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PRAIRIAL FRANCK

PRAIRIAL

tribunes, que des femmes avaient envahies.

Tsabeau donna lecture du plan d'insurrection que les conjures avaient fait répandre à profusion. Ce document, remarquable surtout par les considérations énergiques qui le précèdent, et qui se résumait par ce double vœu : Du pain et la constitution de 1793, fut accueilli par de bruyants applaudissements partis des tribunes. Clauzel découvrit sa poitrine et affirma, en menaçant du poing les tribunes, • que les « chefs du mouvement seraient punis et « que le soleil ne se coucherait pas sur

• leurs forfaits. » La discussion continuait; on s'accusait mutuellement; Génisseux tâchait de prouver au peuple que l'insurrection n'augmenterait pas la ration quotidienne du pain , lorsque La porte vint, au nom des comités, présenter un projet de décret qui rendait la commune de Paris responsable de toute atteinte portée à la représentation nationale, et appelait les citoyens, collectivement et individuellement, aux armes sous les ordres de la Convention. Les chefs d'attroupements étaient mis hors la loi , et l'assemblée se déclarait en permanence jusqu'au rétablissement de la tranquillité publique.

Ce décret, que les tribunes publiques accueillirent par des éclats de rire, fut mis aux voix et adopté.

Une députation de la section Bonconseil fut alors introduite à la barre, et son orateur eut la parole ; il lut une pétition pleine de calme et de sagesse. « C'est au nom de la liberté, disaient

• les pétitionnaires , que de nouveaux « vampires s'engraissent de notre subs- « tance et se nourrissent de nos lar- « mes..... Doit-il dépendre de la por-

• tion du peuple qui a les subsistances « entre ses mains d'affamer à son gré « le citoyen ? Soyez justes, législateurs, « mais réprimez par des mesures sages « et sévères les agioteurs, les malveil- « lants et les affameurs. La famine n'est « pas la seule arme qu'emploient nos « ennemis pour nous assassiner; le char- « bon manque, les chantiers sont vides. m Pendant l'hiver, c'était la glace qui « empêchait l'arrivée des trains ; les « glaces sont fondues , et cependant ces « trains tant promis n'arrivent pas. Des

« spéculateurs infâmes n'ont pas honte « de vendre jusqu'à 3 et 400 francs les « bois promis cet hiver aux citoyens des « sections sur le pied de 40 fr. la voie. « C'est par la justice et Véquité qu'il «faut rétablir la confiance publique, « que les mesures révolutionnaires • détruisent , bien loin de la corn- « mander. »

Cette pétition , qui peut donner une idée de la mesure et du sens droit de la population laborieuse de Paris, fut renvoyée aux comités. L'Assemblée adopta un projet de proclamation que Matthieu lui soumit; douze membres furent choisis pour se rendre dans les arrondissements des sections et pour éclairer le peuple sur les manoeuvres à l'aide desquelles on l'égarait.

Un long tumulte et les cris : Du

Îwin% du pain interrompirent bientôt a séance. « Est-ce que fa Convention «aurait peur? » s'écria Châteauneuf- Randon. « Sachons périr, s'il le faut! » répondit Féraud , celui-là même dont, quelques heures plus tard , on devait promener la téte au bout d'une pique.

1^ président menace vainement de faire arrêter les agitateurs; de nouveaux renforts d'insurgés envahissent les tribunes , et au même instant un bruit sourd et répété annonce que les assaillants tentent d'enfoncer la porte de la salle à gauche. Déjà on entendait le bruit des plâtras qui se détachaient et se brisaient en tombant. Le président chargea un officier général présent à la barre, du commandement ae la force armée, et lui ordonna de faire respecter la Convention. Quatre fusiliers et quelques jeunes gens armés de fouets de poste montèrent dans les tribunes et en Orent sortir toutes les femmes qui les remplissaient.

Mais les tribunes étaient à peine vidées, que la porte attaquée, cédant sous les efforts des assaillants, ouvrit un passage à la multitude ; des citoyens armés entrèrent en même temps par la porte opposée et tentèrent de repousser les insurgés ; une lutte s'engagea dans l'enceinte même et sous les yeux des législateurs , qui se retirèrent dans la partie supérieure de la salle, protégés 4>ar la gendarmerie des tribunes. Les assaillants, un instant repoussés, revio-

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