PRAGUE FRANGE. PRAGUE
ment et du très - exprés commande' ment du roi, plusieurs fois répété.
Après en avoir arraché l'enregistrement, François 1" ne put en obtenir l'exécution entière. Le regret et l'esprit de la pragmatique sanction durèrent longtemps. Sous les successeurs de ce prince, le parlement et le clergé ne cessèrent de réclamer contre le concordat et en faveur du rétablissement de la pragmatique. On fit des prières publiques pour l'abolition du concordat.
Au concile de Trente, Amyot, ambassadeur de Henri II, et le cardinal de Lorraine, enfin, aux états de Bloisde 1579, les trois états, demandèrent avec les plus vives instances le rétablissement des élections. Il en fut de même au concile de Rouen en 1581, au concile de Reims de 1583, à rassemblée des notables de 1596 à Rouen, aux assemblées du elergé de 1580, 1595, 1605, 1606; les mêmes vœux furent encore exprimés dans une foule de remontrances du parlement, jusque sous le règne de Louis XIII ; c'était le cri de la nation. « Le « parlement, disait le président de Mai- « sons, tire toujours le plus qu'il peut m vers la pragmatique.» En 1625, l'avocat général Talon regrettait la sainte discipline des élections; et, plus tard, le chancelier d'Aguesseau disait encore:
la pragmatique sanction, plus respectée et plus respectable en effet que le concordat. Voy. Clergé et Concordat.
Prague (prisede). L'empereur d'Autriche Charles VI étant mort en 1741, les prétendants à l'empire furent nombreux. Marie-Thérèse, fille de Charles VI et femme de François de Lorraine, se fondait, en réclamant le trône, sur le droit naturel et sur la pragmatique sanction publiée parson père. L'électeur de Bavière, le roi de Pologne, l'électeur de Saxe, le roi d'Espagne élevaient aussi des prétentions plus ou moins solides.
La France n aurait pas été fâchée de voir passer la couronne à l'électeur de Bavière au détriment de Marie-Thérèse , et de pouvoir abaisser ainsi une maison qui avait été si longtemps pour elle une puissante rivale.
Le maréchal de Belle-Isle fut envoyé en Allemagne, et il convint avec le roi de Prusse et la cour de Saxe des mesures
à prendre pour faire réussir ce projet.
L'électeur de Bavière s'empara de Lintz, de Passau, et fit sa jonction avec l'armée française. Les deux armées combinées, sous* les ordres du comte Maurice de Saxe, lieutenant général au service de la France, et frère naturel du roi de Pologne, marchèrent sur la capitale de la Bohême. « Il fallait, dit l'auteur des campagnes de Louis XV, ou prendre Prague en peu de jours ou abandonner l'entreprise; la saison était avancée et l'armée manquait de vivres.
Cette grande ville, quoique mal fortifiée , pouvait soutenir les premières attaques. Le général Ogilvi, Irlandais de naissance, commandait dans la place, avait 3,000 hommes de garnison, et le grand-duc marchait à son secours avec une armée de 30,000 hommes. Il était déjà arrivé à cinq lieues de Prague, le 25 novembre 1741 ; mais la nuit même les Français et les Saxons donnèrent l'assaut.
« Ils firent deux attaques avec un
{;rand fracas d'artillerie qui attira toute a garnison de leur côté. Pendant que tous les esprits se portaient de ce cotélà, le comte de Saxe fit préparer en silence une seule échelle vers les remparts de la ville neuve, à un endroit très-éloigné de l'attaque. M. de Chevert, alors lieutenant-colonel du régiment de Beauce, monte le premier; le fils aîné du maréchal de Broglie le suit : on arrive au rempart, où l'on ne trouve qu'une sentinelle ; on monte en foule, et Ton se rend maître de la ville. Toute la garnison met bas les armes. Ogilvi se rend prisonnier de guerre avec ses 3,000 hommes. Le comte de Saxe préserva la ville du pillage; et, ce qu'il y eut d'étrange , c'est que les conquérants et le peuple conquis demeurèrent confondus sans qu'il y eût une goutte de sang de répandu.
« Quoique la ville de Prague eût été prise d'assaut, les ordres que donna le comte de Saxe pour prévenir le désordre furent si bien exécutés, que les trois quarts des habitants n'apprirent que le lendemain, en se levant, qu'ils avaient passé sous une autre domination : les magistrats de la ville, pénétrés de reconnaissance, firent présent à leur vainqueur d'un diamant de 40,000 écus. •