RAYNOUARD L'UNIVERS
thermidor, il se partagea entre les travaux de sa première profession et le culte des lettres. Il s'essaya dans le genre dramatique par une tragédie de Caton oVUtique , qui fut seulement imprimée à un petit nombre d'exemplaires.
En 1804, la classe de littérature française de l'Institut qui , trois ans plus tord l'admettait dans son sein , couronna son poëme de Socrate dans le temple d'Jglaure , ouvrage remarquable , surtout par une indépendance de principes qui commençait à devenir rare. Sa tragédie des Templiers, qui fut jouée en 1805, eut, malgré les attaques pleines de passion de Geoffroy , un des plus beaux succèsqu'ait comptés dans notre siècle le théâtre français ; mais les États de Blois, représentés en 1810 sur le théâtre de la cour à Saint-Cloud, et, en 1814, sur la scène de la rue de Richelieu , ne trouvèrent, ni devant l'un ni devant l'autre de ces deux publics , un accueil bien favorable.
En 1806, Ray noua rd était entré au corps législatif comme député du dé-
Srtement du Var; réélu en 1811, il partie de la commission extraordinaire nommée en 1813 pour présenter un rapport sur l'état de la France. Il fut néanmoins pendant les cent jours appelé par Napoléon au conseil de l'Université. Il n'accepta pas et refusa de même le portefeuille de la justice que lui offrit Carnot. Maintenu en 1816 à l'Académie française, où il remplaça bientôt Suard comme secrétaire perpétuel , il entra l'année suivante à celle des Inscriptions. Il mourut à Passy en 1836. Il avait publié, en 1813 , les Monuments relatifs à la condamnation des chevaliers du Temple et à l'abolition de leur ordre. Ces recherches historiques l'introduisirent dans une nouvelle branche d'études; de 1816 à 1821 , il fît paraître un Choix de poésies originales des troubadours. Le premier volume renferme une grammaire de la langue romane , et le sixième et dernier une grammaire comparée des langues de t Europe .latine dans leurs rapports avec la langue des troubadours; deux nouveaux volumes ont paru en 1835 (*). On doit encore à
(*) Voyez pour plus de détails sur le système de Ravnouard, nu sujet de la formation de noire idiome national , ainsi que pour les
Ravnouard une Histoire du droit municipal en France , publiée en 1829.
Rb( lie de). Cette île, qui fait aujourd'hui partie du département de la Charente-Inférieure, est située vis-à-vis de la Rochelle , entre le pertuis Breton et le pertuis d' A ntioche, à une petite lieue de la côte. On sait qu'elle servit , pendant la révolution , ne lieu de déportation pour les prêtres réfractaires. On y compte 17,000 habitants.
RÉ (Attaque de Hle de). En 1627, l'Angleterre n'avait point encore déclaré la guerre à la France ; mais h mésintelligence était telle entre les dein cours, que la guerre paraissait imminente. Buckingham parut le 20 juillet à la téte d'une Ûotte considérait devant l'île de Ré , et il fit répandre sur le rivage des manifestes où il dédirait que l'intention de son gouvernement était derétablir les églises de France da m leur ancienne splendeur et de secourir la Rochelle. Mais, au lieu d'attaquer immédiatement le fort Louis, ainsi que le lui conseillait Soubise, regardant l'ile de Ré comme une excellente position pour des corsaires, qui harcelleraient a la fois le commerce de France et celui de l'Espagne, il se décida pour la prise de cette île. Cependant lorsqu'il eut pris terre , après un combat asseï vif, il négligea de presser le comte de Thoyrns qui , avec une faible garnison , défendait les travaux à peine commences du port Saint-Martin. Ce brave officier s'y maintint trois mois avec un courage et une constance admirables. Knfin il fut secouru ; Louis XIII , qui était venu en personne faire le siège de la Rochelle, fit choix des plus braves de ses soldats, pour les env oyer au secours de l'île. L*einédition prit terre le 30 octobre sous le fort de la Prie. Thoyras, toujours assiégé dans le fort Saint-Martin, repoussa, le 6 novembre, un dernier assaut ; enfin Ruckingham découragé se décida à lever le siège. Mais à peine avait-il commencé l'exécution de ce dessein , que la cavalerie française , s'élançant su; lui, mit le désorare dans les rangs de ses soldats, les rompit, les poursuivit, et en tua un grand nombre. Le matis suivant, les Anglais étaient remonte»
objections élevées contre ce système , raHfcfc