NAPLES L'UN
cle, la maison de Bourbon en occupa le trône.
Nous devons néanmoins parler avec quelques détails de l'expédition du duc Henri II de Guise, qui, appelé par les Napolitains révoltés contre l'Espagne, en 1647 , aurait pu, s'il avait été secondé par la France, établir dans la Péninsule un royaume indépendant.
Peu de temps après le meurtre de Masaniello, les insurgés, sentant le besoin de mettre à leur téte un personnage d'un rang distingué, s'adressèrent au duc de Guise, qui descendait par les femmes de René , roi de Sicile ; ils lui envoyèrent à Rome, où il se trouvait alors , deux députés , qui lui présentèrent dans l'hôtel de l'ambassadeur de France, et en présence de trois cardinaux attachés a la France, deux lettres, l'une signée par le peuple de Aaples et son royaume. Vautre par Gennaro Annese, généralissime et chef des insurgés, qui invitaient « son al- « tesse le duc de Guise à vouloir être le « défensevr du peuple. * L'ambassadeur de France autorisa le duc à accepter cette charge, et le cardinal Michel Mazarin lui promit au nom de son frère une flotte , des hommes et de l'argent.
Le duc n'attendit pas les secours de la France; il s'embarqua au port d'Ostie sur une felouque napolitaine, traversa intrépidement la flotte espagnole et arriva le 15 novembre à Naples, où il entra au milieu des acclamations du peuple. Dans l'acte du serment de fidélité qu'il prêta dans la cathédrale, il prit la qualité de général de* armées et de dé/enseur du royaume de Naples et de sa liberté. Il fit frapper en même temps des pièces d'argent et de cuivre au coin de la république, et se fit élire pour sept ans duc de Naples. Mais dès le commencement, sa conduite fut impolitique , et il ne tarda pas à s'aliéner le peuple , par ses prétentions aristocratiques et ses nombreuses galanteries. Néanmoins il réussit à ranimer pour quelque temps l'enthousiasme populaire, à organiser quelques corps réguliers , et enfin à reprendre les postes ue les Espagnols occupaient encore ans la ville et dans les faubourgs. Puis, le 13 décembre, il sortit de la ville, et, le S janvier 1648, s'empara d'Aversa, qui