NAPOLÉON FRANCE. NAPOLÉON
rent bientôt pleines d'intimité et de tendresse, et leur union fut consacrée peu de temps aurès.
Les succès du jeune générai avaient attiré sur lui l'attention des hommes éminents de cette époque, de Carnot surtout, nui pressentait l'avenir et les destinées du vainqueur de vendémiaire.
Bonaparte fut nommé commandant en chef de l'armée d'Italie. Il partit le 21 mars 1796, jurent qu'avant un mois on apprendrait sa mort ou la déroute de l'armée autrichienne. On sait qu'il tint parole ; on connaît les prodiges qu'il accomplit avec une armée indisciplinée, «ans vêtements et sans munitions.
Mais nous avons raconté ailleurs cette merveilleuse campagne, où l'on ne sait ce qu'il faut le plus admirer du général ou du négociateur. Ce fut une série de triomphes qui donnèrent au vainqueur une influence décisive sur les destinées de sa patrie. Il adressa à Joséphine, pendant cette campagne mémorable, des lettres qui resteront comme un monument de grâce, de tendresse et d'esprit, et qui le montrent aussi grand dans sa vie privée que dans sa vie publique. Les soins de la guerre et de la politique ne le détournaient pas un instant de ses devoirs de fils , (I l'époux et de père. Il trouvait le temps d'écrire, à sa femme et à sa mère, des lettres longues et affectueuses, de s'oocuper de ses sœurs et de ses frères, de pourvoir à leurs besoins, aux nécessités de leur avenir.
Le 17 octobre 1797, il signait la paix à Campo-Formio , et il assistait de loin à la dissolution du gouvernement directorial. Un moment, au 18 fructidor, il avait cru l'instant propice pour en disperser les débris et doter la France dune administration meilleure; mais l'heure n'avait pas sonné encore. Après avoir visité Rastadt, où il devait présider la légation française, et parcouru les provinces de la Lombardie, qui le saluèrent du titre de libérateur, il vint h Paris et y fut accueilli avec admiration. Ce fut Talleyrand , .alors fervent républicain, qui le présenta au Directoire. Mais l'inaction ne pouvait longtemps convenir à Bonaparte. La curiosité et l'admiration dont il était l'objet le fatiguaient et éveillaient en lui le be-
soin d'une gloire nouvelle. L'Institut venait de rappeler dans son sein ; il écrivit au président de la savante assemblée une lettre concise, où l'on remarquait cotte phrase : « Les vraies con- « quêtes, celles qui ne donnent aucun « regret, sont celles que l'on fait sur « l'ignorance. La vraie puissance de la « république française doit consister dé- ■ sonnais à ne pas permettre qu'il existe « une seule idée nouvelle qui ne lui ap- « partienne. »
Ije séjour de Paris pesait déjà au vainqueur de Lodi et d'Arcole; jalousé par le Directoire, qu'il éclipsait; point de mire de tous les partis, qui auraient voulu l'associer à leurs espérances , à leurs intrigues, il porta de nouveau ses regards vers l'Orient ; et cette fois le gouvernement , heureux d'éloigner le héros qui lui portait ombrage, souscrivit à ses désirs. H fut chargé d'ordonner lui-même tous les détails, les préparatifs, l'armement, le personnel de l'expédition d'Égypte. Son génie, actif, infatigable, pourvut à tout, et le 19 mai 1798, après avoir fait de tendres adieux à Joséphine , qui était venue l'accompagner à Toulon , après avoir écrit à sa mère une lettre pleine de respect et d'amour, il s'embarqua avec l'élite des guerriers et des savants de la France.
Le 9 juin, il passait devant Malte, et s'en emparait; le 25 juin, la flotte passait devant Candie, et, le 1er juillet, elle arrivait à Alexandrie.
La campagne d'fcgvpte est, sans contredit , le plus beau titre de gloire de cet homme extraordinaire. Ce qu'il y déploya de sagesse, d'énergie, de courage personnel , de modération , de science gouvernementale, ne peut être comparé à rien de ce qu'il a accompli plus tard, et suffirait à placer son nom auprès des plus grands noms de l'antiquité. Là, tout est marqué d'un cachet original, héroïque; ce n'est plus seulement un général français audacieux, habile, intrépide; placé au milieu dépopulations dont les mœurs , dont la foi, les habitudes diffèrent si considérablement de celles des peuples occidentaux, il trouve dans son génie, dans son cœur surtout, le secret de les attirer à lui, de s'en faire aimer. Il ne cesse pas d'être pour les Musulmans le général Bouna*