NAPOLÉON FRANCK. H A PO LÉON
ito Directoire, qui le présenta aux membre! dit gouvernement ; il fut accueilli arec éloge, toutefois la réserve et le mécontentement perçaient sous les plus flatteuses paroles. Mais Paris, la France en! 1ère sa tuèrent décris de joie le retour du général. Une partie décisive allait évidemment s'engager. « Voilà l'homme « qu'il vous faut pour un mouvement, « avait dit Moreau à Barras ; adressez- • »oas à lui ! » Un coup d'État était imminent, chacun le pressentait , et le peuple appelait de tous ses vœux l'arrivée de Bonaparte aux affaires ; mais il n'entrait dans la pensée de personne que la république pût faire place à une nouvelle forme de gouvernement.
Sieyès et Bonaparte eurent quelque peine" à s'entendre; mais, enfin, ils y réussirent, comptant tous deux se faire un instrument 1 un de l'autre. La conspiration fut organisée. Tous les militaires, à l'exception de Bernadotte, le seul qui échappa à l'ascendant de Bonaparte, se groupèrent autour du vainqueur des Pyramides, et le 18 brumaire arriva enfin'.
Toutes les phases de cette mémorable journée ont déjà été racontées, et il est inutile de les redire ici ; mais ce qui ne saurait l'être, même dans une étude rapide comme celle-ci, c'est d'observer Bonaparte dans ce mouvement , qui doit décider de sa fortune et de sa vie.
U n'est plus calme et sûr de lui comme au champ de bataille, bien qu'il dispose de toute la force militaire, bien qu'il soit maître de Paris , bien que sa popularité l'environne d'une sorte d'aurtole. On sent qu'il n'est plus là dans wn élément. En Italie , en Égypte , il ne prenait conseil que de son audace et d« son génie ; une responsabilité imineuse pesait sur lui, et il marchait a^ee confiance. Là, au contraire, il héil s'appuie sur d'autres hommes; '1 est plus entraîné par eux qu'il ne marche à leur tête. Le sucres est facile pourtant, et sa main, si hardie naguère, je le saisit qu'en tremblant ; il hésite dans l'action, lui, homme d'action par excellence ; il balbutie , il doute de lui, «1 se trouble devant quelques protestations républicaines, lui dont l'assurance «t l'orgueil ne fléchiront pas devant les
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rois de l'Europe. En sortant du conseil des Cinq-Cents, Bonaparte était ému, troublé , il doutait presque du succès de la journée. Si Lucien ne l'eût soutenu de son courage, n'eût raffermi sa résolution, s'il ne fût pas monté à cheval et n'eût pas harangué les troupes, leur représentant la constitution violée par ceux-là même qui, dans l'assemblée, venaient d'essayer de la défendre , excitant leur indignation en peignant son frère menacé du poignard , sans Lucien , cette partie si bien combinée était peut-être perdue sans retour.
Et cependant, qu'on ne l'oublie pas, Bonaparte avait pour lui l'armée, la majorité des deux Conseils , et pas un homme de génie , pas même un esprit ferme et vigoureux parmi ses adversaires. Une poignée ahommes, protestant au nom de la constitution et de la république ; quelques cris de Hors la loi! tel est l'obstacle devant lequel pâlit et s'arrêta presque le héros à qui rien n'était impossible. C'est qu'aucun mouvement, aucune sympathie populaire ne le soutenait, et que, sans le secours du peuple, il est plus facile de disperser une armée innombrable, de vaincre des généraux habiles, que de renverser un gouvernement, alors même que l'opinion publique l'a abandonné. Le peuple aimait sans doute le jeune général qui avait fait la France glorieuse et triomphante à Lodi, à Arcole, à Marengo, à Aboukir , au Caire, aux Pyramides; mais, dans cette journée qui décida des destins de la France , le peuple et Bonaparte restèrent étrangers l'un à l'autre; celui-là, fatigué des convulsions révolutionnaires, avide de calme, de repos, de bon ordre, et incapable de se passionner pour une forme de gouvernement plutôt que pour telle autre ; celui-ci redoutant le peuple et craignant de réveiller ce lion qu'il avait vu si formidable , si indompté au 10 août et dans toutes les grandes journées de la révolution.
Si dans le conseil des Cinq-Cents, la république eût compté dix hommes seulement, dix hommes de la trempe de ceux qui avaient montré tant d'énergie dans les beaux jours de la Convention, et que ces hommes, au lieu de fuir devant les baïonnettes des grenadiers,
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