RAYNAL
FRANCK. RAYNOCARD 81 7
teniez dans le Rouergue , et entra de > on ne heure chez les jésuites. Les ayant 'nsuite quittés, il vint à Paris et fut l'abord attaché comme prêtre desserrant à Saint-Sulpice; mais son accent 'ayant forcé de renoncer à la prédication, lans laquelle il avait eu quelques succès >n province, il ne tarda pas à dépouiller complètement la caractère ecclésiastique, •"orce alors de chercher dans sa plume in moyen de subsistance, il rédigea penlant quelque temps le Mercure de France, publia, en 1745', Y Histoire du itatkoudérat, et, en 1750, celle du Pare ment anglais. Rien dans ces deux écrits îe pouvait faire pressentir le succès du mirant : Y Histoire philosophique et poitique des établissements et du corntierce des Européens dans les deux 'ndes. Cet ouvrage, qui parut en 1770, it aussitôt à l'auteur une éclatante réfutation. Raynal paraît du reste avoir té singulièrement aidé dans son travail , pour la partie philosophique, par )iderot, Pechméja et d'Holbach ; pour es questions commerciales, par le fermer général Paulze. L'abbé Martin, exésuite comme lui , et surtout Deley relui burnirent, dit-on, des chapitres entiers.
Quoi qu'il en soit, et malgré les défauts I ue l'on prut justement reprocher à l 'Hisoirephilosophique, un ton trop souvent léclamatoire et de fatigantes digresions, elleaeu plus de20 éditions et près e 50 contrefaçons, sans parler des abré- ;és et des traductions. Dans les voyages ue fit l'auteur en Angleterre et en Holincle après cette publication , il recueilt des matériaux qui lui permirent de onner dans l'édition qui parut à Geèveen 1780, plus d'exactitude à quelues parties importantes ; mais, la nariesse des nouvelles attaques qu'il y irigea contre le pouvoir arbitraire, .ntre la superstition et les prêtres, fit h «damner le livre par la Sorbonne et annir l'auteur par le parlement. Le hilosophe passa le temps de son exil i Suisse, ou il s'arrêta surtout à Laumne, et en Prusse , où son entrevue vec Frédéric a été diversement raportée. En 1788, il lui fut permis de ;ntrer enPrance. Nommé parles élec- 'urs de Marseille député aux états gééraux il n'accepta pas et fit élire à sa lace Malouet son ami.
Bien que Y Histoire philosophique soit un des ouvrages qui ont eu le plus d'influence sur la révolution française, les principes démocratiques de la republique ne trouvèrent pas chez Raynal une en* tière sympathie. Sa prétendue lettre à l'assemblée nationale (du 10 décembre 1789) dans laquelle on lui faisait désavouer les principes de ses écrits est, il est vrai , reconnue aujourd'hui pour être du comte Guibert; mais Raynal adressa réellement, le 31 mai 1790, à Bureau de Puzy, alors président de cette assemblée , une sorte de factum dont le ton, moins modéré que les principes, mécontenta également tous les partis et lui suscita de violentes réfutations. Il mourut àChaillot, prèsPassy, le 6 mai 1796, après avoir perdu tout ce qu'il possédait.
On lui a reproché le commerce qu'il faisait lui-même de ses livres. Il en retira des sommes considérables; mais s'il savait acquérir, il lit souvent aussi un noble usage de ses richesses, comme on le voit par les prix
Îu'il fonda à Lausanne, à Lyon, à aris , et dans le Midi , pour encourager les mœurs, l'agriculture et les lettres. Il nous reste a citer encore parmi les productions de cet écrivain les Anecdotes historiques , militaires et politiques de C Europe, depuis l élévation de Charles-Quint à l'empire jusqu'à la paix d Aix-la-Chapelle , qui , publiées d'abord en 1753, reparurent en 1772 sous le titre de Mémoires historiques de l'Europe. Le morceau sur le divorce de Henri VIII a été mis en parallèle avec la conjuration des Espagnols contre Venise, de Saint-Réal. Ou ne sait si les Réflexions sur la traite des noirs et le Tableau des colonies anglaises de l'Amérique * qui ont été nus sous le nom de Raynal, lui appartiennent réellement.
Il a encore composé quelques autres écrits; mais on lui en a attribué plusieurs auxquels il n'a point eu de part.
RAYifOUARn (François-Juste-Marie) , littérateuret philologue, néà Brignolles en Provence le 18 novembre 1761, était avocat au parlement d'Aix lorsqu'il fut , en 1792, nommé député suppléant à la convention. S'etant prononcé contre les actes du 31 mai 1793, il fut mis en arrestation. Libre après le 9