‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 371 sur 434 · RABAUT LUIS · texte numérisé non relu

RABAUT LUIS

leva à 3,000 prisonniers et à 4,000 morts ou blessés; celle des Français fut moindre, mais considérable aussi : ils eurent plus de 2,000 hommes hors de combat.

Dès le lendemain 15, le prince Eugène , tandis que le gros de son armée continuait à poursuivre Farchktoc , fit commencer l'investissement de Raab par les troupes de l'aile droite. Le général Lauriston, chargé de la direction du siège , fit sommer le gouverneur d'ouvrir ses portes: puis, sur son refus, il s'occupa immédiatement des préparatifs d'une attaque régulière. La place était revêtue d'une enceinte basttonnée, u'entouraient des fossés pleins d'eau ont on pouvait étendre l'inondation.

On venait d'v faire de grands travaux , et elle devait être défendue par une garnison nombreuse; mais la marche rapide des Français et l'issue de la dernière bataille n'avaient pas permis d'y jeter plus de deux mille hommes. Du 15 au 22, on la canonna avec tant d'activité, que le gouverneur se rendit enfin le 23. Nos troupes y trouvèrent des magasins considérables.

Rabiut-dB-Sunt-Étîenne (Jean- Paul), né à Nîmes en 1743, d'un ministre protestant , embrassa également la carrière ecclésiastique, et fut, en 1788, député à Paris par ses coreligionnaires, pour demander au gouvernement l'abolition des edits qui les avalent privés de l'exercice des droits civils.

Cette mission eut un plein succès; et la manière dont Rabaut - de - Saint - Etienne l'avait remplie lui fit, parmi les protestants du Midi, une grande popularité. Bientôt après eut lieu la convocation des états généraux. Un Hvre qn*H avait publié l'année précédente ( les Lettres à Bailly sur l'histoire primitive de la Grèce), avait établi sa réputation comme écrivain; ses Considérations sur les intérêts du tiers état, qui furent remarquées avec le pamphlet de Sieyès et celui du comte d'Entraigues, parmi la foule immense des brochures que les circonstances avaient fait naître, le désignèrent naturellement aux suffrages des électeurs de sa ville natale. Il vint donc siéger aux états généraux ; fut élu président de la députation du tiers chargée de s'entendre avec les deux autres ordres, pour résoudre la question

VERS. RABAtT

de la vérification des pouvoirs; et, quand les négociations entamées à ce sujet eurent échoué, il fut un de ceux qui proposèrent aux députés des communes de se passer du concours des privilégiés, si ceux-ci persistaient à se tenir à l'écart, et de se constituer en assemblée nationale. Il fut membre du second comité de constitution, et eut une grande part à la rédaction de l'acte constitutionnel ; ce fut lui qui fit décréter l'établissement d'une seule chambre législative. Lors de la question du veto, I se prononça fortement contre l'opinion de Mirabeau, et pour le pWo suspensif; enfin, il prit une part active à la discussion des lois sur la garde nationale, sur la gendarmerie, sur les assignats, etc.

fini, en 1793, député du département de l'Aude à h Convention nationale, il se rangea parmi les membres du parti de la Gironde, y entraîna la plupart des députés calvinistes, sur lesquels 0 exerçait une grande influence, et contribua peut-être ainsi à donner à ee parti célèbre ces tendances fédéralistes qui, dans tous les temps, furent celles (te ses coreligionnaires. Il s'opposa de toutes ses forces à ce que la v<onvention jugeât le roi, et quand l'assemblée eut adopté cette résolution, il vota pour l'appel au peuple, pour ta détention jusqu'à la paix , et enfin pour le sursis. Nommé ensuite membre de b fameuse commission des douze, qm le choisit pour son rapporteur, et qu'y défendit avec courage à la tribune, dans les journées de mai et de juin, il fut décrété d'arrestation ainsi que ses collègues, parviot à s'échapper, fut mis hors la loi , se réfuuia d'abord dans les environs de Versailles , revint ensuite à Paris, fut découvert ehei tts ami, arrêté le 4 décembre 1793, traduit au tribunal révolutionnaire , et exécuté dès le lendemain. Ses principaux écrits sont : Lettres à Bailly sur l'kvi&toirt primitive de la Grèce, Paris, 1787, in 8°; h vieux Cévenol, ou Anecdotes de la vie d\4mbroise Borely, Londres 1784, i n-8° ; A h nation française, sur les vices de sa constitution, 1 788, in-8*; Considérations sur les intérêts du tiers état, adressées au peuple des prorinces par un propriétaire foncier , 1 788, in-8%

EABAUT

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