PROSTITUTION L'UNIVERS. PROTESTANTS
pouvoirs, et en faisant plus que ce qu'elle avait légalement le droit de faire. Il serait donc instant que le vœu de Parent- Duchâtelet fût entendu , et qu'une loi vînt lui donner une force autre que celle qu'elle est obligée de puiser en elle-même, et qui mtt sa responsabilité pleinement à couvert.
En même temps que , forcé par les circonstances , on tolérait la prostitution , on ouvrait des maisons de repentir et de retraite aux filles débauchées qui voulaient revenir à une meilleure vie. Le premier de ces établissements que Ton connaisse fut fondé , dans les premières années du treizième siècle ,
f»ar Guillaume III, évéque de Paris, qui ui donna le nom de maison des Filles- Dieu. Saint Louis accorda une somme considérable à cette maison, à condition qu'elle entretiendrait deux cents filles qui, renonçant à leurs habitudes vicieuses, voudraient rentrer dans le chemin de la vertu. En 1492, un cordelier, nommé Jean Tisserand, forma, sous le nom de Filles- Pénitentes, une communauté approuvée , en 1496 , par Charles VIII , confirmée, en 1497, par le pape Alexandre VI , et à laquelle l'archevêque de Paris donna des statuts. Robert de Montry, marchand de Paris, fonda une maison semblable en 1618; celle de Sainte- Pélagie, devenue depuis très-célèbre, dut, en 1665, son existence à la dame de Miramion; en 1686, une veuve nommée Lacombe, très-religieuse dame, ouvrit une retraite aux prostituées converties dans une maison que Louis XIV lui donna rue du Cherche-Midi. Cette maison, qui reçut divers accroissements successifs, devint celle du Bon-Pasteur , dont nous parlerons plus bas. Dans les dix années oui suivirent, trois établissements analogues s'ouvrirent dans Paris, sous les noms de Sainte-Théodore, Sainte- Valère, et du Sauveur. Les provinces imitèrent la capitale; mais les maisons qui s'y ouvrirent furent plutôt des lieux de châtiment et de détention que des asiles offerts au repentir et à la pénitence.
Les retraites ouvertes aux prostituées qui voulaient changer de vie furent, comme toutes les autres institutions religieuses, abolies lors de la révolution de 1789 ; mais on ne fut pas longtemps sans
les regretter , et on demanda leur rétablissement dans un mémoire présenté au préfet de police Dubois , lequel mémoire n'obtint nul résultat, quant à ce qui concernait les prostituées proprement dites. Sous la restauration, le vénérable abbé Legris - Duval , à la tête d'une pieuse association de dames, à qui il avait donné pour mission d'aller faire des instructions aux prostituées retenues en prison par jugement, s'occupa de celles de ces malheureuses qui , en état de liberté, manifestaient le désir de quitter leur infâme métier. Pendant quelques années, l'association, qui n'avait point de maison pour loger les pénitentes, les dirigeait, en payant pension pour elles , sur celle de Saint-Michel, que le premier consul avait rendue à son ancienne destination, qui était de servir de lieu de détention aux femmes et filles déréglées , qu'où y enfermait à la demande de leurs parents, ou qui y étaient mises par lettres de cachet. En 1821, on donna à cette association une maison spéciale, qui prit le nom de Bon- Pasteur. Aujourd'hui , la ville de Paris alloue à cette maison 4,000 francs de subvention annuelle, et le conseil des hospices 1,500 francs. Dans cet établissement , où les prostituées se rendent librement , et dont elles sortent de même, elles reçoivent des instructions religieuses et sont assujetties au travail, au jeûne et à la prière. Celles qui n'ont point de familles qui puissent leur donner asile ou veuillent les réclamer, sont placées selon leur intelligence et leur capacité dès qu'elles le demandent , et que l'on croit pouvoir se fier à la sincérité de leur repentir; celles que la vie couventuelle accommode mieux que l'état de liberté, peuvent vieillir et mourir dans la maison.
Protestantisme. Voyez Calyinïstes , Cahisabds, Dragonnades, et Édits relatifs aux réformés.
Protestants (monnaies des). Lorsque le prince de Condé s'empara de la ville d'Orléans, il fit, dit-on, porter tous les trésors qu'il avait rassemblés en pillant les abbayes et les églises, dans un petit château situé à deux lieues de cette ville, et qui porte le nom de Lille-Gruslot, du chancelier de la reine de Navarre, Groslot, bailli d'Orléans, qui l'avait fait
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Mtir. Il y fit, dit-on aussi, convertir les métaux précieux en monnaies ; et ce qu'il y a de certain, c'est qu'un amateur de Paris , M. Rousseau, possède une pièce de six liards , présentant, d'un côté , les armes de France accostées de deux l , et la légende lvdovicvs xui dv nom boi , et, au revers, la formule accoutumée , SIT NOMEN DOMINI BBNEDIC-
tvm , autour d'une croix cantonnée de 4 fleurs de lis. On sait que Louis de Condé avait pris le nom de Louis XIII. Cette pièce est inédite.
Phovence. Cette ancienne province, qui était bornée par les Alpes, le Dauphiné, le Languedoc et le golfe de Lion , se divisait en haute et basse Provence, comprenant celle-ci 8 et celle-là 4 sénéchaussées. On y comptait 14 sièges épiscopaux, 2 a'rchevéchés et 12 évéchés. L'archevêque d'Aix présidait les états de la province (*). On en a formé, en 1790, quatre départements:
Vnucluse, Basses-Alpes, Bouches-du- Rhône et Var.
La Provence tire son nom de celui de Provincia, que les Romains avaient donné à leur premier établissement dans les Gaules , lequel était compris entre les Alpes, la Méditerranée, les Pyrénées, la Garonne, les Cévennes et la Celtique. L'ancien gouvernement de Provence ne représente , par conséquent , qu'une petite partie de cette étendue.
Peuplée à une époque non encore bien déterminée, cette contrée fut la première des Gaules qui reçut la civilisation hellénique. Vers l'an 600 avant Jésus-Christ, des Phocéens fondèrent sur la côte la ville de Marseille, qui devint bientôt florissante et répandit autour d'elle de nombreuses colonies, telles
Sue Agde, Antibes,Nice, etc. Marseille, e bonne heure alliée des Romains, leur ouvrit le chemin de la Gaule , en les appelant à son secours (125 ans avant Jésus-Christ ). Ils s'y établirent bientôt, fondèrent Aix et Narbonne, et donnèrent au pays conquis le nom de provincia romana. Marseille ne fit pas d'abord partie de cette province ; elle resta ville libre alliée de Rome, jusqu'à la guerre civile entre César et Pompée; mais alors, ayant voulu rester neutre
(*) Voyez États provinciaux.
entre les deux partis , elle fut assiégée et prise par César, qui lui imposa des gouverneurs romains.
Les principaux peuples qui habitaient la province romaine , à cette époque , étaient les Sardanes, Atacini^ Anatilii, Salyi, Suelrii, VedianUi, Nerusiy Cavares, Tricastini, Segalauni, l'olcée Arecomici et Tectosages, Albicecii Vulgientes, Vocuntii, Allobroges, Helvii, Convenœ, et Ruteni provinciales. Sous Auguste, la province romaine changea son nom en celui de Gaule narbonnaise, qu'elle prit de sa capitale, Narbo-Martius (Narbonne). Plus tard, elle fut divisée en Narbonnaise et en Viennoise, et, sous Constantin, la Viennoise fut subdivisée en Viennoise propre , dont la capitale resta Vienne, et en deuxième Narbonnaise, dont la capitale était Aquœ Sextix ( Aix ).
Au cinquième siècle , les Wisigoths, que les Romains eux-mêmes avaient établis dans la Gaule méridionale, augmentèrent leurs possessions , et , sous la conduite de leur roi Euric, s'emparèrent de la Provence, qu'ils gardèrent jusqu'à la bataille de Vouillé (507). A cette époque, Gondebaud, roi des Bourguignons, allié et tributaire de Clovis, s'en empara; mais il ne la conserva u'un instant, et, en 509, par le traité 'Arles, conclu entre Clovis et Gondebaud, d'une part, et Théodoric, roi des Ostrogoths de l'autre, elle fut cédée à ce dernier.
Quand la décadence de l'empire des Ostrogoths eut fait concevoir à Justinien l'espérance de faire rentrer l'Italie et ses annexes sous la domination romaine, pour obtenir l'alliance de Théodebert, roi d'Austrasie . il lui proposa la Provence ; le roi des Ostrogoths, Vitigès, lui fit la même offre. Théodebert accepta cette double donation , et s'empara de la Provence ; mais, au lieu de s'allier à Justinien ou à Vitigès, il entra en Italie avec une puissante armée, attaqua et battit les uns après les autres, les Romains et les Ostrogoths; et si l'ardeur du pillage n'eût arrêté les Francs dans leurs premiers succès , il est probable qu'ils eussent ajouté la Péninsule à leur empire. Quoiqu'il en soit de ces conjectures, les Francs restèrent maîtres de la Provence.