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FRANCE. PRÉCAIRE

de Chailly, près de Melun, une dans l'église collégiale de cette ville; celui de la Groye, une dans l'église de Notre- Dame de Chàtellerault, que le chapitre avait accordée, en 1494, à Galcnand d'Aloigny et à ses successeurs. On trouve dans les actes capitulaires du chapitre de Toulouse, un acte de 1163, par lequel le seigneur d'Escalquens et son épouse sont reçus au nombre des chanoines , avec association à leurs prières et droit de prendre leur subsistance sur les revenus du chapitre, quand ils le jugeront convenable. EnGn , les rois de France, comme successeurs des anciens grands vassaux de la couronne, avaient conservé les prébendes que ceuxci possédaient dans différentes églises, et c'est ce qui les rendait chanoinesnés d'Angers , Auxerre , Tours, Lyon , Aix, le Mans, etc. Lorsqu'ils faisaient leur première entrée dans les églises de ces villes, on leur présentait, à ta porte, une aumusse qu'ils mettaient Sur leur bras et donnaient, en sortant, à un ecclésiastique , avec le droit de requérir la première prébende qui viendrait à vaquer.

Les prébendes ecclésiastiques, considérées comme des portions des revenus des églises cathédrales et collégiales attachées aux canonicats , auraient dû être égales entre elles, ainsi que le porte une ancienne ordonnance d'un archevêque de Tours. Il y avait cependant beaucoup de chapitres dans lesquels cette égalité n'existait point : cela provenait des partages que les chanoines firent entre eux, lorsqu'ils abandonnèrent la vie commune, des biens dont ils avaient joui jusque-là par indivis. Ces partages, quelque anciens qu'ils fussent, n'empêchaient point que la masse des biens ne continuât d'appartenir au corps entier, et que chacun des membres n y eût un droit égal. Aussi on ne les regardait jamais comme déGnitifs, et des arrêts des 15 mars et 5 décembre 1549, 13 août 1588 et 25 janvier 1597, rendus pour le Mans et Poitiers, voulurent que le partage des prébendes se renouvelât tous les vingt ans, et, selon Gohard , cela se pratiquait à Notre-Dame de Paris.

La réunion des biens du clergé aux domaines de l'État amena la suppres-

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sion des prébendes; les chanoines reçoivent aujourd'hui, comme tous les autres ecclésiastiques, un traitement du trésor public, lequel est compris dans le budget du ministre des cultes, et voté tous les ans.

Précaire, Precarium. On appelait ainsi un bénéfice temporaire. accorde par l'Église à un séculier, sur lesibiens mêmes de l'Eglise. Voici comment M. Guizot explique , dans ses Essais sur V histoire de France, l'origine et l'institution des précaires: « Dans la législation romaine, on appelait precarium la concession gratuite de 1 usufruit d'une propriété, pour un temps limité et en général assez court. Après la conquête, les églises affermèrent souvent leurs biens pour un > cens déterminé, èt par un contrat dit aussi precarium, dont le terme était communément d'une année. Plus d'une fois sans doute, pour s'assurer la protection d'un voisin , d'un guerrier, ou quelque autre avantage analogue , elles lui coucédèrent gratuitement cette jouissance temporaire de quelque domaine.

Plus d'une fois aussi, le concessionnaire se prévalut de sa force , ne paya point le cens convenu , et retint cependant la concession. A coup sûr l'usage ou l'abus de ces precaria, ou bénéfices temporaires sur les biens de l'Église, devint assez fréquent, car, dans le cours du septième siècle , on voit les rois et les maires du palais employer auprès des églises leur crédit, ou plutôt leur autorité , pour faire obtenir à leurs clients, à titre de précaires , des jouissances de ce genre (*). »

Lorsque l'Église, soit par les promesses, soit par les menaces , fut parvenue à acquérir ses immenses richesses, elle comprit bien qu'elle ne pourrait les conserver sans réclamations. Quand un père de famille dépouillait ses enfants pour l'enrichir, n'avait-elle pas à craindre le ressentiment de ces mêmes enfants , ainsi frustrés ? n'avait-elle pas à craindre qu'ils ne recourussent au prince, ou que, moins pieux , ils ne réclamassent par la violence ce nui leur revenait de droit? Ce fut sans doute ce danger de sa situation qui la fit consentir aux précaires; par là, sans se dessaisir de la

(•) Essais sur l'Eut, de France, p. i35. L. , ETC.) 45

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