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PROVINCIAUX L'UNIVERS

PROTINS

son nom , pour y inscrire les noms des familles nobles et y conserver leurs armoiries blasonnées.

Pour prévenir les abus qui pouvaient naître dans l'usage des blasons , couronnes, casques, timbres et supports des écussons , ces officiers publics faisaient de temps en temps dans les provinces des visites qui les mettaient en état de renouveler et d'augmenter leurs registres. Charles VIII pourvut encore

I)lus sûrement au bon ordre, en créant, e 17 juin 1487, un maréchal d'armes, à qui il donna le pouvoir de faire peindre les armoiries de tous les princes, ducs, comtes , barons , châtelains , seigneurs et autres nobles du royaume, et de mettre leurs noms en catalogue, chacun à son degré de prééminence.

Ces catalogues qui , tout imparfaits qu'ils étaient, ne laissaient pas d'avoir leur utilité, furent constamment en usage jusqu'à Henri III. Sous ce prince, la guerre civile ayant introduit la licence, chacun se crut en droit de tout entreprendre; les états se confondirent; la noblesse n'eut plus rien qui la distinguât du peuple. Pour le temps où nous vivons, le malheur ne serait pas grand; mais au seizième siècle, c'était un désordre fort grave auquel il aurait fallu remédier dès sa naissance, et on ne le fit pas. Henri III périt au milieu des troubles, et Henri IV, qui lui succéda, n'eut pas le loisir de s'occuper d'un mal qui ne fit que grandir de jour en jour.

En 1614, lors des états généraux de Paris, Louis XIII, sur les remontrances de la noblesse, créa à sa suite un conseiller juge d'armes, qui devait être noble. Il l'investit des fonctions et prérogatives qu'avaient eues autrefois les rois, hérauts et» poursuivants d'armes , et le chargea de dresser un registre universel de tous les nobles et de leurs armoiries, afin que, chacun y étant inscrit suivant ses qualités et ses titres , personne ne pût à l'avenir prendre d'autres armes et d'autres qualifications que celles qui auraient été consignées dans le catalogue général.

Louis XIV donna plusieurs déclarations et arrêts pour faire des recherches dans la vue de réformer le catalogue des nobles, et envoya des commissaires dans les provinces , pour y re-

cueillir les matériaux nécessaires an travail. 11 supprima le juge d'inws (novembre 1676), et créa une granit maîtrise générale des armoiries. Il dowu en même temps des ordres pour travailler à un armoriai général dans lequel on devait remplir le dessein qui avait été autrefois proposé à Louis XIII. Mais les offices qui devaient coropo»

la grande maîtrise des armoiries, n'api pas été levés, le roi révoqua sonéditft création (avril 1700), et rétablît quelquf temps après le juge d'armes dans tentes les fonctions de sa charge (avril 1701); enfin, il ordonna par unarrà que personne ne pourrait porter <J* armoiries timbrées , si elles n'étîiffit auparavant réglées et enregistrées fvT cet officier, et qu'il ne serait expédié : icune lettre, soit de noblesse, soit * mutation de nom ou d'armes, sa»

cette clause (arrêt du conseil, du »

mars 1706).

Provins, Provinum, ville de la Brie champenoise , aujourd'hui chef-fa d'arrondissement du département * Seine-et-Marne; popul. 6000 hab. U premier titre qui fasse mention de &st ville, est un capitulairedeCharlema^ en 802. Sous les premiers rois de la seconde race, c'était déjà une place importante et munie d'un château fort Ko 1 048, Thibaut III, comte de Champape.

y fit bâtir un monastère sous le noro<fr Saint-A voul. La collégiale de Saint-Q^ riace, élevée, dit-on , sur les ruines d'ia ancien temple d'isis, est du commff cernent du douzième siècle. Plosiew1 autres établissements religieux y furerî fondés dans ce siècle et dans le treize me, ce qui, joint aux longs séjours firent au château de Provins, les comtes de Champagne et de Brie, dont b<wr rivalisait alors avec celle du roi, aceref promptement la population de eettf ville. Mais ce qui contribua surtout a s prospérité, ce fut l'établissement de nombreuses manufactures et de foires importantes où se rendaient des marchai' de toutes les parties de la France et ^ pavs étrangers. Ces foires se tenaient dans la ville basse, et, pour proteg" l* commerçants qui les fréquentaient,Tw* baut IV 'fit entourer cette partie de » ville de murailles et de tours, q»i«,s' tent encore en partie. Provins partag*3

PROVINS FRANCE. provins 765

les malheurs qui désolèrent la France, sous les règnes de Charles VI et de Charles VII. En 1361, Charles le Mauvais s'en empara ; mais il fut obligé de l'abandonner après le traité de Brétigny. Les Anglais la prirent par escalade en 1432; elle fut reprise par les Français au commencement de 1433, et la garnison anglaise fut passée au (il de l'épée. Enfin, en 1592, Henri IV vint en personne assiéger Provins, dont les habitants avaient embrassé le parti de la ligue : la ville se rendit, mais après trois jours d'une résistance opiniâtre (*).

Pbovins (monnaies de). La plus ancienne monnaie de Provins qui soit connue est carlovingienne ; elle date du règne de Louis III ou de celui de Louis IV; en voici la description : castis pbvyinis autour d'une croix à branches égales ; r\ — gbatia di rex ; dans le champ les lettres lvdos disposées à la manière des monogrammes ca roi in s. Inutile de dire que Castis est pour Casiris ou plutôt pour Castro; quant à la ressemblance du monogramme de Louis avec ceux de Charles, elle est toute simple, puisque c'était un tvpe monétaire qu'on voulait imiter.

Du règne de Louis IV à l'an 1080, il est quelquefois fait mention dans les chartes , de monnaies de Provins ; mais on n'en connaît aucune de cette époque que l'on puisse certainement attribuer à cette ville. Nous hasarderons cependant une conjecture : on possède des monnaies qui n'ont pas encore été attribuées et qui sont évidemment antérieures à celles que l'on connaît de Provins; en voici la description .--Hbibdvniscato; dans le champ un peigne et au-dessus une croisette accostée de deux annelets ; je. — seeioenis citi ; croix aux branches de laquelle sont pendus un *> et un a. Ce type est celui qui était usité à Sens et à Provins avec une légère variante, seeioenis citi est certainement le nom de Sens; quant à b iedvniscato, c'est probablement Provins. En effet, nous savons que Troyes et Meaux , Tours et Chinon ont ins-

(*) Voyez les art. Champagne et Foires. V Histoire de Provins, 1840, 2 vol. in-8<\ par M. Félix Rourquelot , est une des meilleures histoires locales que uous possédions.

crit leurs noms sur les mêmes monnaies; il ne serait donc pas étonnant que Sens et Provins eussent fait de même. On sait d'ailleurs que rien n'est plus fréquent que les déplacements de lettres sur les légendes des monnaies du moyen âge ; nous voyons donc, dans Riedunis catOy une altération de Prwinis Castro.

A partir de Thibaut IV (1 125-1 152) les deniers de Provins sont bien connus ; ceux qui datent du règne de ce prince portent pour légende pbvvins castbi autour d'un peigne surmonté d'un t accosté de deux annelets; au revers ou lit : tebat comes autour d'une croix , à laquelle sont suspendus Ta et Vu» au 20 et au 3° canton , et un annelet au 1" et au 4e.

Henri le Large (1 152-1180) et Henri II (1180-1197) tirent des deniers semblablesà ceux de Thibaut, en y inscrivant seulement ubnbi comes au lieu de tebat comes, et en remplaçant les deux annelets par deux croisettes.

Thibaut IV et Thibaut F altérèrent davantage le type : les annelets furent conserves , mais le peigne s'altéra et devint un figure qu'il est difficile de décrire , mais qui ressemble à une face à laquelle seraient suspendus par des traits trois lambels ayant chacun trois pendants ; pour légende ils inscrivaient tbbav comes ; enfin I'a et l'w se transformèrent en croissants.

Le roi de Navarre Thibaut VI changea tout à fait le type ; d'un côté il inscrivit : teobald'bex autour de la croix; et de l'autre : db navabbe , autour du type tout à fait défiguré et représentant un croissant auquel pendent trois lambels. C'est la dernière monnaie connue de Provins ; la monnaie de cette ville fut supprimée , en 1394 , lorsque Jeanne de Champagne épousa Louis le Hutin. Elle avait le même poids et la même valeur que la monnaie tournois , et ellejouissait d'un tel crédit, que tous les pays d'alentour s'empressaient de l'accepter. En Lorraine et en Bar roi s , sous le nom de fort de Champagne , elle était prise de préférence aux espèces du pays ; en Italie , on s'en servait si communément que la ville de Rome finit par en adopter le type et frappa des Provenisiens dits Provenisiens du Sénat, sur lesquels ou voyait le peigne

766 PRUD'HOMMRS L'UNIVERS. PRUBH0*

de Champeigne, avec les légendes sbw a.tvsp.q.b. d'un côte , et bomà capvt mvndi de l'autre.

Phod'hommes ou Preud'hommes.

Ce mot, emprunté du latin (prudentes fwmines), a eu autrefois différentes acceptions : il a désigne tantôt des officiers municipaux , comme à Bourges , tantôt des jurés, comme à Laou, tantôt des notables assistant les échevins.

Ainsi , Philippe Auguste, en permettant aux habitants de Châteauneuf d'élire dix bourgeois pour administrer leurs affaires communes, exigea que ces élus fussent des prud'hommes, décent burgenses probos fiomines. On a aussi attribué le titre de prud'hommes à ceux qui étaient préposés à la garde et inspection des gens d'une même profession ou d'un même mét ier. Quelquefois aussi cette dénomination s'appliquait aux experts nommés par les juges pour faire la visite, le rapport, la prisée d'une chose quelconque. D'autres fois, les prud'hommes étaient eux-mêmes des juges. C'est ce qui se voit dans un édit de J uns M. donné à Nogent-le- Roi, en 1464, portant pouvoir aux conseillers, bourgeois, manants et habitants de la ville de Lyon , de commettre un prud'lwmme suffisant et idoine pour régler les contestations qui pourraient arriver entre les marchands fréquentant les foires de la ville.

A Marseille, le roi René établit, en 1452, un conseil de prud'hommes pécheurs, pour juger les différends relatifs à la pêche. Ce conseil se composait de quatre membres élus annuellement par les pécheurs , qui les choisissaient entre eux. Dès qu'ils avaient prêté serment, ils étaient juges souverains pour tout ce qui regardait la police de la pêche. Ils exerçaient leur juridiction d'une manière très sommaire. Ils tenaient audience le dimanche. Les deux parties , sans être assistées ni d'avocats ni de

(>rocureurs, disaient leurs raisous, et es prud'hommes prononçaient un jugement qui devait s'exécuter sur le champ, sinon le garde allait saisir la barque et les filets de la partie condamnée, qui ne pouvait en obtenir mainlevée qu'en payant la 6omme ou l'amende énoncée dans la condamnation.

Si l'exécutiou du jugement était empê-

chée par voies de fait, le sous-vipiie

devait faire lever l'obstacle par ses sergents, sur la réquisition des prud'botr.

mes, à peine de 600 livres d'amemit Cette juridiction établie, comme mi l'avons dit, par le roi René, fut confirmée par des lettres patentes de Lom XII, François Tr, Henri II, Charte IL Louis XIII, Louis XIV, et enfin para arrêt du conseil, de 1738.

Sous l'empire, un conseil de pr, d'hommes a été établi à Lyon ( 18 mm 1806);il a pour mission de terminer pn la conciliation les différends oui naissa: chaque jour, soit entre les fabricants r. les ouvriers , soit entre les chefs d'àfclier et les compagnons et apprentis, û conseil juge sans appel, sans forme, i frais de procédure, jusqu'à la valeur è 60 francs. Il est composé de 9 memUo (5 négociants-fabricants et 4 chefs à'ïitlier). Quelques autres villes du royaun» possèdent aussi des conseils de prud'hommes ; et il serait à souhaiter qu'on en établît dans toutes (es vuk.de commerce ou de fabrique.

Phudhon ( Pierre-Paul) , naquit i Cluny en 1760, d'un maître maçon mourut peu après l'avoir vu naître. Ii il ses premières études chez les moines d< l'abbaye, qui avaient un enseignent gratuit ; et là commença à se développer son goût pour le dessin : il admiré souvent les tableaux de l'église, et soc ambition journalière était de les imiur Un moine lui dit un jour : fout « réussirez pas; Ut sont peints à (khiif Prudhon , frappé de cette observation se mit à l'œuvre, et après de nombrenid inutiles essais , il trouva tout seul * moyen de peindre de cette manière. D< si heureuses dispositions fixèrent enfiï l'attention des moines de Cluny. IL<® parlèrent à M. Moreau, évêquedeN*con, qui prit le jeune homme s ou s sa protection et l'envoya étudier le dessin i Dijon. Il avait alors seize ans ; il fo<ei plus rapides progrès. Bientôt il concou rut pour le prix de peinture établi pan* états de Bourgogne, l'obtint, et fut envoyé aux frais de la province à Bon*»

où il arriva à l'âge de vingt-trois ans. Il revint en France en 1789, et y vécu assez longtemps pauvre et ignore; u fut même réduit , pour sujosistei \ * peindre la miniature. Le comte d'Aii»i

puudhox FRANCE. presse 767

lui connaissait sa triste situation , le

jt travailler pour son compte, mais il e payait parcimonieusement. Ce fut x>ur eet amateur qu'il fit le dessin de a Cêrè*y qu'il exécuta à la plume; VAnour réduit à la raison , et son penlant, qui ont été gravés par Copia.

Ces morceaux, encore recherchés auourd'hui, préparèrent sa réputation et e firent connaître; il commença enfin i tirer quelque fruit de son travail; nais il s'était marié très-jeune; une îombreuse famille à soutenir, peut-être es dissipations de sa femme, absorbaient ses ressources. A l'époque de la lisettede 1794, ses amis 1 engagèrent i faire un voyage en Franche-Comté :

1 passa deux années à Rigny , près de >ray, et y lit un grand nombre de porraits, tant à l'huile qu'au pastel, aami- •ables de talent et de vérité , tous renaruuables par leur ressemblance et la Vaîcneur du coloris. Ce fut aussi alors |u il fit, pour M. Didot l'aîné, les dessins les gravures de la belle édition in-4° du OaphniseUMoé et de Gentil Bernard.

il revint enfin à Paris, après avoir été tussi l'été que bien payé; il s'était acjuis dans M. Frochot un digne ami, equel devint son protecteur lorsqu'il "ut préfet de la Seine. Il obtint un >rix d'encouragement sur un dessin -eprésentant la Vérité descendant des zieux S conduite par la Sagesse. On ;ni accorda, pour l'exécuter en grand, ju atelier et un logement au Louvre.

[Jet ouvrage justifia la confiance du gouvernement, mais il fut amèrement critiqué par plusieurs artistes qui scindaient vouloir persuader que Prudhon îe devait pas sortir du genre des dessins et des petites compositions, qui ivaient commencé sa réputation ; il ne >e laissa pas décourager et exécuta d'au- :rcs grands travaux, tant sur la demande lu gouvernement que pour de riches particuliers. Vers 1803, il peignit le plafond du Musée représentant Diane imolorant Jupiter, et ensuite cette belle illégorie du Crime poursuivi par la Justice et la vengeance célestes. Ce ta- □leau avait été commandé par M. Frochot pour la ville de Paris; il fut exposé iu salon de 1808. A côté de cette composition d'un caractère si grave et si terrible, figurait le charmant tableau àel'Enr

lévement de Psyché par les Zéphyrs, commandé par M. de Sommariva. Au salon de 1812, Prudhon exposa t énus et Adonis, Il avait , pendant quelque temps, suspendu ses travaux en peinture pour s'occuper de la composition et de la direction des dessins de la toilette et du berceau dont la ville de Paris devait faire hommage à l'impératrice Marie-Louise. Il fut admis à l'Institut, eu 1816. Son dernier ouvrage fut le Christ mourant sur la croix, que possède le Musée du Louvre. A peine avait-il termine ce tableau, qu'il mourut le 16 février 1825 , laissant la réputation d'un talent des plus gracieux, mais auquel on pourrait peut-être reprocher parfois un peu de manière.

Pkusse (relations de la France avee la). Nos relations avec la Prusse ne datent pas de bien loin ; le Brandebourg ne joua qu'un rôle très-secondaire dans la guerre de trente ans; cependant lorsque la France se décida à prendre part à cette guerre, elle dut compter parmi ses ennemis le grand électeur , auquel le traité de Westphalie (1648) valut une notable augmentation de territoire.

Ce prince entra, en 1672, dans la coalition formée par l'empereur et la Hollande contre Louis XIV, et marcha sur le Rhin avec une armée de 20,000 hommes ; mais il y rencontra Turenne, et bientôt voyant ses États de Westphalie envahis par les Français, il conclut le traité de Saint-Germain (6 juin 1673), par lequel la France lui rendait toutes les conquêtes faites par elle et ses alliés dans la Westphalie, et lui payait une partie des frais de la guerre. Il se réservait en outre la faculté de défendre l'Empire, si l'Empire était attaqué. Dès 1674 , l'Empire se leva contre Louis XIV ; l'électeur prit les armes , et parut en Alsace. Mais il y rencontra encore une fois Turenne, et , contrarié par les chefs de l'armée impériale , il fut battu. Il se hâta de repasser le Rhin et de gagner ses États, où sa présence était rendue nécessaire par une invasion des Suédois, allies de la France. Il les battit à Felirbellin (juin 1675), passa ensuite en Poméranie, se rendit maître de l'île de Rugen , d'An clam, de Stettin , de Straisuud , de Gripswald ;

:r,8 prusse

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