CE. PRUSSE
la Prusse, autant il y avait de calme et de célérité dans les apprêts de la France. L'empereur , parti de Paris le 25 septembre, arriva le 7 octobre à Bamberg ; et c'est là qu'il reçut la première communication des griefs de la Prusse, qui n'avait pas encore cessé de protester de son amitié. « La Prusse, disait-on dans « cet ultimatum, a été inutilement neu- « tre, amie, alliée même. Les bouleversements qui l'entourent , l'accroisse- « ment gigantesque d'une puissance « essentiellement militaire et conqué- « rante, qui l'a blessée successivement « dans ses plus grands intérêts , et la « menace dans tous, la laissent auiour- « d'hui sans garantie. Cet état de choses « ne peut durer. Le roi ne voit presque « plus autour de lui que des troupes « françaises ou des vassaux de la France
■ prêts' à marcher avec elle. » Et l'on terminait par cette sommation : 1° « pue « les troupes françaises, qu'aucun titre « fondé n'appelle en Allemagne, repas- « sent incessamment le Rhin , toutes « sans exception , en commençant leur
• marche le jour même où le roi se pro» « met la réponse de l'empereur, et en la
■ poursuivant sans s'arrêter; car, leur « retraite , instante , complète , est , au « point où en sont les choses , le seul « gage de sûreté que le roi puisse ad- « mettre; 2* qu'il ne soit plus mis de
* la part de la France aucun obstacle à « la formation de la ligue du Nord, qui «embrassera, sans aucune exception, « tous les États non nommés dans l'acte « fondamental de la confédération du « Rhin. »
« Soldats, dit Napoléon à son armée, « la même faction, le même esprit de « vertige, qui, à la faveur de nos dissen- « sions intestines, conduisit, il y a qua- « torze ans, les Prussiens au milieu des « plaines de la Champagne , domine « dans leurs conseils... Ils veulent que « nous évacuions l'Allemagne à l'aspect «de leur armée! les insensés! Qu'ils « sachent donc qu'il serait mille fois « plus facile de détruire la grande ca- «pitale, que de flétrir l'honneur du « grand peuple ! »
Le duc de Brunswick avait disposé son armée sur les deux revers de la forêt de Thuringe , pour se porter , par Eiseuach, sur le Mein, et couper en deux