RAMEAU
encore moins envers ceux du comité de salut public : car comment aurait-on songé a flatter par une profession d'athéisme , une assemblée qui avait juré la constitution en présence de l'Être suprême et un comité mené par le spiritualiste Robespierre? La vérité est que les instaurateurs du culte de la Raison ne travaillèrent en cela qu'à une intrigue politique, par laquelle ils étaient as* surés de renverser et de remplacer le pouvoir, et tous y étaient intéressés. On se tromperait également si Ton sup-
E osait qu'il existât dans la féte des héertistes une conviction distincte de leur égoïsme et à laquelle ils fussent disposés à sacrifier même un fétu. Ils étaient convaincus de leur danger et de l'opportunité des circonstances pour confondre dans une ruine commune le clergé catholique et ceux qui osaient encore tenir ouvertement pour Dieu. Heureusement le peuple, qui séparait la cause des prêtres de la cause de Dieu , improuva aussitôt les athées. Le scandale des abjurations révolta le sentiment moral, et les hébertistes laïques et déprétrisés, qui proclamèrent et célébrèrent ensemble le culte de la Raison, parurent, dès leur
tjremiere cérémonie, la plus ridicule et a plus dangereuse espèce de jongleurs.
On ne sait cependant où se serait arrêtée cette folie, qui prétendait régénérer la nation en déchirant sa tradition et en insultant la mémoire de ses fondateurs, s'il ne s'était rencontré pour répondre au vrai sentiment des masses une parole probe et courageuse. Aussi suffit-il à Robespierre d'élever la voix pour faire rentrer dans leur néant tous ces ennemis de Dieu. Le côté politique de la question , si grossièrement manqué par eux, servit à les vaincre et à les atterrer jusque dans leur propre conscience. L'évidence de leur bêtise les atterra ; ils balbutièrent à l'instant même des rétractations. Chaumette abjura ses réquisitoires avec éclat; Hébert imprima dans son journal l'éloge de Jésus-Christ.»
Rambouillet, Rambolium, petite ville de l'Ile-de-France , auj. chef-lieu d'arrondissement du département de Seine-et-Oise, avec un château royal environné de canaux et flanque de cinq tours, dans l'une desquelles est mort François Ier, en 1547. On y remarque
des jardins dessinés par Lenôtre et wi beau parc où fut fondée la premier* ferme modèle établie en France ; la bergerie de cette ferme servit de dépôt jd premier troupeau de mérinos que noie ayons possédé.
" La seigneurie de Rambouillet, qui avait le titre de marquisat , après avoir appartenu à la famille d'Angennes. fut achetée , en 1 7 1 1 , au garde des scwi Fleuri au, par le comte de Toulouse.* érigée en duché-pairie en faveur de»
prince.
On compte aujourd'hui dans eett* ville 2,800 habitants.
Rambouillet (famille de}. Voy Angennes (maison d'), 1. 1, p. b:\
Rameac( Jean Philippe), undesrJi?
grands musiciens quait produits li France, naquit à Dijon en 1683. 1m d'un organiste passionné pour son or:, il commença tout enfant à toucher à clavecin , et à l'âge de sept ans il du: déjà d'une force très -remarquable. Il visita l'Italie, s'y associa avecundirff teurde théâtre, et parcourut arec hi.
pendant quelques années, le midi de h France. Il vint ensuite à Paris; mais te obstacles qu'il rencontra le dégodtèrwt bientôt de ce séjour, et il alla sefiw à Lille. Il ne tarda pas de s'y Cure, comme organiste , une grande régulation. On lui offrit l'orgue de la catl*drale de Clermont en Auvergne; il accepta , passa plusieurs années dansceU; ville et y composa un traité de j^[ monie, qu'il vint faire imprimer à Par* en 1732. La réputation que loi acquit cet ouvrage lui permit de ne plusquitter la capitale, où il se Gt bientôt unebooe* position parmi les organistes les pte habiles. Piron le chargea de composer u musique de ses Cantates et dss pin* qu'il donnait à l'opéra-comique , entnr autres, de la Rose, du Faux prodige,^ r Enrôlement d'Arlequin, des Cov*i de Tempé. Mais ces travaux n'eta^ pas assez importants pour engager w poètes qui travaillaient pour ce uV* tre, la Motte, Roy, Danchet, à lui coolie de leurs ouvrages. Enfin Voltaire sut apprécier son génie, et le chargea de iJ musique de sa tragédie de Samson. t sait que cette pièce ne fut pas repre*" tée; mais la musique de Rameau jouée chez la Poplinière, fut universelle-
iumel FRANCE.
RAM EL m
ment applaudie. L'abbé Pellegrin lai confia quelque temps après sa tragédie d'Hippolyte et Aricie, et cette pièce, représentée en 1733 avec un très-grand succès i fit une révolution dans la musique dramatique ; car Rameau avait dû créer, pour cette circonstance, des chanteurs et des symphonistes. Les Indes galantes et Castor et PoUux suivirent de près cet opéra et complétèrent la réputation de Rameau. Le roi le nomma alors compositeur de son cabinet et lui accorda, avec le cordon de Saint-Michel, des lettres de noblesse. Rameau mourut en 1764.
On a de lui , sur la théorie de son art : Traité de l'harmonie, 1722, in-4°; Nouveau système de musique théorique, etc., 1726; in-4% Génération harmonique, 1737, in-4° ; Démonstration du principe de t harmonie , 1750, in-8°; Erreurs de (Encyclopédie sur la musique pratique, 1755 et 1756; Code de musique pratique, et Nouvelles réflexions sur le principe sonore, 1760, in-4°; ses principaux opéras sont : Hippolyteet Aride, Castor et PoUux. (Voy.
Musique et Opéba.)
Ramel de Nogabet ( Jacques) , né à Carcassonne, vers 1 760 , exerçait dans cette ville la profession d'avocat , lorsqu'en 1789, ses concitoyens le nommèrent député du tiers état aux états généraux. 11 s'y fit peu remarquer, fut ce-
Pendant réélu par le département de Aude à la convention, où il siégea parmi les membres de la plaine, et, dans le procès de Louis XVI , vota pour rappel au peuple, puis contre le sursis. Il prit ensuite une part assez active à la discussion de la constitution de 1793.
Chargé, en 1795, d'une mission en Hollande, il entra, à son retour, au conseil des Cinq-Cents, où il s'occupa beaucoup des contributions publiques et des matières financières , et fut appelé , en 1 /')(>, par le directoire, au ministère des finances. Ce poste était difficile à remplir : les désordres produits par la tourmente révolutionnaire dans la perception des revenus nationaux et dans les dépenses publiques , étaient loin d'être reparés. Le passage des assignats au numéraire vint ensuite accrottre les difficultés et compliquer la situation; Ramel, porté au ministère dans de semblables circonstances, de-
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vait encourir la responsabilité de tout le mal qu'il ne pourrait empêcher, et il ne manqua pas en effet de s'attirer de graves reproches et de se faire de nombreux ennemis. Remplacé en 1799, il vécut dans l'obscurité sous le consulat et l'empire , et ne reparut sur la scène publique (joe pendant les cent jours , époque où il tut nommé préfet du Calvados. Destitué après la seconde restauration, il fut forcé de s'exiler en 1816, par suite de la loi dite d'amnistie, et se réfugia à Bruxelles, où il mourut en 1819.
Ramel ( Pierre ), né à Cahors en 1761 , exerçait dans cette ville la profession d*avocat , lorsqu'il fut nommé, en 1791 , député à l'assemblée législative, où il siégea parmi les royalistes constitutionnels. Retiré dans son département, après la clôture de la session de cette assemblée , il contribua, avec le général Pérignon , à la formation de l'armée des Pyrénées orientales , et y obtint le commandement d'une légion de cavalerie. Mais, dénoncé comme modéré par Jean-Bon-Saint- André, il fut traduit devant un tribunal révolutionnaire, qui le condamna à mort, en 171)3.
Ramel (Jean-Pierre,) frère du précédent, né à Cahors en 1768, entra à quinze ans comme volontaire dans un régiment d'infanterie, fut nommé, en 1791 , adjudant-major dans la légion du Lot, devint, l'année suivante, capitaine dans celle des Pyrénées, et fut promu, en 1793 , au grade de chef de Bataillon- Incarcéré avec son frère, il dut la liberté au général Dugommier, et fut nommé adjudant général, en 1796. Il fit en cette qualité la campagne du Rhin , sous les ordres de Moreau , et, chargé de la défense de Kehl , il repoussa avec succès les attaques de l'archiduc Charles. La même année, il fut appelé au commandement de la gardo du corps législatif; fit au 18 fructidor d'inutiles efforts pour empêcher que la représentation nationale ne fût violée ; fut arrêté et conduit à la prison du Temple, et le lendemain une loi le condamna à être, avec les proscrits de la veille, Pichegru, Barthélémy, Barbé- Marbois , déporté à Sinnamari. Il parvint, en juin 1798, à s'échapper de cette colonie et à gagner l'établissement*
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