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même sujet, et cette pièce méprisable^ sous tous les rapports fut mise au-dessus de l'un des plus admirables chefsd'œuvre de la scène française. Pradon mourut à Paris en 1698, à l'âge de soixante-six ans. Ses ouvrages sont :

Pyrame et Thisbé; Tamertan, ou la Mort de Bajazet ; Phèdre et Ilippolyte, 1677 ; la Troade ; Statira ; liègulus , la moins mauvaise de ses pièces ; Scipion t. 4fr ira in; le Triomphe de Pradon, 1684, m 12, le monument le plus ridicule que la fatuité littéraire ait pu produire; Nouvelles remarques sur les ouvrages du sieur />..., 1685, in-12; Le Satirique français expirant , Cologne, 1689; plusieurs pièces de vers contre Boileau, et une comédie sur Racine, intitulée: le Jugement d'Apollon sur la Phèdre des anciens.

Pbadt (Dominique Dufour, abbé de), né à Allanche en Auvergne, en 1759, était grand vicaire de Rouen quand la révolution éclata. Nommé député du clergé aux états généraux, il vota avec l'abbé Maury, passa à l'étranger en 1791, et ne revint en France que sous le consulat. Il dut alors à son enthousiasme pour Bonaparte et à la protection de Du roc, son parent, une rapide accumulation de faveurs : il fut nommé successivement aumônier de l'empereur, baron de l'empire, évéque de Poitiers, archevêque de M;ilines, ambassadeur en Espagne d'abord , puis, plus tard , en Pologne. En Espagne, il prit part aux intriçues qui Unirent par amener l'abdication de Charles IV; en Pologne, il s'acquitta fort mal de sa mission, ce qui détermina Napoléon, après la campagne de Moscou, à le priver de son titre d'aumônier et à le renvoyer dans son diocèse. Dès ce moment, l'abbé de Pradt devint l'ennemi acharné de l'empereur; et quand les alliés, en 1814, furent entrés à Paris, il prit la part la plus active aux intrigues conduites par Talleyrand, et qui amenèrent le refus que firent Alexandre et ses alliés de traiter avec Napoléon , l'abdication de ce dernier et le rappel de Louis XVIII. Malgré l'enthousiasme que l'abbé de Pradt Ot éclater pour les Bourbons, il fut très-froidement accueilli par eux. Bientôt même on lui fit entendre qu'il devait renoncer à son ar-

chevêché. Il y consentit, moyennant une forte rente viagère qu'on lui assura, et se retira dans ses riches propriétés du Puy-de-Dôme et du Cantal , où il mena, jusqu'en 1827, la vie d'un grand seigneur, s'occupant beaucoup d'agronomie, publiant quelques ouvrages qui éveillaient de temps en temps sur lui I attention publique, et lui attiraient, avec les sarcasmes du parti royaliste, les éloges d'une fraction du parti libéral. Nommé, en novembre 1817, député de l'arrondissement de Clermont, il parut à la chambre une seule fois, et donna le lendemain sa démission , parce qu'il trouvait, disait-il , la gauche trop timide et pas assez révolutionnaire; mais, en réalité, parce qu'il ne se voyait pas en état d'arriver à la place qu'occupaient alors Casimir Perrier, Benjamin- Constant et autres. Depuis lors, son nom est resté dans une assez triste obscurité. Il est mort en 1837. On a de lui une foule d'écrits de circonstance, où il se montre spirituel et incisif, mais prolixe et superficiel. Il avait la manie de prophétiser; mais, triste Cassandre , ses prédictions n'étaient crues de personne . et , de plus , la plupart du temps, l'événement prenait soin d'en montrer la fausseté. Donnons cependant la liste de ses principaux ouvrages : l£s trois âges des colonies, 1S01 ; L* Europe et les colonies depuis le traité aVAix la-Chapelle, 1821 ; Europe et Amérique en 1821 et 1823 (1824); Histoire de l'ambassade dans le grand-duché de Varsovie, en 1812 (1815), son ouvrage capital , niais composé avec une extrême partialité.

Pragmatiques sanctions. Cenom, j que Ton donnait en général aux ordon- ; nances des rois de France et aux résolutions de la diète de l'empire germanique dans les douzième, treizième, guatorzième et quinzième siècles, n'a été conservé par l'histoire qu'à quelques actes fameux : la pragmatique sanction de saint Louis ; celle de Charles VII de France ; celle de Charles VI d'Allemagne, et celle de Charles III d'Espagne. Nous ne parlerons que des deux premières , les seules qui soient relatives à la France.

1° Pragmatique sanction de saint Louis. Ce priiice, avant de partir pour la

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seconde croisade, celle de Tunis, voulut assurer le repos de l'Église gallicane, et prévenir les troubles que pouvaient occasionner, pendant son absence, l'avidité de la cour de Rome et le défaut de lois précises sur les relations de la France avec le saint-siège. Pour cela , il rendit, en 1268 ou 1269, une ordonnance par laquelle , après avoir déclaré que la couronne de France ne relevait que de Dieu seul , il posait en droit la liberté des élections canoniques, prohibait les réserves, les grâces expectatives, déniait au pape les droits de promotion, collation; établissait, en un mot, les libertés de l'Église gallicane, et s'opposait aux exactions de la cour de Rome.

2° Pragmatique sanction de Charles y IL Cette ordonnance célèbre, fondée sur les décrets du concile de BâMe, fut publiée à Bourges, en 1438. On l'appelle aussi , pour cela , pragmatique sanction de Bourges, File n'est, a proprement parler, qu'un recueil des canons dressés par les Pères du concile de Bâle, auxquels on ajouta quelques modifications relatives aux usages et aux circonstances actuels.

Elle était divisée en 23 titres, qu'il serait trop Ions; de rapporter ; en somme, elle établissait que tout concile général, représentant l'Église universelle , avait une autorité supérieure à celle du pape; elle consacrait la liberté des élections canoniques, ôtant au pape la nomination aux évéchés et bénéfices, et ordonnant que chaque église élirait son évéque, et chaque monastère son abbé ou prieur; elle abolissait les réserves, les grâces expectatives et les annales; limitait les appels en cour de Rome, bornait les effets de l'excommunication et de l'interdit , etc.

La pragmatique sanction fut enregistrée au parlement et adoptée avec joie par l'Église de France. Elle fut maintenue dans son entier sous Charles VII , qui même en ordonna de nouveau l'exécution en 1453; mais la cour de Rome ne voulut jamais l'approuver : elle fut regardée par les souverains pontifes comme un attentat aux droits du saintsiége, comme une ennemie dont la destruction devait être le but de tous leurs efforts. C'était, disait Pie II , une tache

qui défigurait l'Église de France. Léon X l appelait la corruption française établie à Bourges.

Louis XI , gagné par les trompeuses promesses de la cour de Rome, supprima la pragmatique sanction au commencement de son règne; mais ce ne fut que nominalement, car, selon les besoins de sa politique, il la fit exécuter à l'égard soit des grands, soit des papes. En voici un exemple : en 1476, le cardinal de la Rovère, légat d'A rinon , prétendit étendre son autorité ans le royaume. Louis XI fit examiner les bulles du pape Sixte IV , et en lit retrancher tout ce qui était contraire, aux libertés de l'Église de France. 11 défendit à tous ses sujets , même aux moines mendiants, de sortir du royaume sans sa permission, de peur qu'ils n'allassent porter de l'argent à Rome. Il somma le pape de convoquer un concile, conformément aux canons du concile de Constance ; le menaçant, s'il refusait, de convoquer un concile national. Le légat, effrayé, vint lui demander grâce.

Observée sous Charles VIII et sous Louis XII, la pragmatique fut détruite sous François VT. Ce prince, après la conquête du Milanais, voulant se faire un allié en Italie, consentit à supprimer cette ordonnance odieuse au pape. De plus , les élections canoniques avaient souvent donné lieu aux plus grands scandales. « On élisoit, dit Brantôme, celui qui estoit le meilleur compagnon, qui aimoit le plus les chiens et les oyseaux, qui estoit le meilleur biberon, bref, qui estoit le plus desbauebé, afin que, l'aïant fait leur abbé ou prieur, par après il leur permist toutes pareilles desbauches, dissolutions et plaisirs. Il y avoit pareils troubles ès esleclions canoniales ; car les chanoines estoient mauvais garçons et s'aydoient aussi bien de l'espée que du bréviaire. • La pragmatique fut remplacée par le concordat, où les intérêts des deux cours de France et de Rome furent ménagés avec art. Toutefois, ce traité excita en France les plus vives réclamations de la part du clergé, du parlement et de l'université; signé le 15 août 1516, il ne fut enregistré qu'en 1SI8, après plusieurs remontrances du parle-

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