‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 399 sur 434 · RÉ<; EXCÈS · texte numérisé non relu

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gences, si Ton peut donner ce nom aux courts intérims causés par ces expéditions. Cependant la captivité de François lrr à Madrid fut une véritable suspension de l'autorité royale, qui , pendan t ce temps, fut entre les mains de Louise de Savoie, duchessed'Angouléme, mère du roi prisonnier ( 1525- 1526 ). Cette femme dont les passionsetles intrigues avaient fait tant de tort aux affaires de la France, répara en partie par sou habileté et son énergie, les maux qu'elle avait causés. Elle pourvut à la défense du royaume en créant une armée, et organisa contre Charles-Quint une ligue dans laquelle entrèrent l'Angleterre et la plupart des États italiens. La France était sauvée; et quand François rry rentra, il put recommencer la guerre.

En 1560, à la mort de François II, en un temps où la France avait le plus besoin d'un roi dans la force de 1 Age et d'une haute capacité, un malheureux hasard la fit retomber dans tous les embarras d'une régence. Charles ÎX n'avait que dix ans et demi. Depuis Charles VI il n'y avait point eu de roi légalement mineur; rien n'était dispose d'avance pourpareraux nécessités du moment ; toutefois la vigilance de l'Iîospital amena une décision prompte et satisfaisante. « L'Hospital dirigeait alors la conduite de Catherine de Médicis, et ce qui fut fait le fut sous son inspiration. Depuis la mort de Henri II le pouvoir royal avait perdu tout ascendant : les partis politiques et religieux étaient aux prises et déjà avaient tiré l'épée. Deux dangers se présentaient menaçants : si l'un des princes du sang ou des hauts seigneurs obtenait seul la régenee, il était à craindre qu'il ne dépouillât la couronne de sa légitime autorité et n'usurpât le trône. Si le roi de Navarre , le prince de Condé, prononcés pour la réforme, devenaient, ou seuls, ou conjointement, régents, il y avait toute apparence que les Guise et les Montmorency leur disputeraient le pouvoir politique , et que le parti catholique prendrait les armes contre eux. La

f» rem i ère combinaison amenait la spoiation de la royauté; la dernière, la guerre civile.

« Dans cette situation critique l'IIospital voulait trois choses : donner place

dans la régence et part dans l'autorité à Catherine de Medicis, qui seule avait intérêt à défendre et à conserver intact le pouvoir de son fils , le pouvoir royal ; empêcher qu'aucun prince, qu'aucun grand ne fdt nommé seul régent; enlin n'abandonner la direction des affaires à aucun des trois anciens partis , les mettre en présence , exciter entre eux une rivalité qui les contînt les uns par les autres, et qui permît au gouvernementde maintenir l'équilibreeutre eux et de les dominer tous.

« Catherine de Médicis suivit pas à pas cette ligne de conduite. Dans les derniers moments de François II elle tira du roi de Navarre, menacé par les Guise et séduit par l'espoir que la cour de France s'emploierait à lui taire restituer la Navarre espagnole , une promesse par écrit et en présence de témoins , par laquelle il renonçait à la régence pour lui seul , même dans le cas où elle lui serait déférée par les états généraux.

On tint quelque temps encore le prince de Conde enfermé, mais on résolut de le mettre bientôt en liberté , et on rappela Montmorency. D'un autre côté, les Guise furent rétenus à la cour, maintenus dans leurs dignités et au conseil.

« Le 6 décembre 1560, lendemain de la mort de François 11, Catherine de Médias conduisit Charles IX au conseil : le roi de Navarre, les Guise et les autres grands assemblés le saluèrent roi , et le jeune prince leur enjoignit d'obéir désormais à ce que leur commanderait sa mère. Le 8 décembre, il écrivit au parlement une lettre dans laquelle il disait m qu'il avait prié sa mère de prendre en « main l'administration du royaume, « avec le sage conseil et avis de son oncle, « le roi de Navarre. »

• Le2tdumêmeniois,leconseild'tèlat constitua le gouvernement par un règlement; il partagea le pouvoir et la direction des affaires entre Catherine de Médicis et le roi de Navarre; il arrêta eu outre que toutes les affaires importantes seraient portées au conseil , qui statuerait dessus , après quoi une lettre de la reine mère rendrait exécutoires les décisions prises. Le conseil était composé des princes du sang, des cardinaux, des grands officiers de la

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couronne, de tous ceux qui avaient fait partiedu conseil durant les deux derniers règnes. Par suite de ces dispositions, Catherine n'était ni seule régente, ni toute-puissante, mais elle était placée à la téte du gouvernement. (*) •

Les états généraux d'Orléans, qui étaient alors assemblés, sanctionnèrent toutes ces mesures par leur approbation souveraine , Tordre du clergé à l'unanimité, les deux autres ordres à une majorité considérable. Mais à quoi aboutirent toutes ces précautions? Tant que l'Hospital conserva son crédit, l'autorité royale fut maintenue, l'ordre conservé, et la guerre civile ajournée. Ce sage magistrat tira tout le parti possible de la présence des états généraux en faisant adopter plusieurs mesures d'utilité publique. Après la séparation de l'assemblée , les Guise , le maréchal de Saint- André et le connétable de Montmorency se liguèrent contre son influence et formèrent ce qu'on appela le Triumvirat.

L'Hospital n'en persista pas moins dans ses projets. En 1561, i! fit publier une déclaration royale qui avait pour but de désarmer les partis religieux et qui supprimait les dénominations de huguenots et de papistes. Deux nouvelles assemblées des états généraux furent tenues à Pontoise , puis à Saint-Germain ; la majorité s'y déclara pour lui et prit des décisions qui tendaient à l'établissement de la liberté religieuse et au triomphe de la tolérance. L'ordonnance d'Orléans, promulguée peu de temps après, supprima une grande partie de ces abus qui engendrent et perpétuent la discorde au sein d'un État. Le colloque de Poissv (sept. 1561),l'édit de janvier 1562 étaient destinés à mettre la dernière main à la réconciliation des partis religieux; mais tout le zèle du seul homme sage et modéré du royaume échoua devant le fanatisme des "catholiques et des protestants, et l'ambition de leurs chefs. La guerre civile commença en 1561 par le massacre de Vassy. Après le traité d'Amboise, qui susjienait les hostilités, Catherine fit déclarer son fils majeur (mars 1563) et conserva la direction des affaires. La fatale influence de cette Italienne ne devait pas apaiser les fureurs

C) M. Poirson. Précis de V histoire de France, p. 192.

de la guerre civile dont sa régence n'avait pas su préserver la France, et que cette fois la majorité du roi était impuissante à plus contenir.

Henri IV mit un terme aux malheurs de la France , que son règne éleva à un haut degré de prospérité intérieure et de puissance au dehors. Mais sa mort prématurée (1610) remit tout en question . Louis XIII n'avai t pas d ix ans ; une nouvelle minorité allait laisser le champ libre aux rivalités des partis. Les huguenots voulaient se rendre indépendants ; les grands voulaient devenir les maîtres, et comme les uns et les autres avaient le même intérêt à abaisser le pouvoir royal, on les vit réunir leurs forces et leurs intrigues contre l'ennemi commun. Aussitôt que Ton apprit la mort du roi ( 14 mai 1610 ), toutes les ambitions se mirent en mouvement. Les familles deCondé, de Guise, de Longueville ; les ducs d'Épernon , de Soîssons , de Bouillon, rivalisèrent pour se partager l'autorité et gouverner sous le nom d'un prince enfant. Le duc d'Épernon l'emporta d'abord ; il fit donner la régence a la reine mère, Mariede Médicis, par une décision du parlement. Le duc de Bouillon , irrité de se voir écarté , intrigue parmi les protestants et soulève leur parti. Pour les apaiser on confirme l'édit de Nantes. Mais ils veulent plus ; ils s'assemblent en états généraux à Sa u roux ( 161 1 ), présentent leurs cahiers de doléances, où ils demandent des choses impossibles, afin, dit Richelieu y • que « l'on commençât la guerre pour les « faire cesser, ou qu'on les tolérât par « impuissance , et par ce moyen mettre « État contre État.» Les princes ne sont ni moins turbulents ni moins actifs : le prince de Condé, le comte de Soissoos s'entendent et confondent leur intérêts; ils viennent à la cour, etcabalent contre les ministres, Guise, d'Épernon, le maréchal d'Ancre, déjà divisés entre eux.

Pour résister la régente songe à s'ajn puyer sur l'Espagne, et elle cherche à satisfaire les mécontents en leur offrant des gouvernements et des dignités.

Ainsi la politique extérieure est modifiée, et la lutte contre la maison (f Autriche remise à des temps meilleurs.

La révolte était un jeu lucratif pour les princes. Les gouvernements qu'on

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leur prodiguait les encourageaient à mieux faire , et les rendaient plus forts. En effet ce? gouverneurs n'étaient pas des officiers que le roi envoyait dans les provinces pour y transmettre ses ordres et les faire exécuter. Chacun de ces hommes puissants qui cabalaient à la cour, était le roi d'une partie de la France, où le véritable roi était entièrement effacé. La Provence appartenait au duc de Guise, qu'Henri IV avait toujours eu soin de retenir à la cour ; les Montmorenry-Dam ville dominaient depuis longtemps dans le Languedoc; le Dauphiné obéissait au maréchal de Lesdiguières ; le Lyonnais appartenait à la famille de Joyeuse; la Bourgogne, où Biron et les Gontaut avaient voulu se rendre indépendants, était entre les mains du duc de Mayenne ; la Picardie était livrée à l'influence des maisons d'Humières et de Créqui ; la Bretagne était toujours turbulente : les Rohati

L représentaient puissamment le parti guenot , et il n'y avait dans cette province qu'un lieutenant du roi , le duc de Brissac. Le prince de Condé avait le gouvernement de la Guienne , véritable apanage de sa maison. La Normandie, l'A njou, le BeTry , le Maine, le Poitou, une portion de la Champagne, étaient plus directement sous l'autorité du roi et formaient la force de la couronne. Telle était la puissance des princes, des gouverneurs, des huguenots. La royauté n'avait pour se soutenir que l'autorité d'un roi enfant, une femme et un ministre italien, Concini. Ce gouvernement ne pouvant combattre les ennemis du dedans et du dehors, négocia et transigea. M s'unit à la maison d'Autriche, et dépensa en présents et en marchés secrets toute l'épargne du feu roi. Les princes, que tant d'avantages ne contentaient pas, demandèrent les états généraux (1G14) ; avant de les convoquer, Marie de Médicis fit déclarer Louis XIII majeur, au parlement de Paris, le 2 octobre 1614, et les états s'assemblèrent dans la capitale le 26 du même mois. Cettedéclaration ne changea rien au gouvernement.

Marie de Médicis resta au pouvoir, dirigée et dominée par le maréchal d'Ancre et par sa femme, Léonore Galigaî. L'alliance avec l'Espagne fut cimentée en 1615 par le mariage de Louis XIII et

d'Anne d'Autriche; les grands, qui n'avaient pas obtenu des états généraux ce qu'ils en avaient espéré, eurent alors recours à de nouvelles révoltes. Les huguenots organisèrent leurs forces. La chute de Concini ne fit qu'accroître le désordre en jetant Marie de Médicis dans le parti des mécontents, et la France ne sortit decet état misérable qu'au moment où Richelieu arriva aux affaires. Heureusement que le temps des guerres civiles était passé. La nation avait besoin de repos : 1 agitation qui la troubla pendant cette régence n'existait qu'à la surface du pays, autrement on aurait vu se reproduire sous l'administration de Marie de Médicis des malheurs semblables à ceux qui fondirent sur la France au temps où le pays était gouverné par une autre Italienne de sa famille, par Catherine de Médicis. Singulière destinée de ce nom de Médicis, venu deux fois en France pour s'associer à deux minorités et planer au-dessus de deux époques de faiblesse et de misères!

Après la minorité de Louis XIII vient celle de Louis XIV. L'union contractée en 1615 par Louis XIII avec Anne d'Autriche avait été vingt-deux ans stérile.

Kn 1638, il leur naquit un fils, qui fut Louis XIV, et en 1643, au mois de mai, cet enfant était roi de France. Le testament de Louis XIII nommait la reine régente, Gaston, duc d'Orléans, lieutenant général du royaume; il créait un conseil sou verain, dont leprince de Condé était le chef; enfin, il détendait à la régente de rien changer à ces dispositions. I >e parlement cassa cet acte et confia tout le pouvoir à la reine mère. Les débuts de la régence d'Anne d'Autriche furent paisibles et heureux. Les exilés, les bannis, les fugitifs, revenaient de toutes parts sans s'inquiéter des arrêts rendus contre eux et que le parlement annulait à loisir. Jamais la cour n'avait été plus nombreuse et plus belle, plus jeune et plus riante. Tout l'ennui, toute la terreur gui avaient pesé si longtemps ( sous Richelieu , mort six mois avant Louis XIII) sur ces nobles existences vouées à l'éclat et au plaisir, augmentaient encore le charme decette couronne d'enfant, soutenue par une femme autour de laquelle on les voyait se rassembler et reprendre leur splendeur. Le

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