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PROVENCE FRANCK. PROVENCE

part de Provençaux, le beau titre de père de la patrie.

La réunion du royaume d'Arles au royaume de Germanie ne fut en realité que nominale; tous les comtes possédèrent, sous la suzeraineté lointaine et impuissante des empereurs d'Allemagne , une véritable indépendance. Le comté de Provence devint héréditaire sous Guillaume III , vers la moitié du onzième siècle, et passa en 1112, par le mariage de Douce Ir-, avec Raymond Bérenger, dans la maison des comtes de Barcelone. 11 fut démembré en 1125, Raymond Bérenger ayant été forcé d'en céder au comte de Toulouse la partie septentrionale, que Ton appela depuis marquisat de Provence. La maison des comtes de Barcelone étant montée sur le trône d'Aragon, le comté de Provence fut réuni h ce royaume; mais il en fut bientôt détaché en devenant un apanage des princes de cette maison.

Le dernier comte de Provence de la maison de Barcelone-Aragon fut Raymond Bérenger IV, dont les quatre filles furent toutes reines, savoir : Marguerite, reine de France, épouse de saint Louis; Éléonore, reine d'Angleterre, épouse de Henri III ; Sancie, reine des Romains , épouse de Conrad IV ; enfin Béatrix, que son père institua son héritière, et qui devint reine de Naples après la conquête de ce pays par son mari, Charles d'Anjou, frère de saint Louis (1266).

Les rois de Naples de la première maison d'Anjou régnèrent en Provence jusqu'en 1382, époque où Jeanne de Naples, ayant adopté Louis d'Anjou- Valois , fils de Jean le Bon , ce prince s'empara de la Provence, pendant que son compétiteur Charles de Duras s'emparait du royaume de Naples. Alors commencèrent, entre les deux maisons d'Anjou ( la première, dite Capétienne directe, représentée par les Duras; la seconde , Capétienne-Valois , représentée par les comtes de Provence), ces guerres qui devaient amener l'entrée des Français en Italie et la longue lutte des maisons de France et d'Autriche.

Louis Vr d'Anjou, en 1383, puis Louis II, en 1390, envahirent le royaume de Naples , mais ne purent s'y maintenir. Une seconde Jeanne, sœur de La-

dislas, successeur de Charles de Duras, et dernière héritière de cette maison, ranima cette guerre, alors qu'elle touchait à salin, en adoptant tour à tour Alphonse V, roi d'Aragon et de Sicile, et Louis III, duc d'Anjou et comte de Provence. Lorsque Jeanne et Louis III moururent, en 1435, le successeur de ce dernier, René d'Anjou , duc de Lorraine et comte de Provence, essaya de lutter contre Alphonse V, et fut un instant maître de Naples (1438) ; mais Alphonse le chassa (1442), et reçut du pape l'investiture du royaume des Deux- Siciles. Toutefois, René porta toujours le titre de roi de Naples. Ce prince, qui régna successivement en Lorraine, du chef de sa femme Isabelle, héritière de ce duché, à Naples et en Provence, se fit chérir partout où il tint sa cour. Il joignait à ses vertus la culture des beaux-arts; il était à' la fois peintre, musicien et poète. L'histoire lui a conservé le titre de bon roi René. Il fut le père de la célèbre Marguerite d'Anjou, reine d'Angleterre, l'héroïne de la guerre des deux Roses.

René, en mourant, laissa la Provence et ses droits sur Naples à Charles du Maine, son petit-neveu. Ce dernier , n'avant point de postérité, institua Louis XI, son héritier, et les rois de France devinrent comtes de Provence.

Depuis cette époque jusqu'à Louis XVI exclusivement, le parlement d'Aix mit toujours en te*te de ses arrêts : De par le roi, comte de Provence; et les rois prirent toujours, dans leurs lettres, édits, etc., adressés aux états, la qualité de comtes de Provence; enfin, le petit-fils de Louis XV, qui monta sur le trône de France sous le nom de Louis XVIII, avait reçu en naissant le titre de comte de Provence.

Roi* et comtes de Provence.

Boson , d'abord gouverneur sous Chartes le Chauve et tau is le Bègue , puis roi . . 879

Louis l'Aveugle, empereur et roi d'Italie. 888

Hugues de Provence , usurpateur, roi

d'Italie 9Ȕ

Comtes bénéficiaires relevant des rois d'Arles.

Boson r* 9**

Boson U o46

Jf.^^ 968 après tous ces trafics, il revint à Al-

Rotb°ld 99a phonse, comte de Poitiers et de Tou-

Comtes propriétaires. louse, et mari de Jeanne, fille et héri-

GuMaume il 1008 tiére de Raymond VII. A la mort de

Gtoffroi Bertrand ' pr y Guii- Jeanne, il fut cédé à Charles d'Anji

laume m. ioi8-io63 et r?uni au comté de Provence, à

s- * * * ij't s ception ducomtat Venaissin, qui, sous

Comtes héréditaires. Philippe le Hardi, fut donné aux papes,

Bertrand II t063 lesquels en restèrent possesseurs jus-

Etiennette io93 qu'en 1792. Sous la Restauration, le

Gerberge et Gilbert uoo saint-siége le réclama; mais le gou-

Maison de Barcelone- Aragon. vernement français , encouragé par les

Douce de Provence et Raymond Bc- ^JïfllS!?" ' ^

rengcrl», comte de Barcelone.... ,„* ^pL^™1'?" ■ . n rK ,

Bèrenger n3o Phovence (invasion de la). Charles-

Raymond Bcrcnger //. \\\\\\\ \\\\\ 1144 S"'"1' cnorSueil,i de M victoire de

Douce il, Alphonse /«, Raymond Bè- ' Tums * et. persuadé que, pour abattre

renger m et Sanche 1 16« un. ennemi, il suffisait de l'attaquer chez

Alphonse 11 n96 'ui .» résolut d'envahir la France. Ses

Raymond Bérenger iv. 1209 meilleurs généraux l'en dissuadaient;

etae tapies. ter seg enseigncs à Saint-Laurent.

Beatrtx de Provence, Charles I^tVAn- Anne de Montmorency, qui COmman-

jou frère de saint Louis devenu dajt V„mée française /t qHue Pon a u

roi de* Deux-S,c,l« («66) . . ,945 averti à temps de l'invasion de Charles-

Charles II, de Naples/ le Boiteux).. . i*8:> nni„* n. -*„M " x 1 " j- * ,

ito&r/, de Nanles. . . . i3o9 Qumt' nc.fonpa pas a lui disputer Ifl

Jeanne r% de Naples i343 P^S?; 11 réwlut de le prendre par

r la famine. A cet effet . il fit détruire

2* Maison d'Anjou (Capétienne-Valois), en Provence toutes les récoltes, les

Louis I* d'Anjou, frère de Charles v, moulins et les fours, et ruina ce pavs

roi de France , adopté par Jeanne de telle sorte, que l'armée de Tempe-

de Naples. i38* reur ne put y rien trouver. Ce svs-

Louis 11 X384 tème, barbare pour le pays auquel il

Louis lll, adopté par Jeanne II, de s'appliquait, mais salutaire et sage en

Naples 14 1 7 soi, réussit à merveille. Charles-Quint

René, duc de Lorraine, roi de Naples s'avança avec son armée jusqu'à Aix, OÙ

(i438)... 1434 il entra sans éprouver aucune résistan-

Louts-stanislas-Xavier, depuis Louis ce. André Doria , qui commandait ses

XA 111 x?55 forces de mer, et qui s'était emparé de

Le Marquisat de Provence, qui avait Toulon, fit passer pendant quelque

été, en 1 125, uni au comté de Tou- temps à l'armée de la farine et du bis-

louse, fut confisqué et donné au pape cuit; mais, rappelé bientôt après dans

par les croisés contre les Albigeois; le la Ligurie, où une armée italienne, le-

concile de Latran en forma Papa nage vée avec l'argent de la France, venait

de Raymond VII, fils de Raymond VI, d'entrer sous la conduite de Guido Ran-

que les croisés avaient dépouillé du gone, il ne put davantage aider l'armée

comté de Toulouse. Raymond VII le impériale. Celle-ci fut bientôt oblige

céda à l'Eglise romaine par le traité par la famine à se nourrir des fruits

de Meaux, en 1229. Le pape le vendit qu elle trouvait en abondance, mais qui

à un comte qui en fut dépouillé par occasionnèrent une mortalité prodigieu-

l'empereur Frédéric II, en vertu de sa se: en moins de deux mois, cette armée

prétendue suzeraineté sur le rovaume qui, à son entrée en France, était la plus

d'Arles. Raymond VII en reçut Tinves- belle qu'on ptlt voir, et qui comptait

titure de l'empereur, oui le confisqua plus de 50,000 combattants, fut réduite

encore une fois et le vendit encore; enfin, de plus de moitié, et dans un tel état de

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