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XII* siècle (1831) : l'auteur, soulevant une vive polémique au sujet de la valeur que 1 on contestait à ces épopées, s'efforçait de déterminer les érudits à publier quelques-uns de ces monuments, dont l'importance est aujourd'hui reconnue ; Des Arts de la Renaissance ; de l'Église de Bourg (1835); divers articles insérés dans la Revue des Deux Mondes, dont il serait trop long de rap-

Eorter la liste, et qui tous ont contriué à faire à M. Quinet un rang ('minent et à part dans la littérature contemporaine (1830 et années suivantes); enfin, des ouvrages d'une grande conception et d'une exécution à la fois étrange et magnifique : le poème en prose d' Ahasvérus (1831), les poèmes en vers de Napoléon (1836), et de Prométhée (1838), l'Allemagne et l'Italie (1836), relation de voyage, qui, sous une forme poétique moins ambitieuse, a le mieux révélé les qualités littéraires de M. Quinet.

L'auteur, dont nous venons d'indi-

3 uer les écrits principaux, avait acquis ans le public la place réservée à un esprit très-original, à une imagination très-puissante, l'une et l'autre servis par des ressources incomparables d'expression, de métaphore, d'harmonie.

Le gouvernement crut devoir récom-

f>enser un homme voué au travail de a pensée et au talent de la forme. En 1838, après la publication du Prométhée, M. Salvandy, ministre de l'instruction publique, envoya, en Allemagne, à M. Quinet la croix de la Légion d'honneur, et en 1839, il le nomma professeur de littérature à la faculté des lettres de Lyon. M. Quinet s'était préparé à cette nomination par le grade de docteur ès-lettres, qu'il avait acquis, la même année, à Strasbourg.

Les fonctions nouvelles dont M. Quinet se trouva chargé, devinrent pour lui l'occasion d'un changement ou d'un développement particulier.

Quand on s'adresse immédiatement à la foule, un effet est toujours certain : c'est une influence qu'on subit, au lieu de l'exercer. Le professeur croit pouvoir communiquer à un auditoire ses propres préoccupations, c'est l'auditoire, au contraire, qui lui impose ce

dont il se passionne lui-même dans sa vie de tous les moments. Le succès est à ce prix dans ce qu'on nomme l'instruction supérieure en France; bien loin d'enseigner, il faut se réduire à n'être qu'un écho des sentiments communs, ou pour le moins la voix d'un parti, la démonstration d'une idée ayant déjà ses adeptes dans le public.

Mis en contact avec cette sympathie populaire, un esprit dominé par l'amour du triomphe comme celui de M. Quinet, n'a point manqué de céder à ce qui entraîne les raisons les plus personnelles et les plus fortes. En 1840, après deux ans d'un enseignement três-applaudi, M. Quinet faisait son entrée dans les questions brûlantes de la politique, desquelles il s'était toujours tenu éloigné. Il publiait coup sur coup deux brochures : 1815 et 1840, et une ode, en réponse à la Marseillaise de la paix, par M. de Lamartine. La France venait de recevoir une insulte de la diplomatie européenne : par le traité signé le 15 juillet 1840 entre l'Angleterre, la Russie, l'Autriche et la Prusse, on avait disposé, sans nous et contre nous, du sort de Méhémet-Ali, pacha d'Egypte, et de la province syrienne. Le sentiment national demandait à grands cris la guerre. Entre autres témoignages d'indignation impatiente, nous eûmes les brochures et l'ode belliqueuses de M. Quinet; en outre, plus tard, un article « Teutomanie, * par lequel fauteur semble s'être brouillé avec l'Allemagne, sa seconde patrie. Mais la politique ne devait pas retenir un homme dont toutes les études avaient été spéculatives; d'autres luttes, plus appropriées à son esprit, attendaient M. Quinet.

Après les succès qu'il avait obtenus à la faculté des lettres de Lyon, M. Quinet fut appelé à Paris par le ministère du 19 octobre 1840; on créa pour lui, au Collège de France, une chaire des littératures méridionales ; nommé professeur dans cette chaire, il s'y installa, au commencement de 1842, par un beau discours d'ouverture sur la renaissance et sur la civilisation italienne. Au Collège de France, plus que dans tout autre établissement d'instruction supérieure, il est nécessaire d'entrenir le public de ce qui seulement

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peut provoquer son intérêt, d'une passion du moment. M. Quinet flt d'abord, dans le pur domaine d'une brillante érudition littéraire, des tentatives auxquelles une curiosité très- puissante ne répondit pas. Mais une passion survint, et il ne tarda pas à s'en saisir; disons mieux, d'être saisi par elle.

M. Quinet est, par ses tendances spéculatives, de l'école de ces philosophes selon lesquels les religions sont des créations et des formes de l'esprit humain. Successives comme le progrès, les religions doivent changer avec lui, et mourir incessamment pour renaître dans des formes toujours plus complètes. A ce titre, d'après ces philosophes, le catholicisme a pris fin; l'esprit

aui était en lui l'a quitté pour animer e sa vie une nouvelle création religieuse. Dans le sentiment dont nous parlons, la philosophie elle-même a succédé au catholicisme ; elle est la recherche de la synthèse future, et elle tient lieu, en attendant, de cette religion de l'avenir, à la préparation de laquelle elle doit travailler. M. Quinet partage les opinions qui précèdent, ainsi qu'il l'a éloquemment manifesté par plusieurs de ses ouvrages, entre autres parle Cenie des Religions, publié en 1641, mais surtout par un article sur la doctrine de M. Strauss, relative à Jésus-Christ, article inséré, vers Tannée 1837, dans la Revue des Deux Mondes. Toutefois, ni. Quinet, à cause sans doute des circonstances intimes de son enfance et de sa vie, incline à penser que le protestantisme est, avec la philosophie, en droit de prétendre à l'héritage de la religion catholique. Comme la philosophie, le protestantisme, par son libre examen, est une recherche continuelle.

Mais mieux que la philosophie, le protestantisme convient aux masses, à qui il offre tout d'abord une foi et une transition nécessaire du catholicisme à la religion de l'avenir. Conséquemment à ces idées, M. Quinet semble admettre que le catholicisme est mort ou doit mourir, mats que jusqu'à une création religieuse de la philosophie, le protestantisme, en se généralisant, peut seul le remplacer.

Dans l'année 1843, à propos d'une discussion entre l'Université et le prin-

cipe de la liberté de l'enseignement, une polémique très-violente s'est élevée dans le public, relativement au clergé catholique, dont on conjecture que l'admission du principe de liberté favoriserait particulièrement l'intérêt en France. Les amis du clergé et ses ennemis ont formé deux partis contraires ; les premiers se prononcent pour la liberté de l'enseignement, les seconds combattent pour le droit de l'Université à enseigner seule en France au nom de l'État.

Telle est la discussion dans laquelle M. Quinet s'est jeté de nos jours avec une énergie très-remarquable de talent et d'audace. Agrandissant le débat, ou plutôt touchant à ses réalités, M. Quinet ne lutte pas pour l'Université ellemême contre le principe de la liberté de l'enseignement; ce qu'il combat, c'est le jésuitisme, l'ultramontanisme, la religion, le clereé, nommément PÉglise catholique elle-même. Cette Église peut avoir aujourd'hui des adversaires plus habiles, plus rusés, plus

Suissants ; elle n'en a pas un plus arent, plus ouvert et plus implacable que M. Quinet. Et, nous devons l'ajouter pour l'instruction des historiens futurs de notre temps, ce qui distingue la polémique de M. Quinet, quant à ces tendances immédiates, c'est le protestantisme , en quelque sorte tenu et montré en réserve pour succéder dans notre pays aux destinées et à l'action du catholicisme. Le professeur rencontre les applaudissements d'une grande foule dans sa voie d'agression religieuse, et la publication « des Jésxtitesy » ainsi qu une Lettre à M. farchecéque de Paris, ont étendu pour lui, en dehors du Collège de France, le bruit de ce périlleux succès.

Qu nette (Nicolas-Marie) était, en 1789, procureur ou notaire à Soissons, sa ville natale. Nommé député à l'Assemblée législative par le département de l'Aisne, il prit place au côté gauche, demanda, en 1792, que les biens des émigrés fussent séquestrés, appuya vivement la motion de la mise en accusation du duc de Brissac, commandant de la garde constitutionnelle du roi, et fut membre de la commission chargée de surveiller et de diriger les ministres

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nommés après le 10 août. Réélu à la

Convention nationale, il fut un des premiers représentants du peuple envoyés aux armées, devint, à son retour, membre du comité de salut public , et fut l'un des quatre commissaires envoyés à l'armée de Dumouriez pour faire arrêter ce général. On sait que Dumouriez fit saisirlui-mémelescommissaires, et les livra aux ennemis, en passant dans leurs rangs. Quinette échangé en

1795, avec ses collègues, contre la fille de Louis XVI, revint à Paris, entra, en

1796, au Conseil des Cinq-Cents , en sortit Tannée suivante, fut nommé ministre de l'intérieur en 1799, et préfet de la Somme en 1800, sous le gouvernement consulaire. Bonaparte le fit ensuite conseiller d*État pour la section de l'intérieur, et créa pour lui une direction générale de la comptabilité des communes et des hospices. En 1814, Quinette donna son adhésion à la déchéance de l'empereur, qui , toutefois, pendant les cent jours, le nomma pair de France et commissaire extraordinaire dans les départements de la Somme et de la Seine-Infericure. Après la seconde abdication de Napoléon , Quinette fut appelé par Fouché a faire partie du gouvernement provisoire. 11 lut banni en 1816, par la loi dite d'amnistie, et se retira à Bruxelles , où H mourut en 1821.

QuiitEviLLE. Petit village situé à deux lieues de Valocne, dans le département de la Manche. On y remarque une sorte de tour surnommée fa cheminée de QuineviUe ; elle est creuse à l'intérieur, sans aucune trace de plancher ni de séparation; ce monument, dont la hauteur est de 37 à 38 pieds , n'est , selon M. de Caumont, qu'une cheminée du douzième siècle; d'autres antiquaires y ont vu un phare ou une recluserie.

Quingby, petite ville de l'ancienne Franche-Comté, auj. chef-lieu de canton du dép. du Doubs, pop. 1,000 hab. Elle était fortifiée au douzième siècle, et elle obtint en 1300 une charte de commune.

Elle fut brûlée en 1459 et en 1478. Le marquis de Villeroy la prit d'assaut et la brûla de nouveau, en 1636 (*).

(*) On trouve dans Y État de. la France, par Boulaiuvillicrs , une note curieuse sur ce

C'est la patrie de Calixte II , élu pape àCluny, en 1115.

Quinze-Vingts. Avant le treizième siècle, les aveugles indigents formaient une sorte de corporation, dont les membres n'avaient d'autres ressources que les secours qu'ils obtenaient individuellement de la charité publique. Ce fut saint Louis qui , en 1264 , fonda , pour trois cents (quinze- vingts) de ces malheureux, l'asile dont nous nous occupons. L'opinion la plus accréditée est Que cette fondation fut faite en faveur de 300 chevaliers à qui les Sarrasins avaient crevé les yeux , et que le roi avait ramenés ta France au retour de sa première croisade. Quelques auteurs pourtant , notamment Sainte-Foix dans ses Essais sur Paris, et Hurtaut dans son Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs , contestent aux Quinze-Vingts primitifs leurs titres de noblesse. Le premier cite, à l'appui <k sa thèse, quelques vers de Rutebeef, dans lesquels ce poète, contemporain du fondateur, peint les hôtes de l'hospice royal sous des couleurs qui ne toi paraissent pas devoir convenir à des

« \À roU , dit-it » ■ «»» *n un repaie Mjïs je ne sais pas pourquoi faire ■ Trois 'cents «veuf le» tel» à rote.

Parmi Paris en va trois paire» , Tote ior ne fiuent que braire, m

Quoi qu'il en soit de ces opinions

au sujet de la condition des premiers Quinze-Vingts , ce fut bien saint Louis qui acheta, de l'évéque de Paris, ob terrain dit Champourri ou le Champpourri , à l'effet d'y construire un hospice pour 300 aveugles. L'emplacement qui à cette époque était entouré de boa, se trouva , plus tard , borné par les rue? Saint-Honoré et Saint-flicaise. Eudes de

bourg, où résidait encore un inqoi&iiear à la fin du dix-*eptièine siècle. « Il ne 1rs* plus eu Franc* qu'un vestige de l'in^uisi tion, dana le \Ulage de Quingby. où m dominicain , qui y vît d'un petit hospice , porte le nom de Pape de QuUtgejr. Tout son pouvoir est, Dieu merci , restreint à donner permission de lire les livres prohibes. Axant la conquête de la Franche-Comté , ce petit pape de Quingey fil briller plu* <T une fo» par feu clair et vermeil le pouvoir de l'inquisition. »

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Montreuil , architecte ordinaire du roi, fat chargé de diriger les travaux. L'église fut placée sous l'invocation de saint Rémi. En 1260, les bâtiments n'étant point encore achevés, te pape Alexandre IV accorda des indulgences à ceux qui visiteraient le nouvel hospice. Les successeurs de ce paj»e se montrèrent également favorables à la fondation du pieux roi. Clément IV autorisa les administrateurs à faire la quête dans tout le royaume, et, par une bulle de 1265, Clément V recommanda particulièrement aux évéqucs l'œuvre des Quinze- Vingts. En 1269, saint Louis dota la maison d'une rente de 30 livres parisis, spécialement affectée au potage (ad opus jiotagii, dit le latin vraiment de cuisine de l'ordonnance). Les aveugles allaient dans les lieux publics implorer de la charité des passants le surplus nécessaire à leur subsistance. L'année suivante, le roi établit son archichapelain, ou son grand aumônier, visiteur-né de rbospiee, et il lui attribua exclusivement la nomination aux places vacantes. En 1309, Philippe le Bel, par une ordonnance datée de Passy, prescrivit aux Quinze-Vingts de porter sur leur habit une fleur de lis de cuivre, tant pour rappeler l'origine de l'institution , que pour les distinguer des autres corporations d'aveugles , qui existaient encore.

En 1343, Pierre des Essarts fit don à l'hospice d'un domaine qu'il possédait dans le voisinage ; on nommait ce domaine Yhôtel Ses Tuileries, et il est assez probable qu'il a fourni l'emplacement et le nom du palais des rois de France.

L'hospice renfermait dans le principe 300 aveugles; mais, peu après la fondation, le personnel se trouva réglé ainsi qu'il suit, savoir : 140 frères aveugles , avec 60 frères voyants pour les conduire, et 98 sœurs, tant aveugles que voyantes, ce qui, avec le chef de I hospice , qu'on désignait par le titre de Maitre, et le portier, formait le nombre primitif de 300.

Par bulle du mois de novembre 1411, Jean XXII exempta cette maison de la juridiction épiscopale.

Dans un règlement général , dressé par Geoffroy de Pompauour, évéque du Puy, et homologué au parlement le 7

septembre 1622, on voit que les frères

aveugles des Quinze -Vin^s s'assemblaient toutes les semaines en chapitre, sous la présidence d'un des sept administrateurs ou gouverneurs de l'hospice, pour délibérer sur les affaires de la communauté, et que, lors du chapitre général, qui se tenait chaque année à la Saint-Jean, ils procédaient eux-mêmes, par voie d'élection, à la nomination de leurs officiers , qui étaient désignés par les titres divers de ministre \ jurés, receveurs et procureurs. Les gouverneurs et le maître étaient seuls nommés directement par le grand aumônier. Les délibérations du conseil des gouverneurs, auquel douze frères aveugles avaient le droit d'assister, ressortissaient immédiatement au parlement. Le même règlement prescrivait aux frères et aux sœurs l'observance des devoirs religieux. Enfin? la communauté était instituée héritière des membres décédés.

Avec toutes leurs distinctions et leurs privilèges, les Quinze -Vingts continuaient à mendier. En 1656, on leur permit de quêter à la porte des églises, et l'année suivante, par privilège encore, il est vrai, on les autorisa à faire la quête dans l'intérieur. Eu 1720, le roi se déclara même membre d'une confrérie formée, depuis plus d'un siècle, dans l'église des Quinze-Vingts , sous le titre de confrérie de la Sainte-Vierge , de Saint-Sébastien et de Saint-Roch, et, à son exemple, la reine, les princes et tout ce qu'il y avait de considérable à Paris s'y firent associer.

Sous l'administration du cardinal de Rohan , l'hospice royal des Quinze- Vingts fut, par lettrés patentes du 31 décembre 1779, transféré dans l'hôtel des ci -devant mousquetaires noirs, rue de Charenton, où il est encore. Le nombre des pensionnaires fut porté à 800, et leur sort se trouva fort améliore; mais ces améliorations cachèrent , nous dit Dulaure, bien des dilapidations (*).

(*) • Les Quinze-Vingts présentèrent, le 8 février 1791* i l'assemblée nationale, une pétition pour lui demander justice des malversations du cardinal de Rohan. Cet homme, à qui il fallait de l'argent à tout prix, avait, malgré l'administration de l'hospice, vendu moyennant six millions, des terrains qui en

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