‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 387 sur 434 · RAVAILLAC · texte numérisé non relu

RAVAILLAC

FRANCE

RAVENNB HV,

les plus flatteurs. Cet enthousiasme universel céda cependant ensuite aux efforts de l'envie : ne pouvant attaquer son talent on attaqua ses mœurs ; et le public accueillit bientôt par des sifflets celle dont il avait d'abord encensé les talents et les grâces. Forcée alors d'abandonner la capitale, M,le Raucourt parcourut successivement plusieurs cours du Nord. Ayant obtenu à son retour la protection de la reine pour sa rentrée au Théâtre-Français, elle y reparut en 1779, dans le rôle de Didon, et dès lors elle recouvra son ancienne faveur.

Pendant la révolution, après avoir été un instant emprisonnée, elle voulut fonder un second théâtre Français rue de Louvois ; mais ce théâtre fut presque aussitôt fermé par ordre du directoire, et elle rentra au Théâtre-Français en 1799. Protégée par Bonaparte, qui aimait son talent profond et énergique , Ml,r Raucourt en obtint une pension considérable, et fut chargée d'organiser les troupes de comédiens français qui devaient parcourir l'Italie. Elle alla y recueillir elle-même des applaudissements et revint en 1815 mourir à Paris, où le refus que fit le curé de St.-Roch d'accorder rentrée de l'église à sa dépouille mortelle causa beaucoup de trouble et de scandale.

Ravaillac ( François ), né à Angouléme en 1578 ou 1579, fut élevé dans les doctrines des jésuites, qui profitèrent de la faiblesse de son esprit pour lui faire croire qu'il était destiné à sauver la religion. Il entrait en fureur au seul nom d'un huguenot, et regardait Henri IV comme le plusgrand fauteur de l'hérésie. Dans un des voyages qu'il fit à Paris comme solliciteur de procès, il prit l'habit de frère convers chez les feuilla nts; mais il en fut bientôt après renvoyé comme visionnaire , et retourna àAn- Qouléme , où on lui fit croire qui le roi allait faire la guerre au pape. Ce fut alors, dit-on, qu'il forma le dessein de déclarera Henri IV lui-même l'intention où il était de le tuer ; il revint en effet à Paris; mais n'ayant pu arriver jusqu'au roi , il retourna dans sa ville natale sans avoir confié à personne le dessein qu'il méditait. Il y retrouva les mêmes hommes qui avaient égaré sa raison, et harcelé par eux et par les visions que son imagination en délire lui sug-

gérait, il reprit à pied la route de la capitale, vola dans une auberge un couteau qu'il croyait propre à l'exécution de son crime, et le 14 mai 1610, il se rendit au Louvre, suivit la voiture du roi , arrêtée dans la rue de la Ferronnerie par un embarras de charrettes, monta sur la roue de derrière, et frappa deux fois sa victime qui expira à l'instant même. Arrêté sur-le-champ , il déclara qu'il n'avait été induit par personne à commettre cet attentat, et fut condamné, le 27 mai 1610, à être tenaillé avec versement d'huile bouillante , à avoir la main droite brûlée par le soufre , et à être écartelé.

Ravenel. La seigneurie] de Mandres,en Lorraine, fut, en 1721 , unie à celles de Boulac, Savigni et Étrennes, et érigée en comté sous le nom de Ravenel. Ces divers lieux font aujourd'hui partie du département des Vosges.

Ravbknb ( bataille de ). La formation de la sainte ligue, entre le pape Jules II, le roi d'Espagne Ferdinand et la république de Venise , et l'accession à cette ligue de Henri VIII d'Angleterre, des Suisses et de Maximilien d'Autriche, avaient mis Louis XII dans une position très-critique. Il lui fallut combattre cette coalisation qui menaçait non-seulement les conquêtes, mais le territoire même de la France. Gaston de Foix, duc de Nemours, qui avait été nommé gouverneur du Milanais, fut chargé de faire face à l'orage. Il n'avait que vingt-deux ans, mais il s'était distingué par son audace, son sang-froid, son activité, et passait déjà pour un grand capitaine; il força d'abord les Suisses à retourner chez eux , entra dans Bologne', battit les Vénitiens , assiégea et prit Brescia (février 1512 ) ; mais ces succès n'étaient pas suffisants pour détruire la ligue, il fallait battre son armée et la tailler en pièces. En conséquence, Louis XII pressa Gaston de marcher à l'ennemi.

Le prince quitta Brescia pour se porter sur Ravenne avec seize cents lances , dix-huit mille fantassins et l'artillerie du duc de Ferrare. L'armée de la ligue était commandée par Pietro Navarro; elle était forte de quinze cents lances et de seize mille fantassins.

Quand elle fut instruite du mouvement de Gaston, elle quitta la posi-

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tion qu'elle occupait au pied des Alpes , et vint enfermer les Français entre son camp et les murs de la ville. C'était ce que désirait Gaston, qui n'avait fait ce mouvement que pour obliger les ennemis à lui livrer bataille.

Cependant le général espagnol avait appuyé sa droit* au Ronco et couvert son front par un large fossé.

« Nemours, sentant combien il était dangereux de laisser ainsi les ennemis derrière lui, jeta des ponts sur le Ronco, et le matin du dimanche de Pâques, 11 avril 151 2, il passa avec toute son armée de la gauche à la droite de cette rivière. Il commença l'attaque sur les Espagnols par une vive canonnade, dès qu'il fut arrivé à quatre cents pieds du fossé qui couvrait le front de seB ennemis. On n'avait point encore vu l'artillerie employée d'une manière aussi meurtrière qu'elle le fut dans cette bataille. L'infanterie française demeura longtemps exposée, presque à découvert , à un feu si terrible , que de quarante de ses capitaines il y en a eu trentehuit de tués. L'artillerie du duc de Ferrare, qui combattait pour les Français, était plus redoutable encore ; quand il eut réussi à la mettre en batterie à l'extrémité de l'aile gauche française, il enfila toute la ligne de l'armée espagnole, et plusieurs de ses boulets ta traversant tout entière, allèrent atteindre jusqu'à l'aile droite française; car l'armée de Gaston était disposée comme un arc, dont l'armée espagnole faisait la corde.

« Pendant ce feu meurtrier, Pietro Navarro , qui comptait uniquement , pour la victoire, sur son infanterie espagnole , gu'il avait formée lui-même et dont il était très-fler , la tenait couchée à plat ventre, en sorte qu'elle n'éprouvait aucune perte ; et il s amusait a voir la gendarmerie italienne, qui lui était associée, hachée par le canon ennemi. Il supposait que les Français ne souffraient pas moins, et il comptait, quand la cavalerie aurait disparu des deux parts, remporter avec ses fantassins espagnols une victoire facile sur les fantassins allemands et français. Mais la patience échappa enfin à Fabrizio Colonna, qui se voyait sacrifié avec tant de braves gens au calcul cruel de celui qu'il

nommait Marrano (le Maure, le Mi> créant). Malgré les ordres de son chef, il fit ouvrir les râteaux qui fermaieol l'enceinte espagnole, et arec toute h cavalerie H s'élança sur les Français. Il était déjà trop tard, les rançs de sa gendarmerie étaient trop affaiblis , la supériorité des Français était décidée, et le combat ne fut pas longtemps douteux ; Fabrizio Colonna fut fait prisonnier par Alphonse d'Esté, qui lui saon la vie et la liberté; le cardinal de Médicis fut aussi fait prisonnier; le nurguis de la Palude et le jeune Pescara If lurent également; Cardone, Carvajalet Antonio de Leyra prirent la fuite, et, de toute l'armée espagnole, il ne resta bientôt plus que l'infanterie du co»t« Pietro Navarro.

« Mais celle-ci n'était pas si facile 1 vaincre : couverte d'une complète armure défensive, et combattant seulement avec l'épéc pointue et le poignard elle s'avançait contre les piques des Allemands,' longues tle seize à dix-huit pieds, et si elle réussissait à les écarter, et à pénétrer entre elles, elleégors^ ! sans rencontrer de résistance des ho* me3 qui n'avaient ni cuirasse ni armes pour combattre de près. Toute la «valerie française fut obligée de venir i l'appui de l'infanterie; elle déiermini enfin les Espagnols à se retirer lentement et en bon ordre; mais elle ne put les entamer. Yves d'Allègre, en condui» :

une charge contre ce bataillon serré, ut tuer sous ses yeux le seul fils qui lui restât; il voulut le venger, et fut tué j son tour. Gaston de Foix , fiirieui devoir vu tomber tant de braves, vint apr?lui charger ces terribles fantassins lj fut renversé par un Espagnol, qui plongea son épée dans le sein, encan que les Français lui criassent * Faite*- « le prisonnier, c'est votre vice-rw»

« c'est le frère de votre reine. » Jauu* dans ce siècle, champ de batailk n" fut couvert de plus de morts que ce»

de Ravenne. Les plus modères aftr ment que l'armée française peniit su mille hommes, et l'armée espagnol douze mille (*). »

Rayful (Guillaume Thomas François) naquit le U avril 1713 à

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