que les quatre départements possèdent de terres propres à la culture et au pâturage est mis en valeur, ce qui n'avait pas lieu au quatorzième siècle.
Il est donc évident que M. Dureau de la Malle , en disant que le domaine de la couronne ne formait, à l'avènement de Philippe de Valois, que le tiers de la France, a commis une erreur, car il en formait plus de \n moitié; qu'en prenant pour terme de comparaison la population de ce domaine, il a commis une autre erreur qui l'a conduit à exagérer beaucoup le chiffre de la population française en 1328.
Cette population, suivant M. Dureau de la Malle, décrut considérablement} de 1336 à 1452, par suite des guerres d'extermination qui eurent lieu durant cette période de 116 ans; guerres dans lesquelles une partie de la France combattait contre I autre avec un acharnement et une barbarie sans exemple , et qui eurent pour effet de couvrir , pendant plus d'un siècle , la France de compagnies de brigands, et d'arrêter la culture des terres. Cependant il trouve, dans Froissard, la preuve qu'en 1367, l'Aquitaine, qui était alors soumise à l'Angleterre, et dont l'étendue n'égale pas dix de nos départements, avait une population de six millions d'habitants au moins.
A partir de 145? et de la fin fies guerres avec les Anglais, la population se releva, et le mouvement ascensionnel
se continua pendant les premières années du seizième siècle ; mais il s'arrêta pendant les guerres de religion, et la population diminua par suite de luttes sacrilèges, où, quel que ftlt l'adversaire que Ion frappât, c'était un Français que l'on mettait a mort. Les guerres de Louis XIII et de Louis XIV, auxquelles vint, comme cause de dépopulation, se joindre, en 1685, la révocation de l'edit de Nantes, apportèrent une diminution sensible dans le nombre des habitants de la France. La guerre de la succession d'Espagne , qui s'ouvrit quatre ans après la paix de Ryswick, conclue en 1697, ne contribua pus à réparer les maux qu'avaient faits aux villes et aux campagnes les événements précédents, car elle fut plus funeste et plus meurtrière que toutes celles que la France avait engagées ou soutenues jusque-là. Néanmoins on exagéra le mal. Vers l'an 1705, Vauban lit faire une espèce de dénombrement , d'où il résulta qu'à cette époque, quoique la Lorraine ne fût point encore incorporée à la monarchie, la population de la France s'élevait à 19,094,144 habitants.
A la paix d'Utrecht, qui eut lieu eu 1713, la nécessité où s'était trouvé le gouvernement de faire enlever de force les hommes des campagnes en état de porter les armes, pour les enrôler dans les régiments, avait presque entièrement ruiné la population mâle. La longue tranquillité qui suivit le traité de 1718 combla graduellement les vides; et, à partir de la régence , la population fut en voie d'accroissement. Le cri de dépopulation était , malgré cela, toujours à la mode; et on affirmait gratuitement, et san s tenir compte de l'augmentation qu'elle recevait tous les ans, que la population de la France n'allait qu'à peine à 16 millions d'âmes. Cependant l'abbé Expiliy établit par des calculs qu'en 1765 elle s'élevait à 4,591,977 familles , lesquelles , à raison de 9 personnes pour deux familles , présentaient une masse de 20,905,418 individus.
Des relevés furent opérés en 1770, 1771 et 1772; et, du total, on fit une année commune ; puis on multiplia le chiffre des naissances par 24 1/4, ce oui donna 23,205,122 habitants; celui des mariages par 124 et l'on obtint