PRIEUR DE LA MARNE FRANCE. PRIEUR DE LA MARNE
Il mourut à Dijon, en 1832. On a de lui : Mémoire sur la nécessité et les moyens de rendre uniformes dans le royaume foules les mesures d'étendue et de profondeur ,1790, in-8* ; Instructions sur le calcul décimal, 1795. in-8°; Rapport sur la loi du 18 germinal an m, l795,in-8°; Rapport surlesmoyens préparés pour établir l'uniformité des poids et mesures, 1796, in 8° , et beaucoup d'autres rapports et instructions du même genre.
Pbikur de la Marnb (...), né dans la Champagne vers 1760, exerçait la profession d'avocat à ChàMons-sur-Maroe , lorsqu'il fut nommé député du tiers état de cette ville aux états généraux. Il siégea au côté gauche de cette assemblée, et s'y distingua par ses principes démocratiques. Il réclama la formation provisoire des assemblées provinciales et municipales avant l'achèvement de l'acte constitutionnel, repoussa toute condition pécuniaire pour l'éligibilité des représentants, défendit avec opiniâtreté la cause des sociétés populaires, appuya vivement l'aliénation des biens ecclésiastiques, tout en proposant d'accorder un juste salaire aux ministres du culte, et d'augmenter surtout le traitement des vieillards, proposa de détruire le monument que le despotisme s'était lui-même élevé sur la place des Victoires, et ne cessa de combattre tout ce qui lui parut opposé à la révolution et favorable à l'ancien régime*. En mai 1791 , il demanda des mesures de rigueur contre les émi-
f;rés, dont le gouvernement favorisait a sortie de France et le rassemblement en armes sur les frontières. Après l'arrestation de Louis XVI à Varennes , il se prononça contre l'inviolabilité du roi. Un mois après, il prit la parole sur les cas d'abdication de la royauté, et fit décréter que si le rot, sorti du royaume, n'y rentrait pas après l'invitation du corps législatif, et dans le délai qui serait énoncé, il serait censé avoir renoncé à la couronne; enfin, lors des protestations du côté droit , il proposa d'exclure de tout traitement ou pension sur le trésor public ceux des signataires qui étaient salariés par l'État.
On touchait à la clôture de la ses-
sion : Prieur fut chargé d'une mission en Bretagne, et, à son retour à Paris, il fut élu vice-président du tribunal criminel de la Seine. Réélu, au mois de septembre 1792, député du département de la Marne à la Convention nationale, et chargé presque immédiatement d'une mission à l'armée de Dumouriez, il vint, après la retraite des Prussiens, reprendre son poste dans le sein de la représentation nationale, et vota, dans le procès de Louis XVI, la peine de mort , sans appel ni sursis. Quoiqu'il eût gémi, comme tous les véritables patriotes, des scènes horribles de septembre , il crut qu'il était impolitique d'en rechercher les auteurs dans un moment où Ton avait besoin de toute l'exaltation du parti auquel ils appartenaient, et il proposa, le 8 février 1793, de jeter prudemment un voile sur des excès irréparables. Le 27 mars suivant, dans la discussion sur l'organisation du tribunal révolutionnaire, il défendit, contre Guadet et Buzot, l'article du décret qui exigeait des jurés qu'ils votassent à haute voix. Nommé ensuite successivement au comité de défense générale et au comité de salut public, il fut bientôt après chargé d'une nouvelle mission auprès des armées, et parcourut les départements du Nord, des Ardennes, delà Moselle et du Rhin, pour réveiller ou entretenir l'enthousiasme républicain des troupes. Il se rendit ensuite en Bretagne; et, malgré la sévérité de ses principes démocratiques et son adhésion aux mesures franchement révolutionnaires , il agit avec tant de modération et d'humanité, que Carrier le traita d'imbécile en fait de révolution.
Absent de Paris lors des événements du 9 thermidor, il n'eut pas à se prononcer entre les vainqueurs et les vaincus de cette journée; il fut néanmoins exclu du comité de salut public; mais il y rentra le 15 vendémiaire an m, et présida la Convention pendant le mois de brumaire suivant. Au 12 germinal, il se montra favorable aux insurgés, et demanda la mise en liberté des patriotes arrêtés depuis le 9 thermidor, ce qui le fit accuser, par André Dumont, de complicité dans l'insurrection. Il repoussa celte imputation avec succès ; mais cela