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RÉGENCES FRANCE

RÉGENCES 353

de deux sortes, les grandes et les petites. Les grandes, majora regalia , étaient celles qui appartenaient au roi jttreproprio etsinguiari, et qui, par conséquent, inhérentes à la puissance royale, ne pouvaient être cédées : c'étaient les attributs de la souveraineté, comme de se qualifier par la grâce de Dieu , de faire des lois, de les interpréter, de faire la guerre et la paix , de traiter par ambassadeurs, etc., etc. Les petites régales, minora regalia t étaient des droits qui , n'étant pas nécessairement inhérents à la couronne , pouvaient en être séparés , comme les droits sur les grands chemins, les grandes rivières, les péages et autres semblables.

R eoences. — Les États dont le gouvernement est une monarchie héréditaire, subissent nécessairement l'influence des différentes variations d'âge, de capacité ou de fortune , à travers lesquelles peut passer l'homme qui occupe le trône. Les caprices du sort fout quelquefois peser sur la tête d'un enfant le fardeau d'une couronne , et le même prince peut alors traverser, le sceptre a la main , toutes les phases de la vie , depuis la première enfance jusqu'à l'extrême vieillesse. Comme le roi est la source du pouvoir et la base de l'administration, il est certain qu'il ne remplira jamais si dignementses devoirs que lorsqu'il sera dans toute la force et dans toute la plénitude de la vie , et que la monarchie se ressentira de la faiblesse et de l'épuisement des deux extrémités de son existence. Ainsi l'un des plus grands monarques de notre histoire, Louis XIV, accomplit , comme roi , les trois temps de la vie humaine, l'enfance, Yige mur et la vieillesse. Une gouverna jas dans le premier; il gouverna bien iaûs le second; il gouverna mal dans le roisième. Cependant il n'v a pas incapacité absolue pour le vieillard comme jour l'enfant. Le vieillard peut compen- >er par l'expérience ce qu il a perdu en 'igueur, et, tout en changeant le caracère de son règne, le terminer encore l'une manière sage et bienfaisante, ^'enfant n'a ni savoir ni force : il faut fti'il soit remplacé et que son autorité oit confiée aux mains d'un régent qui 'exerce en son nom jusqu'au moment ù il pourra l'exercer lui-même. Cette

nécessité de remplacer le roi se reproduit encore dans d'autres circonstances, moins fréquentes et moins prévues, mais non moins graves : l'absence du prince, dans les cas d'expédition lointaine ou de captivité à l'étranger , et son incapacité, dans les cas d'accidents physiques ou moraux. Alors, comme dans les minorités , il faut recourir à une régence.

Mais , à valeur égale , un régent n'est jamais si fort, ni si bien établi qu'un roi. Tous les efforts de la loi constituante ,

{>our identifier la personne du régent à a personne royale, ne peuvent empêcher qu'il n'y ait là une fiction et qu'il ne résulte de cet état de choses , pour l'autorité royale et la force du gouvernement, un affaiblissement proportionné aux hommes et aux circonstances. Aussi, en règle générale, les régences sont-elles des époques d'abaissement et de troubles, des temps peu désirables, et redoutés par le peuple, quand il prévoit l'avenir ïncheux d'une minorité. Le plus souvent, c'est un malheur soudain et inattendu gui porte brusquement au trône un enrant qui vient de naître; c'est le cas le plus funeste; rien n'est préparé; personne n'est désigné d'avance, toutes les prétentions rivales se heurtentdans leur empressement pour arriver à un poste qui est le premier de l' État. Celui qui l'emporte voit ses compétiteurs devenir ses ennemis; à moins d'une supériorité réelle, il n'a jamais qu'une autorité contestée. Il est forcé, pour se concilier les suffrages , à mille transactions ou concessions qui l'affaiblissent. Tout occupé du soin de se maintenir , il néglig* les intérêts du dedans , il affaiblit la politique nationale , et son administration n'est qu'un temps d'arrêt où la nation ne gagne que de voir son roi grandir. Cependant, les partis s'agitent, les mécontents se mettent à l'œuvre, et provoquent, pour la satisfaction de leurs intérêts, des luttes plus ou moins sérieuses, qui vont quelquefois jusqu'à la guerre civile. Alors les réactions sont inévitables; malheur au nouveau règne et à la nation , si l'impulsion du règne précédent a été énergique ou violente!

Les crises de la régence n'en seront que plus tumultueuses. Une régence prévue et organisée d'avance inspire

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