POPULATION L'UNIVERS
POKCIÊIf
22,487,235 ; relui des décès par un nombre que nous ne connaissons pas, on eut pour résultat 23,811,259; et pour moyenne de ces trois chiffres, 23,167,872 individus de tout sexe et de tout âge. Malgré ces données, l'opinion commune, en 1788, était que la population de la France ne dépassait pas 20 millions de personnes.
Les guerres de la révolution, tant dans l'intérieur qu'au dehors de la France, firent faire une halte à l'accroissement de la population ; et cela devait être , car , dans les départements de l'Ouest, quel que fût le parti vaincu, la perte, comme dans les guerres de religion du seizième siècle, était tout entière au préjudice de l'État. Néanmoins, quoique la vie des hommes ne fût point épargnée alors , cette perte n'apparut pas bien sensible, et, en résumé, se borna à celle du bénéfice
3ue chaque année eût fait en temps orinaire sur la précédente. Ce fut tout autre chose des guerres du consulat et de l'empire. Celles-ci , par l'effroyable consommation d'hommes qu'el les ûrent, produisirent une véritable disette de population virile; et quand elles prirent fin en 1814, il ne restait presque plus en France que des enfants de seize à dix-sept ans et au-dessous, et des hommes de trente-quatre à trentecinq ans et au-dessus, encore en bien plus petit nombre qu'ils auraient dû être. Jusqu'alors, on n'avait jamais fait de dénombrements rigoureux de la population. On s'était contenté de sup-
fm unions approximatives, basées sur e nombre des naissances, des mariages et des décès, multipliés , comme on l'a vu , par un autre nombre dont rien ne garantissait l'exactitude; et on n'était jamais arrivé qu'à un à peu près. Lorsqu'on s'imagina de faire opérer des recensements par les autorités locales, et u'on approcha aussi près que possible e la vérité , on se servit de cette mesure pour mentir au pays, en lui présentant des résultats que l'on savait être frauduleux, mais qui étaient de nature à lui faire croire que la mort était un agent de production, et que plus on tuait d'hommes, plus il y en avait en France.
La population française, aux abois en 1814, respira quand revint la paix , puis
reprit sa marche ascensionnelle pour ne plus la quitter; car, en 1832 , elle reçut un accroissement de 150,000 âmes, malgré le fléau asiatique qui la décima a plusieurs reprises dans soixante départements. Les recensements faits en l'année 1841 en portent le chiffre à 34,194,775 habitants; et, si nous conservons longtemps la paix en Europe, des habitations plus saines , des vêtements plus propres, une nourriture plus abondante et plus substantielle, enfin, une aisance plus générale et des habitudes d'ordre , si on a le bon esprit de tes prendre, coopéreront rapidement à l'accroissement graduel et continu de la population , ainsi qu'à une amélioration matérielle et morale.
Porcelaine. Voyez Céramique.
PoboÉpic (ordre du). L'ordre du Porc-Épic, appelé aussi duCamailou cFOriéans, fut institué par Louis d'Orléans , frère de Charles VI , en 1S93, à l'occasion de la naissance de Charles d'Orléans, son fils et son successeur.
L'insigne de cet ordre était unechaÎDe d'or, d'où pendait un porc-épicdemèioe métal, avec la devise : Continus et minus. Louis XII abolit cet ordre à son avènement à la couronne.
Porcien (monnaies des seigneurs de).
Les seigneurs de Porcien jouissaient pendant le moyen âge du droit de battre monnaie , et l'exerçaient dans plusieurs villes qui dépendaient de leur seigneurie. Chateau-Porcien, capitale du comté , devait nécessairement jouir de cette prérogative ; néanmoins les monnaies les plus nombreuses, conservées dans les cabinets des curieux , ont été frappées à Keuchâteau. Toutes les pieces des seigneurs de Porcien oui sont parvenues jusqu'à nous datent du commencement du quatorzième siècle, e( appartiennent à Gaucher de Châtitlo*- Les unes le représentent armé de pied en cap , l'écu au poing , la dague abais; : sée à la main droite , et auprès de lui un pal chargé de trois écussons à armes. Le même pal, chargé des mé»)« armes et accompagné d'une épée, se retrouve au revers ; la légende du dro» est G[alcfierius] cox[es) vo^cencUj, celle du revers, uo[neta} novicastH (Neuchâteau). On trouve encore de cette même ville de Neucbâteau des unit*-
PORÉE FRANCE. PORTAMS 673
tions des spadins de Lorraine , des esterons d Angleterre, et des cavaliers de Valeneiennes : ces dernières pièces sont remarquables , parce que Gaucher y prend les titres rte gaxcrri[>s] c[omes] porcensis, au droit, et de conestabilis francie, au revers. Outre la monnaie de Neuehâteau, on connaît encore des seigneurs de Porcien , celle d'Yves, localité qui leur appartenait , et où ils frappèrent des esterlins avec la légende de mon eta nova yve , ainsi que dans une autre ville dont le nom est inconnu, mais commence par un l. La seule pièce, peut-être, que Château-Porcien puisse revendiquer avec certitude , est une médaille copiée sur les monnaies des comtes de Namur , et qui porte pour légende gal. c. porcen. et monetapor. (Voy. Chateau-Porcien.)
Porée (Charles), jésuite , naquit le 11 septembre 1675 à Vendes, près de Caen, et entra dans la société en 1692. Apres avoir professé les humanités en province , il vint à Paris faire sa théologie, et eut en même temps la direction du pensionnat. Il remplaça, en 1708, le P. Jouvenci dans la chaire de rhétorique du collège Louis-ie-Grand, qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivée le 11 janvier 1741. Voltaire reçut ses leçons, et lui conserva toujours la plus tendre affection : « Jamais homme , écrivait-il quelques années après la mort de son ancien professeur, ne rendit l'étude et la vertu plus aimables. » Porée avait un tact remarquable pour démêler les dispositions de ses élevés. Il a écrit surtout en latin ; Sénèque et Pline le jeune étaient les auteurs qu'il s'était proposés pour modèles. « Il faut, donnait-il pour motif, commencer par former la jeunesse à un style pressé, vif et un peu épigrammatique, avant de lui proposer un style grave, périodique, soutenu; car en tâchant d'être nombreux et véhéments, les jeunes gens deviennent diffus et déclamateurs. » On a de Porée deux recueils de harangues, publiés l'un en 1735, l'autre, après sa mort , en 1747; six tragédies et cinq comédies en latin, qui ont paru par les soins du P. Griffet, les premières en 1725, les secondes en 1749. Ces diverses productions abondent en pensées fines et en expressions heureuses ; mais on peut re-
T. xi. 43* Livraison. (Dict. bnc
procher à l'auteur l'emploi des Jeux de mots et l'abus de l'antithèse. Dans ses oeuvres dramatiques, l'intrigue est d'un homme qui ignore le théâtre; mais l'intérêt est souvent très-vif, le dialogue animé, la morale toujours pure et parfaitement à la portée des jeunes gens.
Portal ( Antoine ), premier médecin consultant du roi, professeur au Collège de France, membre de l'Institut et de l'Académie royale de médecine, naquit en 1742 à Gaillac. Après avoir terminé ses éludes a Montpellier, il vint à Paris , où il ne tarda pas à se faire un nom. Recherché de Franklin, Buffon, d'Alembert, etc., il fut re<;u, en 1769 , à l'Académie des sciences. Il eut surtout le mérite de sentir l'un des premiers l'appui mutuel que la médecine et l'anatoinie doivent se prêter.
Il introduisit d'ailleurs dans l'art de guérir des réformes heureuses qui ont porté leur fruit. Les nombreux ouvrages u'il a publiés dans la première période e sa longue vie , quoique aujourd'hui arriérés et délaissés, n'en ont fias moins contribué à l'avancement de la science, et à ce titre restent toujours dignes d'estime. Parmi ces écrits, nous nous bornerons à citer son Histoire de l'anatoinie et de ta chirurgie , 1770-73. Cet illustre doyen des médecins mourut à Paris en 1832.
Portams (Jean-fctienne-Marie) , né en 1746 au Beausset, en Provence, fut dès l'enfance destiné au barreau : à v ingt et un ans, il gagnait sa première cause; et, peu de temps après , il jetait dans de nombreux Mémoires judiciaires, où se remarquaient une science profonde et une haute raison, les fondements de sa réputation. Il eut l'honneur de plaider contre de rudes adversaires, (auteur des Mémoires contre tes sieurs de Goézman, etc. , et le plus grand orateur parlementaire que nous ayons encore eu, Beaumarchais et Mirabeau, et il se montra digne de lutter contre de. tels athlètes. Mis à la tête de l'administration de sa province en 1789, il se distingua par sa modération , son activité et ses vues élevées. Nommé membre du Conseil des Anciens smis le Directoire, il devint une des lumières de cette assemblée ; mais s'étant opposé , en 1797, aux mesures violentes du gou-