RAAB FRANCE. RAAB
Raab (bataille et prise de). Dans la campagne d'Autriche de 1809, l'ai Je droite de la grande armée, marchant, sous les ordres du prince Eugène, à la poursuite des corps autrichiens commandés par l'archiduc Jean, qui s'étaient retirés en Hongrie, les rencontra le 13 juin établis sur les hauteurs qui masquent la ville de Raab. Le prince Eugène employa le reste de la journée à reconnaître cette position ; et , le lendemain 14, double anniversaire des victoires de Marengo et de Friedland , ii ne craignit point, avec 36,000 hommes au plus, d'en attaquer 60 et quelques mille. T /archiduc avait sa droite au village de Szabadhegi, son centre à celui de Kismegyer, et sa gauche aux marais situés du côté de Wesprim. Une nombreuse cavalerie légère était disposée sur le front de cette ligne , et un corps de 1,200 hommes d'élite occupait comme avant-poste une vaste ferme qu'on avait crénelée et retranchée avec soin, et dont un ruisseau profond mouillait les murs.
Les Français ouvrirent le feu vers onze heures du matin. Tandis que la division Seras se portait sur la ferme dont il vient d'être parlé, la cavalerie légère du général Montbrun, attaquant celle des Autrichiens , l'obligea de démasquer le front de leur infanterie.
Alors les généraux Valentin , Durutte, Severoli et Baraguay d'Hilliers s'avancèrent, le premier sur Kismegyer, les trois autres sur Szabadhegi ; une action très-vive s'engagea devant ces deux villages , et nos troupes , après de grands efforts, parvinrent à s'y établir. Quant à Seras, il avait échoué dans trois attaques successives contre la ferme, et il ne s'était dégagé qu'avec la plus grande peine des fondrières environnantes; mais, une fois hors de ce mauvais pas, il fondit avec tant d'impétuosité sur les troupes ennemies qu'il avait à sa droite, que l'archiduc , pour les soutenir , dut lancer deux régiments de cavalerie. Seras allait être replié ; mais Montbrun,
accourant avec le septième et le neuvième de hussards , reçut la charge avec fermeté et la repoussa. Toute la cavalerie autrichienne donna alors, et Montbrun , assailli par des forces aussi considérables, fut contraint de se retirer sur la division de dragons du général Grouchy. Toutefois, il rétablit bientôt le combat , et par plusieurs charges habilement conduites, il parvint à sé-
{ tarer la cavalerie des Autrichiens de eur infanterie , que Seras pressait de nouveau, et qui tarda peu à opérer un mouvement rétrograde. Puis , pendant que la cavalerie fuyait, Montbrun vint tenir l'infanterie en échec, et Seras, renforcé de la brigade du général Roussel , retourna attaquer la ferme. Enlever ce poste était indispensable pour assurer le succès de la journée. On échoua encore une fois, mais un cinquième et dernier assaut obtint une complète réussite , et dès lors Seras et Montbrun précipitèrent la retraite de toute l'aile gauche et d'une partie du centre de l'archiduc.
Que se passait-il cependant, sur le reste de la ligne ? L'ennemi , que nous avons vu abandonner Kismegyer et Szabadhegi, s'était rallié; puis, concentrant tous ses efforts sur le second de ces deux villages, il était parvenu à s'y rétablir. Attaqué de nouveau par nos troupes et défendu par les Autrichiens avec une égale opiniâtreté , Szabadhegi fut tour à tour perdu et repris jusqu'à trois fois. La division Severoli venait encore d'en être chassée, et elle se retirait assez en désordre, lorsque le prince Eugène la fit soutenir par la division Pactnod de la réserve. Ce renfort rendit la confiance aux bataillons qui pliaient, et les deux divisions réunies , se précipitant à qui mieux mieux sur les colonnes autrichiennes, les mirent définitivement en déroute après quatre heures d'un combat sans relâche.
La nuit seule arrêta la poursuite de l'armée ennemie, qui se retirait sur tous les points. La perte de l'archiduc s'é-