QUEBEC L'US
plus difficile. « Montcalm ayant réussi, en concentrant ses forces , à faire face, sans une trop grande infériorité de nombre, sur les points divers où il était successivement attaque, les Anglais résolurent de combiner trois attaques en même temps, dont la principale devait être dirigée sur Québec, que devait attaquer le général Wolfe^ avec 8,000 hommes des meilleures troupes anglaises. Montcalm , en réunissant le petit nombre de troupes de ligne qui lui restaient, ses milices canadiennes et les Indiens qui lui étaient dévoués , avait environ 10,000 hommes sous ses ordres.
Il occupait un camp retranché en amont de la ville, sur les rochers de Montmorency, au-dessus de la petite rivière du même nom ; et tous les efforts des Anglais ne purent longtemps le déterminer à en sortir. Ceux-ci avaient compté que les généraux Amherst et Johnson viendraient les joindre devant Québec, l'un par le lac Clumplain , l'autre par le lac Ontario. Cette opération ne put avoir lieu; cependant, en comptant leurs forces de mer et leurs forces de terre , les Anglais devant Québec étaient infiniment supérieurs aux Français ; en conséquence, le général Wolfe, perdant l'espérance de voir arriver à son aide les deux divisions d'Amherst et de Jolmson, résolut d'attaquer seul Montcalm dans ses retranchements, et, le 30 juillet, il se fit débaruuerà l'embouchure de la petite rivière de Montmorency. Les grenadiers anglais se portèrent à l'attaque des retranchements avec beaucoup d'audace ; mais ils furent repoussés avec tant de vigueur, queWolfe, en rendant compte de cette action, annonça à son gouvernement qu'il avait bien peu d'espérance de réussir avant gue l'approche de l'hiver et les glaces le forçassent d'abandonner la rivière.
« Cependant résolu à continuer ses efforts, Wolfe rembarqua son armée et la transporta sur le bord opposé du Saintlotirent, au sud-est. Il fit ensuite entrer la flotte plus avant dans la rivière, et elle s'avança jusqu'à douze lieues au-dessus de Québec. Par diverses fausses attaques , il réussit à distraire l'attention de Montcalm ; enfin, dans la nuit du 13 septembre, ses bateaux, partis de trois lieues au-dessus du point où il
ERS. QUEBTTOVIC
voulait débarquer, se laissèrent aller à la dérive jusqu'au pied de ces rocs escarpés à l'extrémité desquels Québec est bâti. Débarquant dans l'obscurité et s'enfonçant dans des buissons et des ronces, les soldats anglais gagnèrent le sommet de la plate-forme, et Montcalm apprit tout a coup avec étonnement que l'armée de terre des ennemis se trouvait de niveau avec la haute ville sur la hauteur d'Abraham, et prête à l'attaque des fortifications qui n'avaient plus rien de redoutable, eu même temps que la flotte foudroyait la basse ville. La bataille qu'il avait jusqu'alors évitée était désormais le seul moyen de sauver Québec ; il s'j détermina à l'instant : il repassa la rivière Saint-Charles et vint attaquer les Anglais ; mais dès le commencement de l'action il fut tué. Son second en coinmandement fut mortellement blesse , et mourut le lendemain.
« De son côté, le général Wolfe eut le poignet cas>é, et bientôt après la poitrine percée d'une balle; mais, août de mourir, il eut le plaisir d'apprendre que la victoire était remportée. Monkton , qui prit sa place, fut abattu d'un coup de fusil presque aussitôt après, et ce fut le général Townshend qui recueillit le fruit de la victoire, et reçut la capitulation de Québec le 18 septe'mbre 17.V.).
■ Dès lors le Canada paraissait perdu ; toute communication avec la France était interrompue; tout secours était impossible : toutefois ces l.raves gens, aussi Français de cœur que s'ils avaient vécu au milieu de la France, ne s'abandonnèrent point encore : les milices canadiennes reunies par le chevalier de Levis,qui, à la mort de Montcilm, avait succède à son commandement , continuèrent la guerre et firent même des tentatives hardies pour reprendre Québec; il fallut céder enfin à la fortune , et le 8 septembre 1760 , le marquis de Vaudreuil signa à Montréal la capitulation par laquelle il livra le Canada tout entier aux armées britanniques (*). u
Quentovic ( monnaies de ). Le village de Saint- J osse sur- C anche y situé près d'Étaples, et qui aujourd'hui n'est
(•) Sismoudi, Hist. des Français, t. XXIX, p. 180 et suiv.
QPENTOyjC
f II Aïs CE.
QLESNAT
presque qu'un misérable hameau, était une des places maritimes les plus importantes des Gaules sous les deux premières races ; c'était là qu'on s'embarquait pour se rendre en Irlande et en Angleterre. On y frappait monnaie sous Louis le Débonnaire et sous Charles le Chauve ; et un passage de fédit de Peste ferait croire qu'il en était déjà de même dès l'époque mérovingienne , car Quentovic y est désigné comme un des lieux où il devait être permis de frapper des deniers, attendu, y est-il dit, que ce droit de monnayage lui appartenait de toute antiquité; or il est à remarquer que Quentovic est la seule ville sur laquelle cet édit s'exprime ainsi.
On a voulu donner à cette localité une foule de triens mérovingiens, qui portent d'un coté vico fit, vvicvs fit,
YICCO FIT, VVIC FIT, VVIICCO FIT, etc.,
autour d'une téte de profil , et où ou lit, au revers, les noms des monétaires
ANGIOMONET, DOMNE, DOMOLVNO , DVTTA , ECA, HMCCO , HADGGNVS, 1EISCO, LEO, TLESANETO, TODMOLINO,
vincomonit, et ELA.MON it autour d'un prolil tourné a droite. Tout en avouant
au'effecti vement, dans un grand nombre e titres du moyen âge, Quentovic est appelé tout simplement /7ch£, nous ferons observer que le style de ces pièces est flamand, et qu'en conséquence elles nous paraissent bien plus probablement appartenir à un port nommé à cette époque Dur estât et maintenant IVuck te Duerstede. Quoi qu'il en soit, les deniers cariovingiens attribués à Quentovic sont incontestables ; en voici
la description : 1° en deux lignes;
fj. — bf : ce denier appartient à Pépin ou à Charlemagne; 2* qventovvicvs; vaisseau à la voile, a-. — hlvdovvicvs : imp. avg.; buste de l'empereur, lauré et couvert du paludamentum. Ce type , emblème de la position maritime de Quentovic , ne se trouve que là et à
QVBN
Durestat; 3° tovi; a-.— hlvdoyvicvs
cvs
i m p. ; croix dans le champ. Ces deux dernières piècesappartiennent à Louis le Débonnaire;4° qventovvici; croix dans le champ ; a].— gratia di bex ; monogramme de Charles dans le champ. C'est
un denier de Charles le Chauve; 5° qvbh- Tovvico ; croisette dans le champ;
j,). HVDO Loujs m QU Louig |e Dé.
bonnaire peuvent revendiquer cette monnaie; 6° caklvs bbx fb.; monogramme de Charles; bJ. — qvbwtov vico; croix cantonnée de 4 lésants. On donne ordinairement ce genre de pièces à Charles le Simple; il en est de même de la suivante: 7 oventowicvs;* temple; rJ. — cabolvs bex; croix cantonnée d'un point à droite et de trois à gauche. Quentovic fut détruit de fond en comble par les Normands , vers la fin de la deuxième race.
Qubrcy. Ancienne province de France, qui avait pour bornes au nord le Limousin, au levant le Rouergue, aû midi le haut Languedoc , au couchant l'Aiiénois et le Péngord ; elle forme aujourd'hui le département du Lot et uoë portion de celui de Tarn-et-Garonne.
Le Quercy tire son nom des C'adurci, ses premiers habitants, qui, à l'époque de la conquête romaine , furent divisés en Provinciales et en EleutheA.
Ces derniers combattirent avec gloire pour la liberté de la Gaule, et, après la défaite de Vercingétorix , défendirent leur nationalité dans les murs d'Uxeflodunum. Lors de la formation du royaume de Toulouse par les Visigoths, le Quercy en fit partie; puis, après la défaite et la mort d'Alaric II, il appartint aux Mérov ingiens, et devint ensuite la possession des ducs d'Aquitaine jusqu'au temps où Pépin leur enleva leurs Etats. Il passa ensuite au pouvoir des comtes de Toulouse , qui le conservèrent jusqu'à la mort d'Alphonse de Poitiers , époque à laquelle le Quercy revint à la couronne de France. Les Anglais en devinrent possesseurs par le traité de Bretigny ; chassés sous le règne de Charles V, ils le reconquirent en partie , mais ne tardèrent pas à eu être dépossédés pour toujours. La capitale du Quercy était Cahors.
Qubsnay (François), médecin et économiste célèbre , naquit , en 1694, à Merci près de Monfort l'Amaury. Il acquit comme médecin et comme chirurgien une grande réputation et acheta la survivance de la charge de médecin du roi Louis XV. Ce prince aimait à
QIESNEI L'UNIVERS. QUESNOY
causer avec lui; il l'appelait le Penseur, et en lui accordant des lettres de noblesse, il lui donna pour armes trois fleurs de pensée avec rette devise :
Propter cogitationem mentis, Quesnay s'était occupé des sa jeunesse du sort des habitants des campagnes; le désir de raméliorer lui dicta les articles Grains, Fermiers, etc., de V Encyclopédie, ainsi qu'une foule de Mémoires qu'il publia dans les Journaux de physique et d'agriculture et dans les Èphémérides du citoyen. Malheureusement, des disciples plus enthousiastes qu'habiles, tels que le marquis de Mi* rabeau, par exemple, exagérèrent ses doctrines économiques, attirèrent sur elles le ridicule et les firent ranger parmi les utopies. Quesnay mourut octogénaire, en 1774, emportant avec lui l'estime des gens de bien. Condorcet publia son éloge , qui est inséré dans le recueil de l'Académie des sciences. Outre de nombreux articles dans les différents recueils que nous avons cités , et la Préface du premier volume des Mémoires de l'Académie de chirurgie, collection dans laquelle on distingue de lui quatre dissertations sur les plaies à la tête et l'usage du trépan, il avait publié : Observations sur tes effets de ta saignée, 1730, in-12; Essai physique sur f économie animale, avec l'art de guérir par la saignée, , 3 vol. in 12 ; Histoire de l'origine et des progrés de la chirurgie en France, 1749, in-4°; Traité de la suppuration, 1749, in-12 ; Traité de la gangrène, 1 749 ; Traité des fiécres continues, 1753; La Physiocratie, ou constitution naturelle des gouvernements, 1768, in-8*.
Quesnkl (Pasquier), né à Paris en 1634, entra dans la congrégation de l'Oratoire en 1657; mais, poursuivi par l'archevêque de Paris, à cause de ses opinions jansénistes, il fut forcé de se retirer à Orléans et plus tard dans les Pays-Bas (1685). Il alla joindre à Bruxelles Arnauld , dont il recueillit les derniers soupirs, et ce fut là qu'il acheva ses Réflexions morales. Les jésuites ayant obtenu un ordre de Philippe V pour le faire arrêter, il fut enfermé dans les prisons de l'archevêché de Malines. Remis en liberté en 1703, il alla former à Amsterdam quelques
églises jansénistes, et mourut dans cette ville, en 1719. Ses principaux ouvrages, outre ses Réflexions morales. 1694, sont : Vidée du sacerdoce et au sacrifice de Jésus-Christ ,* Tradition de CEglise romaine sur la prédestination des saints et sur ta grâce efficace, publié à Cologne, 1687, 4 vol. in-12, sous le nom du sieur Germain, docteur en théologie; la Discipline de l'Église, tirée du Nouveau Testament et de quelques anciens conciles, Lyon, 1689,2 vol. in-4; Causa arnaldina', Hollande, 1690, in-8* ; sept Mémoires, en 7 vol. in-12, pour servir à l'examen de la constitution Unigenitus ; la Souveraineté des rois défendue* Paris, 1704, in-12.
Quesnoy (le), Quercetum, ville de l'ancien Uainaut français, aujourd'hui chef-lieu de canton du département du Nord , située sur une éminence qui domine une vaste plaine; pop. 4,000 hab.
La fondation du Quesnoy remonte au delà du onzième siècle. En 1150, Baudouin V, comte du Hainaut , le fit entourer de murailles; Louis XI le prit en 1447; Maximilien, fils de l'empereur Frédéric III, le reprit en 1477; Henri II s'en empara en 1552; les Esagnols le reprirent en 1568; Turenne enleva en 1654; le prince Eugène le prit en 1712, mais le maréchal de Villars le reprît deux mois après; enfin, pendant les guerres de la révolution, cette ville tomba au pouvoir des Autrichiens, qui y soutinrent un siège célèbre.
Quesnoy (siège du). Vers le commencement du mois d'août 1793, les Autrichiens, maîtres de Condé et de Valenciennes , après avoir bloqué le Quesnoy, l'assiégèrent en forme , et ils y entrèrent le 9 "septembre suivant.
Landrecies s'étant rendu, Jourdao donna l'ordre au général Scherer de prendre le commandement du siège du Quesnoy et de le pousser avec la plus grande activité (19 juillet 1794). Scherer prit aussitôt des mesures pour renforcer l'armée assiégeante et augmenter le nombre des bouches à feu et des approvisionnements de tout genre. Marescot, en sa qualité de colonel du génie, fut chargé de diriger les travaux, qui furent poussés avec la plus grande célérité, malgré le peu de travailleurs que fournissait un corps d'armée déjà trop