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S6 POTIERS D'ÉTAIN L'UNIVERS. POUILLKT

mettre au rang des plus grands acteurs comiques de notre époque.

Potiers de terrb. Les fabricants de poterie et de vaisselle en terre cuite furent institués, vers 1260, en corporation. Voici les principaux articles de leurs statuts, qui furent recueillis par Etienne Boileau dans le Livre des Métiers :

« Quiconques est mestre potiers de « terre, il puet avoir tant de vallès « et d'aprentis qu'il veut et que mestier « li est, et aprendre ses aprentis à tel « terme comme il li plera ; ne ne doit « rien de chose que il vende ne achate « en son ostel , qui apartiegne à son • mestier.

« Nul ne doit vendre poz ne ouvrage « de poterie en la ville de Paris, en rues « ne en voieries, ne conporter ; aiuz sunt « tenuz à porter leur denrées ez haies, « où Pen a touziourz à cousturae à ven- « dre; et qui autrement le fera, il paiera « v s. au roy.

« Nul potier ne puet ouvrer de nuiz « seur roe, et se il le fet, il est à v s. « d'amende à poier au roy ; quar la « clartez de la nuit ne suflist pas à ou- « vrer seur roe.

« Nul potier ne puet commencer le « mestier de poterie à Paris , sans con- « gié des mestres , jusque à tant que il « est paie v s. au roi, et v à la con- « frayrie. »

Ces statuts furent renouvelés par Charles VII, en 1456 , et confirmés par Henri IV, en 1607.

La corporation des potiers fut, en 1776, réunie à celles des faïenciers et des vitriers.

Potiers d'étain. Ces artisans furent constitués en corps de métier par Étienne Boileau, vers 1^60. Voici les principaux articles de leurs statuts :

« Nus potiers d'étain ne puet ouvrer « ne nui, ne à jour de feste que commun « de vile foire; et quiconques le fera, il « iert à v sols d'amende à poier au roy; « quar la clartez de la nuit n'est mie si « sufûsans que ils pussent faire bone « œvre et loial de leur mestier.

* Nus mangnan, ne autres, soit de* « denz la vile, soit de dehors, ne puet « nule des cevres appartenans au mes- « tier des potiés d'estain, vendre à val « la vile, ne en son ostel, se l'œvre

« n*est de bon aloiement et de loial , et « se il le feit, il doit perdre l'œuvre, et « paier v sols de Paris au roi pour l'a- « mende.

« Li preudome du mestier de potier « d'estain requièrent que ij preud nom* « me du mestier soient esleu par le « commendement au prevost de Paris, « liquel doi preudome doivent jurer « leur sainz, que il le mestier deveat « dit garderont bien et loialment en h • manière desus devisée, et que li eo- « trepreseures du mestier feront savoir a au prevost de Paris ou à son conmeo- « dément. »

Les derniers statuts donnés à cetti communauté, en 1613, qualifiaient eeui qui la composaient de mattres potiers a'ètain et tailleurs d'armes sur étain, titre qui leur donnait le droit de graver et d'armorier tous les ouvrages d'étain qu'ils faisaient. L'apprentissage était de six ans, le compagnonnage de trois ans: la maîtrise coûtait 500 livres avec cbetd'œuvre.

Poudre a canon. Voy. A rues a feu, Canon et Feu grégeois.

Pouillet (Cl a u d e-Ser vai s- M athias) , né à Cusance (Doubs), en 1791 , entra en 1811, comme élève, à l'École normale, fut ensuite nommé maître <k conférences pour les sciences mathématiques, à cette même école, et professeur de physique au collège Bourbon; puis passa à la Faculté des lettres comme professeur suppléant. Nomme professeur en titre au bout de quelques années, il obtint, eu 1829, h place de sous-directeur du Conservatoire des arts et métiers, où il occupa en même temps la chaire de physique. li devint, en 1831, professeur de physique à l'rtcole polytechnique, en remplacement de Duloiîg; mais des raisons de santé lui firent bientôt donner sa démission, et à la fin de la même année, il lut désigné pour remplir, au Conservatoire des arts et métiers, les fonctions de professeur-administrateur. Il est entre, en 1837, à l'Académie des sciences Parmi les travaux de ce physides éminent, nous citerons : 1° Mémoire sur les anneaux coloriés qui se forment par la réflexion de la lumière i la seconde surface des lames épaisses, et sur un nouveau phénomène qui s>

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rapporte, 1816. 2° Mémoire sur de nouveaux phénomènes de production de la chaleur, 1822. 3° Deux Mémoires sur -tes phénomènes électro-magnétiques, 1822-1827. 4° Mémoire sur la chaleur solaire, 1824. 5° Deux Mémoires sur l'électricité des fluides élastiques, et sur l'origine de l'électricité de l'atmosphère, 1825. 6Q Mémoire sur la mesure des courants thermo-électriques , et sur un nouveau moyen de déterminer l'intensité magnétique de la terre. 7° Mémoire sur les températures auxquelles diverses substances perdent leurs propriétés magnétiques, et sur un rapport qui semble exister entre les apparences magnétiques de ces substances et le nombre des atomes oui les composent, 1829. Traité de physique et de météorologie, 182.}-

Pouilly (paix de), 8 juillet 1419.

Deux mois environ avant l'assassinat de Jean sans Peur, le dauphin eut avec lui, sur le pont de Pouilly, une conférence pour traiter de la paix. « Une cabane de feuillage, ornée de draperies et d'étoffes de soie, avait été élevée sur ce pont, qui est à une lieue de Melun ; les deux princes s'y rencontrèrent, accompagnés chacun de dix chevaliers seulement; ils avaient laissé leur garde à deux traits d'arc en arrière. La dame de Giac, ancienne dame d'honneur de la reine, avait surtout contribué à amener ce rapprochement. Elle était connue du dauphin et liée avec plusieurs de ses conseillers intimes; elle avait persuadé aux uns et aux autres de donner leur consentement au traité qui fut signé sur le pont de Pouilly. Ce traité, au reste, ne semblait, non plus que les précédents, point décider des questions en litige ou donner des garanties qui eussent demandé de longues négociations. Le dauphin et le duc promettaient réciproquement de mettre en oubli toutes les offenses passées : le duc s'engageait à servir le dauphin comme la première personne dans le royaume après le roi; le dauphin, à traiter le duc comme son proche et loyal parent, et tous deux convenaient de gouverner de concert le royaume. Les principaux serviteurs des deux princes furent appelés à jurer l'observation de ce traité, et ils furent sommés de renoncer à leur fidélité ,

ainsi qu'à tout service et toute obéissance envers celui des deux qui viendrait à le violer (*). »

Poullb (Louis), abbé de logent, célèbre prédicateur, né à Avignon en 1702, mort dans la même ville en 1781. Aucun de ses sermons n'avait encore été imprimé, lorsqu'on 1776, cédant aux instances de son neveu, vicaire général 5 Saint-Malo, il consentit à lui en dicter onze, qui s'étaient conservés dans sa mémoire depuis quarante ans, et qu'il retoucha ensuite. Ils parurent à Paris en 1778, 2 vol. in-12.

Poijque ville (François-Charles-Hugues-Laurent), historien, né en 1770 au Merlerault (Orne), lit ses études à Caen» puis vint à Paris suivre les cours de médecine du célèbre professeur Dubois, qu'il accompagna dans l'expédition d'Egypte. Pris, à son retour, par un corsaire barbaresque, il fut emmené en Morée, et subit à Tripolitza dix mois d'une dure captivité. Il fut ensuite conduit à Constantinople, et fut renfermé pendant de\i\ ans au château des Sept- Tours. Mis enfin en liberté, il revint à Paris en 1801, et y publia, pour se faire recevoir docteur en médecine, une thèse qui fut mentionnée dans le rapport du concours pour les prix décennaux. En 1805, parut son Voyage en Morée, à Constantinople, etc., 3 vol.

in-8°. îîommé par l'empereur consul à Janina, il résida près du fameux Ali-Pacha jusqu'en 1816; fut nommé, lors de la restauration , consul à Patras, et y fut, en 1817, remplacé par son frère. De retour en France, il publia son Voyage en Grèce, 1820-22, 5 vol. in-8°, ouvrage qui dut une partie de son succès aux circonstances, et pour lequel l'auteur avait, saus en rien dire, beaucoup profité des travaux de ses devanciers. 11 le refondit en partie dans son Histoire de la régénération de la Grèce, comprenant le précis des événements depuis 1740, Paris, 1 825, 4 vol. in-8°. Admis à l'Académie des inscriptions, il se présenta plusieurs fois, mais vainement, à l'Académie française, et mourut à Paris en 1838. On lui doit encore : ÏHUtoire de la Grèce, dans

(•) Sismoadi, U'ut. des Français, t XII, p. 574.

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Ylfnivers pittoresque, plusieurs Mémoires, dans le Recueil de l'Académie des inscriptions, nouvelle série, et enfin de nombreux articles dans les journaux.

Pourpointiers. Cette corporation, dont il n'est pas parlé dans les registres d'Étienne Boileau , reçut ses premiers statuts, en 1323, de Jean Loncle, prévôt de Paris, qui déclare dans le considérant que les pourpointiers n'avaient eu jusqu'alors ni ordonnance, ni établissement, et que le métier de pourpointier est nécessaire au menu peuple.

Un des articles de ces statuts porte que le maître pourpointier peut avoir un valet pelletier, parce que l'on garnissait les pourpoints de fourrure. Les pourpointiers achetaient leur métier moyennant 12 sous, dont 8 pour le roi, et le reste pour les gardes jurés de la corporation.

Poussin (Nicolas) naquit aux Ande- Ivs en 1694. Il appartient donc tout entier à ce dix-septième siècle où l'on vit tous les arts prendre un si grand développement, mais qui fut surtout pour la peinture une époque brillante. Pendant le seizième siècle, la peinture avait fait peu de propres; ni Jean Cousin, ni Frémi net n'avaient formé d'école. Poussin et Simon Vouet, qui naissaient presqu'en même temps, devaient être les chefs de l'école française. L'enfance de Poussin n'offre rien de remarquable ni d'extraordinaire : lils d'un gentilhomme sans fortune, il était peut-être destiné à la carrière militaire; mais ses goûts devaient l'entraîner dans une autre voie. On a signalé comme un des signes frappants de la vocation à la-

auelle il dut obéir plus tard, que, penant le cours de ses premières études , il chargeait les marges de ses livres de figures et de dessins ; mais, s'il n'y avait pas eu, dans le commencement de la vie de Poussin, une lutte avec la mauvaise fortune qui semblait toujours l'éloigner du chemin où il voulait entrer, nous serions peu disposés à admettre ces pronostics de talent qu'on pourrait retrouver chez bien d'autres enfants oui n'ont pas, comme lui, entendu I appel secret du génie des arts. Quoi çm'il en soit, Poussin était encore bien jeune lorsqu'il rencontra Quentin' Va-

ERS. porssi.f

rin , peintre d'Amiens, qui l'Initia aux premiers travaux de son art. Bientôt les conseils de ce peintre ne suffirent plus au jeune élève; et, à peine âge de dix-huit ans , il partit à l'insu de son père pour Paris , où il arriva sans recommandation et presque sans argent. Il fit connaissance d'un gentilhomme poitevin , qui , amateur de.

peinture, lui donna les moyens de s'instruire; il passa successivement dans l'atelier de Ferdinand Elle de Malines, peintre de portraits, et dans celui de Lallemaut, peintre lorrain. A La même époque, il était en relation avec un mathématicien du roi aux paiera du Louvre, possesseur d'une collecUoB de gravures d'après Raphaël et Jules Romain , et de quelques dessins orignaux. Poussin ne laissa pas échapper cette première occasion que lui ofinii le hasard; et il emprunta à l'un de ces grands peintres sa correction, et a l'autre , sa hardiesse de dessin. Il accoro-

Sagna ensuite son jeune protecteur ans le Poitou ; mais la mère du Gentilhomme (it du peintre un domestique, et Poussin dut bientôt fuir un pareil emploi. Parti à pied , il trouva dans son pinceau une utile ressource pour son voyage à travers la province; c'est à cette époque qu'il peignit quelques bacchanales pour le château de Chiverny et deux tableaux d'églîse pour les capucins de Blois. Mais, pour lui, commença bientôt cette vie de tribulations, d'ennuis et de dégoût, qui semble être réservée par le sort à tous les artiste* à l'entrée de leur carrière; c'est comme une espèce d'avertissement divin qu'eu se lance dans un chemin périlleux , et qu'il faut faire provision de force et de courage. Poussin n'en manqua pas;. irrivé à Paris, il tomba malade de fatigue et d'épuisement; il retourna chercher la santé aux Andelys; puis, deux fois, tenta vainement dé voir ce soleil d'Italie, qui, dans sa pensée, devait échauffer son <1me et lui ouvrir la vraie voie. La première fois, il alla jusqu'à Florence: mais il fut bientôt obligé de revenir J Paris , où il fut employé avec PhdiPf* de Champagne, à qui il avait donné des conseils , sous les ordres d'un nomme Duchesne, chargé des travaux de peinture au Luxembourg , et qui se garda

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